SCÈNE XI
Les Mènes, PETIT JEAN, MANON.
Manon, utia grande terrine de tait dans les mains, poursuivie par Petit Jean.
Vilain polisson, lu profites de ce que j'ai les mains embarrassées...
PETIT JEAN
Ah! aht j'suis f maître I je ne crains plus les giflles.
Il la lutine.
MANON
Si lu m' fais renverser mon lait, je l' dirai à ta marraine.
' petit jean, l'embrassant.
1' m'en moque joliment.
gertrgde, I s prenant par le bras et lui faisant faire un tour qui l’envoie devant maître André.
Ah! tu te moques de moi, drélel manon, riant.
C’est bien fait!
Elle pose son vase.
ANDRÉ
Courage, mon garçon.
PETIT JEAN, faisant un bond en arrière d la vue de maître André.
Aht saprédié, saprédié, faut-il qu' j'arrive le dernier pour saluer le bourgeois, après avoir couru au-devant de lui 1
manon, riant.
Oui, du cOté de l’étable.
ANDRÉ
Ah! aht c'est à l’étable que lu allais me chercher? (A Gertrude.) Il parait qu'il n'a pas changé pendant mon absence. Tu flânes donc toujours, paresseux?
PETIT JEAN
Vrai, comm' vous v'ià r'venu, bourgeois, et le ciel en soit béni, c'est pas de ma faute... C'est monsieur Jules qui en esl cause.
TOUS
Monsieur Jules 1
Go<
LES FILETS DE SAINT-CLOUD
jeanne, à ‘part .
Que dit-il ?
Oui, noir’ maître. Tout à l'heure j'ai rencontré...
GERTRUDE
Qui ? lui ?
PETIT JEAN
. Non, marraine; pas monsieur Jules... Un piqueur de chez son père ; je ne le connaissais pas, mais comme il m’a demandé son chemin, nous avons bavardé un brin ; il m'a dit qui il était et qu’il allait au-devant de son jeune maître qui revient de voyage.
jea.nxe, vivement.
11 revient?
PETIT jean.
Oui, pour se marier.
Jeanne reste interdite.
GERTRUDE
Monsieur Jules va se marier!
ANDRÉ
Sans doute, et c’est à deui lieues d'ici que demeure sa jeune fiancée.
jeanne, tremblante.
Sa fiancée!
Gertrude, à part.
O mon Dieu !
andré, qui voit l’impression que cette nouvelle fait sur sa fille.
Oui , la fille d'un conseiller au parlement.
(Plus particulièrement à sa fille et d Gertrude , pendant que les Gardes et Petit Jean causent entre eux.) J’ai appris cela de l'intendant des biens de monsieur de Lignerolles pendant ma tournée. ( Avec une intention marquée.) Ce mariage était arrêté depuis près d’un an.
Jeanne, à part.
Oh ! de la force, mon Dieu, de la force pour supporter ce coup affreux !
andré, examinant sa fille avec bonté.
Me pardonneras-tu maintenant d’avoir été si sévère à ton égard, pauvre enfant? et crois-tu ce que je te disais alors, que ce brûlant amour n’était qu’un passe-temps de jeunes seigneurs? Voilà comme ces messieurs payent l’hospitalité qu’on leur donne; ils viennent troubler la paix d’une honnête famille, tenter la vertu d’une âme innocente, enfin perdre une pauvre fille... A moins que l’etpérience d’un père ne soit là pour la sauver de la honte et du désespoir.
jeanne, d part .
Je n’y survivrai pas !
GERTRUDE
Monsieur, vous vous tenez là sur vos jambes; est-ce que vous ne seriez pas aussi bien là-dedans à parler en vous reposant un peu ?
ANDRÉ
Je crois que tu as raison, Gertrude. ( Aux Gardes.) Mes amis, la nuit est venue plus vite que je
ne croyais, nous causerons plus longuement demain. Mais avant de nous séparer, venez vous rafraîchir.
Il entre à l’intérieur avec les Gardes et Gertrude. Petitjean, d Manon, qui va reprendre son vase.
Veux-tu que j’ te le porte?
manon, trempant son doigt dans la crème et barbouillant Petit Jean.
J’ veux que’ tu me dises s’il est bon, et que lu me laisses tranquille, ou j’ rappelle ta marraine»
Elle s'éloigne en riant.
PETIT JEAN
J’ te rattraperai, mauvaise.
Il rentre chez maître André.
VWW\W»VW%\Vf\\\WVW\WVW\V\WW \ \WVW\\Vv, \ VVV V V