‹ Les filets de SaintCloud drame en cinq actesChapitre 27 sur 77 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, JEANNE, M”« DE NANTEU1L, GER- TRUDE, puis MANON.

JEANNE

Que vois-je I Jules ici... près de moi! et mon père... mon père qui me tend les bras... Ohî mais c’est un rêve.

ANDRÉ

Non, ma fille, non; ton père a pardonné.

Il la reçoit dans ses bras et la couvre de baisers.

Quel bonheur !

* manon, qui a descendu l'escalier.

Tout le monde est content... ça me fait plaisir, j’ai ben fait d’écouter.

On s’empresse autour de Jeanoe.

M me DE NANTEUL, à pari.

Son père peut lui pardonner... tandis que moi... Jeanne, assise au milieu de tous et dans l'ivresse.

Oh! mais c'est à devenir folle!... Je ne me souviens plus... j’entends à peine, je vous vois, je vous sens là, près de moi, et je ne sais si je dois en croire mes yeux, ma raison <* mes sens étonnés.

JULES

Oui, chère Jeanne, tout cela est réel... c’est ton époux.

ANDRÉ

Ton père. «

tfc PRÉSIDENT.

Vos amis.

GERTRUDE

Tous ceux qui t’aiment.

JULES

Tous ceux que tu dois aimer ; tous , excepté un seul... celui que je n’ai pas encore yu... notre enfant !

jeanne , interdite et comme cherchant à se souvenir .

Notre enfant !

ANDRÉ

Où est-il?

GERTRUDE

Je cours le chercher.

jeanne, vivement.

Arrête... (Avec égarement.) Ah ! je me souviens à présent, tout est réel, tout; vous me demandez mon enfant ?

tous.

Eh bien?

jeanne, avec désespoir.

Eh bien, je ne l’ai plus.

TOUS

Que dit-elle?

GERTRUDE

Mais, Jeanne, tuas donc oublié? nous l’avons caché ; je vais te le chercher le pauvre innocent! Jeanne , l’arrêtant.

N’y va pas... il n’y est plus!... j’y suis allée.

GERTRUDE

Toi?

jeanne, avec larmes.

Cette nuit... seule quand tu dormais... j'y suis allée, te dis-je... tu no le trouverais pas!... 0 malheureuse mère!...

Elle pleure.

LE PRÉSIDENT.'

Que signifie...

JULES

Je ne puis comprendre...

ANDRÉ

Gertrude... m’expliqueras-tu?...

GERTRUDE

Maître, je ne sais que penser... mais j'avais placé moi-même sous le petit hangar l’enfant soigneusement enveloppé dans son berceau , et j’en suis sûre, je le trouverai.

Elle sort.

manon, prenant une lumière.

J’vas vous éclairer, madame Gertrude.

Elle la suit.

JEANNE

Jules! Jules! pourras-tu me pardonner?

JULES

Te pardonner? mais quoi? qu’est devenu notre enfant? serait-il mort?

jeanne, sanglotant.

Oh!... oui... notre enfant.

$f TOUS.

Mory

Cris au dehîï^oe Gertriule et de Manon , puis de Petit Jean.

Gertrude et manon, dehors.

, Ah ! mon Dieu I

ANDRÉ

Qu’, a-t-il?

petit jean, au dehors.

Qu’ est-ce que c’est ? (Comme quelqu'un qui a failli tomber.) Allons, bon I

Gertrude, rentrant tout effarée.

Rien I plus tien ! l'enfant a disparu.

TOCS.

Disparu?

petit jean, entrant.

Mais éclaire-moi donc, Manon, que j’Toie...

Il tient à la maiu une barcelonnette.

MANON

Qué que t’as ramassé là ? un berceau?

PETITJEAN

Un berceau vide... en travers sur la grande route... à dis pas de la rivière.

LE PRÉSIDENT

De la rivière ?

jcles, à Jeanne, abîmée dans les pleurs.

Jeanne, réponds-nous... ce berceau...

MAGASIN THEATRAL

m“* d* nanteuil.

Le connat»-ta T

GERTRUDE

C’est celui de son fils.

Jeanne, l'ail hagard.

Oui!

JULES

Mais lui... lui, l'enfant où est-il T Jeanne, comme folie, le ne sais pas!

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