PÉTERS
Oui , mon major.
AR^o^D.
Tu oublies, mon brave, qtie nous ne sommes plus au régiment, et que ce titre sous cet habit...
PÉTERSON.
C'est vrai, mon uiajor, c'est que voyez-vous, l'habitude... je sais bien que vous n'êtes pas fier , et que vous ne voulez pas que je vous rappelle votre grade .. je ne le dirai plus... mon major...
ARNOLD
A la bonne heure!, j'ai voyagé à pied depuis quelques lieues afin de n'être pas connu dans cet endroit.
PÉTERSON.
Ah ! bien, soyez tranquille, ça vous a réussi , car je crois , dieu me pardonne , qu'il nous ont pris pour des déserteurs â la dernière étape.
ARNOLD
Ma foi, c'est un beau pays que l'Irlande! j'ai longtemps hésité avant d'y venir, mais un héritage considérable, et puis un ancien projet de mariage , une jeune lady que je n'ai jamais vue , mais que Tondit charmante , tout cela pourra m'y fixer: ne crains rien, mon vieux, malgré le souvenir du soleil des grandes Indes, nous tâcherons de te faire supporter les brouillards du nord.
PÉTERSON.
Ah! ça ira tout seul , j'ai des raisons pour ça.
ARNOLD
Des raisons?
PÉTERSON.
Ah! c'est que vous ne savez pas !.. j'ai une femme.
ARNOLD
Une femme?
PÉTERSON.
Ah! mon dieu, oui! une femme que j'ai épousée dans un moment de distraction, ily a de cela i5 ans... il se trouve que le jour de la noce avant minuit, il m'a pris un tremblement.... je suis sorti pour prendre l'air, de sorte que quand votre régiment est parti pour les grandes Indes, j'ai oublié de l'emmener.
Air : f^audeville de Trilby.
Voilà quinze ans que l'jour de notr' mariage
Je l'ai quitté p't'ètre un peu brusquement,
Mais si j' pouvais vous montrer son visage ,
Vous penseriez qu' j'avais raison vraiment,
Et vous diriez : j'cii aurais fait autant.
Sans nul détour j'viens d'vous conter l'aflFaire :
Vous savez tout à présent, mon major,
Je l'ai laissé' dans l'midi d' l'Angleterre,
Et c'est pour ça que j'veux rester dans l'nord.
ARKOLD.
Ou moment que cela t'arrange !... viens l'asseoir.
( Ils s'asseoient à la table ).