SCÈNE X
Les Mêmes, JEANNE, M”« DE NANTEU1L, GER- TRUDE, puis MANON.
JEANNE
Que vois-je I Jules ici... près de moi! et mon père... mon père qui me tend les bras... Ohî mais c’est un rêve.
ANDRÉ
Non, ma fille, non; ton père a pardonné.
Il la reçoit dans ses bras et la couvre de baisers.
Quel bonheur !
* manon, qui a descendu l'escalier.
Tout le monde est content... ça me fait plaisir, j’ai ben fait d’écouter.
On s’empresse autour de Jeanoe.
M me DE NANTEUL, à pari.
Son père peut lui pardonner... tandis que moi... Jeanne, assise au milieu de tous et dans l'ivresse.
Oh! mais c'est à devenir folle!... Je ne me souviens plus... j’entends à peine, je vous vois, je vous sens là, près de moi, et je ne sais si je dois en croire mes yeux, ma raison <* mes sens étonnés.
JULES
Oui, chère Jeanne, tout cela est réel... c’est ton époux.
ANDRÉ
Ton père. «
tfc PRÉSIDENT.
Vos amis.
GERTRUDE
Tous ceux qui t’aiment.
JULES
Tous ceux que tu dois aimer ; tous , excepté un seul... celui que je n’ai pas encore yu... notre enfant !
jeanne , interdite et comme cherchant à se souvenir .
Notre enfant !
ANDRÉ
Où est-il?
GERTRUDE
Je cours le chercher.
jeanne, vivement.
Arrête... (Avec égarement.) Ah ! je me souviens à présent, tout est réel, tout; vous me demandez mon enfant ?
tous.
Eh bien?
jeanne, avec désespoir.
Eh bien, je ne l’ai plus.
TOUS
Que dit-elle?
GERTRUDE
Mais, Jeanne, tuas donc oublié? nous l’avons caché ; je vais te le chercher le pauvre innocent! Jeanne , l’arrêtant.
N’y va pas... il n’y est plus!... j’y suis allée.
GERTRUDE
Toi?
jeanne, avec larmes.
Cette nuit... seule quand tu dormais... j'y suis allée, te dis-je... tu no le trouverais pas!... 0 malheureuse mère!...
Elle pleure.
LE PRÉSIDENT.'
Que signifie...
JULES
Je ne puis comprendre...
ANDRÉ
Gertrude... m’expliqueras-tu?...
GERTRUDE
Maître, je ne sais que penser... mais j'avais placé moi-même sous le petit hangar l’enfant soigneusement enveloppé dans son berceau , et j’en suis sûre, je le trouverai.
Elle sort.
manon, prenant une lumière.
J’vas vous éclairer, madame Gertrude.
Elle la suit.
JEANNE
Jules! Jules! pourras-tu me pardonner?
JULES
Te pardonner? mais quoi? qu’est devenu notre enfant? serait-il mort?
jeanne, sanglotant.
Oh!... oui... notre enfant.
$f TOUS.
Mory
Cris au dehîï^oe Gertriule et de Manon , puis de Petit Jean.
Gertrude et manon, dehors.
, Ah ! mon Dieu I
ANDRÉ
Qu’, a-t-il?
petit jean, au dehors.
Qu’ est-ce que c’est ? (Comme quelqu'un qui a failli tomber.) Allons, bon I
Gertrude, rentrant tout effarée.
Rien I plus tien ! l'enfant a disparu.
TOCS.
Disparu?
petit jean, entrant.
Mais éclaire-moi donc, Manon, que j’Toie...
Il tient à la maiu une barcelonnette.
MANON
Qué que t’as ramassé là ? un berceau?
PETITJEAN
Un berceau vide... en travers sur la grande route... à dis pas de la rivière.
LE PRÉSIDENT
De la rivière ?
jcles, à Jeanne, abîmée dans les pleurs.
Jeanne, réponds-nous... ce berceau...
MAGASIN THEATRAL
m“* d* nanteuil.
Le connat»-ta T
GERTRUDE
C’est celui de son fils.
Jeanne, l'ail hagard.
Oui!
JULES
Mais lui... lui, l'enfant où est-il T Jeanne, comme folie, le ne sais pas!