PETIT JEAN, MANON
Au lever du rideau. Petit J eau, l'oreille reliée contre ane porte t droite, parait écouter avec attention ce qui se passe dans l'intérieur de la chambre. Manon, cncftuMsole de nuit, un bougeoir à la main, parait sur l'escalier qui conduit b sa chambre.
petit jean, à lui-même.
Rien !... j'entends toujours rien... Esi-ce qu'elle ne reviendrait pas à elle?
maxon, qui est arrivée fout doucement jusque prit de lui.
Qui (a?
pktitjean, te retournant.
Tiens, c'est toi, Manon 1... lu viens comme ce écouter les gens par dessus leur épaule I
MANON
Et toiqui les écoutes à travers les porte».
petit jean, la regardant.
Ah ça, comment qu’ t’es arrangée donc?... t'es sans camisole... j* t'avais jamais vue, moi, sans camisole... Est-cllo drôlctte comme ça!... j' te trouve encore plus avenante qu'à l'ordinaire.
MANON
C'est bon, bavard, y s'agit pas d 1 moi... Qud qu' t'écoute là à la porte de manuelle Jeanne ? petit jean.
Moi! j'écoute rien... car j’entends rien...
MANON
Mais enfin, y a quéque chose; v'Ià une heure qu'on va et vient dans la maison, que j' t'ai entendu descendre de ta chambre, et puis tout bas parier avec la marraine, et puis qu'elle t’a dit de remouler te coucher, et que t'as fait semblant d'y monter, et que dit minutes après t'es redescendu ; t'avais beau marcher à pqs de loup, j'ai entendu crier ta porte, et je me suis dit : Y a quéque chose d’extraordinaire... on va empêcher I’ bourgeois de dormir I
PETIT JEAN
Ah ! I’ voyage l’a fatigué ; il dort bien, heureusement.
MANON
Pourquoi heureusement?... Il se fâcherait donc?... (te poussant. ) Mais parle donc, animal t... Qu'il en a tant à vous conter quand on n’ lui demande rien, et pais qa'iln’tait plus rien dire quand on veut I’ faire parier!... Est-ce que t'auraisdes secrets pour moi, par hasard?... eatce que tu ne dois pas tout me dire?
PETIT JEAN
Des secrets pour toi, ma grosse Manette 1... toi ' que j'aime, toi que...
U s'approche d'elle.
mano.n, le poussant.
AhI c’est bon, pas d' gestes... J’ t'ai demandé qui ça, elle ?
PETIT JEAN
Pardlne, mamselic Jeanne.
« MANON
Et pourquoi qu' c’est beureux que l’ bourgeois dort bien?
PETIT JEAN
Parc' que mamselle Jeanne se trouve mal.
MANON
Et tu n’ me 1' dis pas I... Qu'est-ce qu’elle a ?
petit jean.
Elle a que cette nuit, malgré le retour du papa, il parait qu’elle a continué sa promenade comme d’habitude; moi, j' m'avais mia aux aguets, comme d'babilude aussi; v’Ià qu’ j’ai entendu un grand cri... c’était mamsellcJeannc qu'était tombée d' tout aon long devant la porte... j’ai dégringolé l'cscalier quatre à quatre, j’ai aidé ma marraine à la porter sur son lit, et puis, ma marraine a dit qu' c'était rien, que j' m'allie coucher, et puis j'ai fait semblant, et puis me v'Ià.
MANON
Et tu ne sais pas si elle va mieux ?
petit jean, se penchant vers la porte.
Non, j’ sais rien... c'est pour ça qu’ j'écoute.
La porte s’ouvre, Gertrude parait, une lumière à la main.