SAINT-CLOUD. S
PETIT IUI.
Oui, ma marraine.
Jeanne, inquiéta.
Eh bien, Gertrude, quelle nouvelle?... est-il arrivé?
Pu encore.
Jeanne, d part.
Je respire!
PETIT JEAN
Mais il n' peut pat tarder.. .j’ suit sûr qu'avant une heure. ..
gertrude, l'interrompant.
Qué qu' ce C fait?... et puis d'ailleurs qu'en sais-tu?... puisqu’au lieu d'aller où on t’envoie, tu restes à bavarder...
PETIT JEAN
Comme un faignaoL.. comme un polisson...
c’est vrai, marraine, au fait je n' suit pat autre chose, ne pas plut me gèoer que ce— moi qui attends le bourgeois avec une impatience 1 ... moi qui voudrais le voir de retour pour lui dire : Entres cher vous, bourgeois; donnex-vous la peine de vous asseoir... Je ne serai plus seul avec César pour garder la maison, tant mieux!... je n'aurai plus à moi seul la responsabilité de tout ce qui t'y passe ; vous v’Iè de retour, nous seront deux.
JEANNE, à part.
Que veut-il dire?
gertrude. -
Ah ca, quels ragots nous fait-tu là avec ta garde et la responsabilité?
PETIT JEAN
Permettes, permettes, bourgeois, non, j' veux dire marraine... si, une supposition, le diable et ses adhérents venaient souvent tenir sabbat ici. croyes-vous que je serait bien aise de faire tête à moi tout seul au diable et à ses adhérents?
GERTRUDE
• Je l'ordonne de t'expliquer.
Jeanne, d part.
Je tremble.
PETIT JEAN
Cest ça, pour que vous m’appeliex encore bavard après.
GERTRUDE
Petit Jean, si tu m’y fait mettre...
PETIT JEAN
Eh ben non.. . j’ vas vous dire... Avex-vout bien dormi la nuit dernière?
GERTRUDE
Qué que ca te fait!
PETIT JEAN
D'abord c'est une politesse qu'on doit è ceux qu'on respecte, et j’ tait pat pourquoi j' vous l’ai pas d'mandé plut tdt; ensuite c’est que vous sériés bien heureuse de n’avoir pas été réveillée en sursaut comme moi, par c’t animal de César qui aboyait comme trente-six chiens démuselé*.
MAGASIN THEATRAL
Jeanne. A pari.
0 mon Dieu I
GERTRUDE, ba j, i Jeanne.
Ton trouble te te trahir. ( Haut .) Eh ben , pourquoi aboyait-il?
PETIT JEAN
Ah I roui ne devineriez jamais ce qui le faisait jaboter.
GERTRUDE
Quand tu nous l’auras dit.
PETIT JEAN
Des cris d'enfant, ma marraine.
Jeanne, d part.
le me meurs.
Gertrude la soutient.
PETIT JEAN
Des cris d’un tout petit enfant; (a faisait comme ça, heinn, faeinnn.
GERTRUDE
Imbécile! est-ce qu’il y a des enfants Ici?
TETIT JEAN.
C’est juste. Ce qu’il a de merveilleux et d’effrayant, c’est de les entendre crier quand il n’y en a pas.
Tu as fait un mauvais rêve.
PETIT JEAN
C’est possible, marraine; surtout si ça vous fait plaisir. Mais il y eu continuité de rêve, car je les ai entendus deux foir.
Gertrude , qui cherche à cacher le trouble de Jeanne.
Eh bien, avise-toi de répéter une pareille bêtise.
PETIT JEAN
Mais, ma marraine...
GERTRUDE
A maître André surtout, pour qu’il te flanque h la porte. J’ te connaissais ben curieus. flâneur et bavard. ...il n’te manquait plus que d’être peureux.
PETIT JEAN
J’ vous jure...
gertrcde, le poussant.
Pas tant d’ paroles. Va faire ta commission, et n’ t’avise pas d’ causer... ou si ça me r’vient aux oreilles, tu n’as qu’à bien tenir les tiennes.
Il sort.
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