ANDRÉ, PETITJEAN, MANON, LE CONSEIL- LER, GERTRUDE, JEANNE, VERDIER
petit jean, bas, à Manon.
Crédié, crédié, Manon, je suis pas à mon aise devant la justice.
hanon, de même.
Fais comme moi, j’ai pas peur d’eux ; ils sont trop laids. ( Regardant Verdier , qui se trouve encore près d elle.) Oh ! celui-là, surtout.
Gertrude, entrant vivement sur la fin de la musique.
Jeanne, mon enfant, je te revois.
Jeanne, lui sautant au cou.
Ah! te voilà... te voilà, ma bonne Gertrude, ma seconde mère... Oh! dis-leur que je n’ai pas commis le crime affreux dont on m’accuse !
LES FILETS DE SAINT-CLOÜD
GERTRUDE
Oui, certes, monsieur le juge, je crois à l'innocence de Jeanne, autant qu'à votre justice !
Jeanne.
Ah! ma pauvre amie, que ta conviction me fait de bien!
YERIMER.
N'est-il pas convenable, monsieur le conseiller, qu'après ce premier épanchement le témoin soit séparée de l'accusée T (te Conseiller fait un eipne affirmatif.) Gardes !
Deux Soldats séparent Jeanne de Gertrude, qu'ils réunissent de l'autre côté à Manon et à Petit Jean.
Jeanne, pendant te tempe.
Nous séparer!
LE CONSEILLER
La loi le veut ainsi. Témoin Gertrude, vous aviez, à ce qu'il parait, toute la confiance de l'accusée?
GERTRUDE
Oh ! sa confiance tout entière, monsieur le juge.
LE CONSEILLER
Vous fit-elle part de son projet de quitter là ma(son paternelle ?
GERTRUDE, donnée.
Quitter la maison paternelle !
LE CONSEILLER
Pour aller loin du pays se mettre en service?
GERTRUDE
En service!... elle!
Jeanne, ta levant.
Pardon, monsieur le juge...
Verdier, ï art liant.
Silence!
le conseiller, d Gertrude.
Vous paraissez n'avolr jamais rien su de ce projet? . •
GERTRUDE
Jamais rien... monsieur.
le conseiller, d Jeanne.
Eh bien, jeune fille, est-il croyable quesi vous aviez réellement formé une semblable résolution, vous n'en auriez pas dit un mot à votre confidente de tous les jours, de tous les instants? Votre silence à l'égard de votre nourrice est encore une preuve de votre crime, et sa déposition vous condamne, comme celle de tous Us autres témoins.
VERDIER
En effet, écoutez le nommé Petitjean.
petit jean, ciuemenf.
Qui ta, moi?... Je n' parle pat.
. MANON, bai.
Comment, tu n' parles pas?... mais t'es ici pour
SS
PETIT JEAN
Au 'fait, qu’on m’ fasse faire mes dépositions.
verdier, donnant un papier au Conseiller.
Voici les premières.
gertrude, d Petit Jean.
Prends bien garde.
LE conseiller, d Petit Jean.
Vous avez déclaré lorsqu'on était venu annoncer chez maître André qu'on avait trouvé dans les filets de Saint-Cloud le corps d’un enfant mort, que vous aviez entendu l'accusée s'écrier très-distinctement: C’est le mien!!
petit jean.
Comment! j'ai déclaré... éh ben, env'là une bêtise !
MANON
Et une pommée 1
PETIT JEAN
C'est le mien !... D'abord je n’ai pat d'enfants... j’ai youIu dire seulement... {Bai, à Gertrude.) Marraine, qu'est-ce que vous m’avei dit que j'ai voulu dire?
VERDIER
Assez, témoin, assez !
manon, se leuant.
Eh ben, et moi, vous ne m'interrogez pas?.,, SI j'ai demandé à comparaître c’est pas pour vous r'gardcr I' blanc des yeuz.
VERDIER
Qu'est-ce que vous avez à dire?
MANON
J’ai à dire que je n’ai rien ru, rien entendu, et que mamselle-Jeanne est un coeur d’or.
Vous n'avez pas d'antre déposition ?
MANON
S'r, si, j' dépose comme mam' Gertrude et dans T même sens, mettez ce... dans le même sens.
VERDIER
Asseyez-vous.
MANON
J’ suis pas fatiguée.
Sur un geste impératif, elle s'assied avec humeur.
VERDIER
Vous voyez, monsieur le conseiller, qu’il y a connivence entre eux pour sauver celte jeune fille; mais je rappellerai à l’accusée, dans, son intérêt, que si en présence des faits elle s'obstinait à ne pas avouer, ce serait peut-être forcer la justice à employer des moyens qui répugnent au coeur des magistrats.
Jeanne, effrayée.
Que voulez-vous dire, monsieur?
Jules parait à droite, amené par le président.
LE CONSEILLER
Prenez garde, jeune fille, c'est une affreuse chose que la torture !
tocs.
La torture!
MAGASIN THEATRAL
WWWWVVWWVVWV W WWWMWAWWIWWVAWWW»