‹ Les filets de SaintCloud drame en cinq actesChapitre 16 sur 77 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

MARCEL VERDIER, puis MATHIEU, puis JEANNE.

Pondant que Mathieu pénètre avec précaution, un homme enveloppé dans sou manteau traverse le fond du théâtre en bas de la colline qui se détache sur l'horizon - ; au moment où cet homme disparaît, on entend la voix de Mathieu dans le hangar.

MATHIEU

Ah ! ben, qué que c’est qu’ ça? [Il revient avec l’enfant de Jeanne dans ses bras.) En v’ià une trouvaille! On va chercher son lièvre, et l’on trouve son enfant. (Il le regarde.) C’est vrai qu’ c’est un joufflu d’ftiÀfant; il ne s’est pas seulement réveillé. Ah ça , mais qu'est-ce que c’est donc que la gueuse de mère qu'a pu abandonner son enfant là tout seul?... Un lièvre passe! encore j* l’avais pas abandonné , à preuve. ( Il retourne dans le hangar , et rapporte l’animal , qu’il accroche après sa boutonnière ) Si j’allais aux informations chez maître André... il me demandera ce que j'allais faire dans l’hangar. C'est égal, va, petit, nous allons t’emporter avec nous chez la mère Mathieu... Ma bonne et bravefemme qui s' plaint toujours que je la laisse seule, j’espère que je lui en amène de la société... À n* te donnera pas à téter pftr exemple, parce que des enfants, il n’y en a pas chez nous... Il parait que c’est pas dans nos cordes... mais a te donnera autre chose. Ah! mon Dieu, j’ crois qu’il ouvre un œil... Chutl va pas crier... voyons!... Faisezdodo, et vous aurez du bon nanan... là.

Il s’en va en berçant l’enfant dans scs bras ; au moment où il disparaît par le sentier qu’a suivi Verdier, celui-ci rentre en scène sur la colline, qu*îl traverse d’un pas rapide; le vent fait tomber son chapeau. Mathieu, qui a reparu presque sur ses pas, rainasse le cba{*au et suit de loin Verdier, à qui il fait inutilement si pie de s’arrêter. A l’avant-scèue, la porte de la maison d’André s’ouvre.

jeanne, sortant avec précaution.

Mon père deméin trouvera la lettre que je viens Ho déposer sur son bureau... puisse-t-il croire que je suis morte ! ( Elle va droit au hangar , elle pousse un grand cri et reparatt hors du hangar , un berceau d’enfant à la matn. J Mon enfant!... mon enf.....

La voix lui manque, elle fait quelques pas, et vient tom* ber, suffoquée et privée de sentiment, devant la maison. Gertrude, un bougeoir à la main, parait à la porte, faisant un geste d’effroi, et Petit Jean se montre à la fenêtre, passant seulement la tête et le canon de son fusil. Le rideau tombe quand Jeanne tombe par terre.

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LES FILETS DE SAIAT-CLOUD

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