Strasbourg, 1569. BaLe, SrAATSARCH.: Zeitungen
987. 31<40. Germersheim, 1609. Carcsrune, GE- NERAL-LANDEsaRcH.: Zollprotokolle, n° 54.
Les types 980 à 987 sont les armoiries de Bade aux cornes de bouquetin si caractéristiques ; il est bien probable que le papier à cette marque provient du battoir d'Ettlingen. Mone! a donné l'acte de location de ce battoir passé en faveur de Wilhelm de Paris, en 1482, avec un bail de 10 ans et moyennant 10 fl. du Rhin pendant les 3 premières années et 20 fl. pendant les 7 années suivantes. En 1495, la papeterie fut affermée à Claus Gallicion, papetier de Bâle, à raison de 20 1. du Rhin par an. Cette papeterie a subsisté jusqu à nos jours.
988. 33><?. Strasbourg, 1567. BALE, Sraarsarcx. : Zeitungen. Var. simil. : Ribeauvillé, 1568 ; Marbourg, 1568-71; Osnabrück, 1569-81 ; Eltville, 1570 ; Sassenberg, 1570-78 ; Oppenheim, 1570 ; Cologne, 1570-77; Trarbach, 1571-76; Heidelberg, 1572; Clèves, 1572; Maëstricht, 1572; Enckirch, 1573; Minden, 1573; Utrecht, 1573- 76; Ehrenbreitstein, 1574; Mayence, 1574; Graffschaît, 1575; Herford, 1575; Bielefeld, 1576: Siegen, 1577 ; Eberbach, 1577; Rotterdam, 1577; Amsterdam, 1578, soit dans toute la région rhénane de Colmar aux Pays-Bas et dans la Westphalie.— Voy. Heitz (n° 271), Strasbourg, 1568. Le papier à cette marque est si abondant pendant les douze années 1567-78, que le battoir qui l’a produit devait être très important. Malgré l’absence de la fleur de lis il n'est pas téméraire de l’attribuer à la papeterie de Strasbourg, très prospère à cette époque.
989. 32<44. Strasbourg, 1531. Bare, Sraarsarcn.: Zeitungen. Var. simil. : Bruxelles, 1531 ; Spire, 1532 ; Strasbourg, 1534-37; Baccharach, 1540. — Voy. Heïtz (n° 135), Strasbourg, 1529-33.
990. 32,5><42. Strasbourg, 1534. Baze, SraarsarcH.: Zeitungen. Var. simil.: Wittenberg, 1533; Stras- Jourg, 1534-38. — Voy. Heitz (n° 134), Strasbourg, 1535.
! Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins, t. I, p. 313 et 1. XXIV, p. 400.
991. Sickingen? 1548. CarLsRunEe, GENERAL-LanDes- ARCH.: Protokolle, n° 47. Var. simil. : Marbourg, 1549 ; Corwey, 1549 ; Cologne, 1550 ; Trarbach,
992. 29,5*<40. Wiesbaden, 1550. Sraarsarcx.: Aentenrechnungen. Var. ident. : Strasbourg? 1557-
993. 33<43. Osnabrück, 1566-67. Sraarsarcn. : Amtsrechnungen, 1641, n° 14.
994. 32,5><43. Ribeaupierre, 1583. Cormar, A. ci- DEVANT DÉP., E. 559 : Rappoltsteiner Correspondenz.
995. 33<43. Utrecht, 1586. Sranrarcu.: Æekeningen, n° 1259. — Voy. P. Heitz (n° 277), Strasbourg, 1585. Var. simil., l’écu plus large, les lettres appendues plus grandes : Eltville, 1589 ; Dortmund, 1589; Osnabrück, 1589; Amsterdam, 1589 ; Leeuwenhorst, 1589.— Voy. Heitz (n°284 et 285), Strasbourg, 1597-1609.
996. 32<40 r. Strasbourg, 1598. A. Non : Chambre des Cptes de Lille : Lettres, 1593-1600. — Voy. Heitz (n° 286), Strasbourg, 1600.
997. 32,5<43. Wolbeck (Westph.), 1582. Münsrer, SrasrsaRCH. : /echnungen des Bisthums. Var. simil. : Leyde, 1576-82; Trarbach, 1582-84; Amsterdam, 1583-90 ; Eltville, 1585. — Voy. P. Heïtz pour une var. différente où pendent aussi les lettres WR (n° 283), Strasbourg, 1590. Var. simil. mais sans lettres appendues : Leyde, 1574; Amsterdam, 1579-81; Sayn (Prusse-Rhén.), 1580; Osnabrück, 1580-83; Albestroff, 1581 ; Clèves, 1582; Rhijnsbourg, 1582; Leeuwenhorst, 1586.
998. 33><42. Rôtteln, 1588. CarLSRUHE, GENERAL- Lanpesarcn.: Geistliche Verwaltungsrechnungen, n° 5366. Var. simil.: Amsterdam, 1586 ; Utrecht, 1589; Bommel, 1591. Var. où l’Aigle porte sur la poitrine la fleur de lis au-dessus de l’écu : Minden, 1581 ; Osnabrück, 1584.
999. 33,5<43. Wittenberg, 1546. Weimar, Sicus. Ennesr. Gesammrarcu., B b, 2832. Zahne, 1546. — Voy. Heitz (n°259), Strasbourg, 1545. Var. simil. mais sans lettres : Osnabrück, 1547 ; Würzburg, 1548-49.
4000. 33><42. Durlach, 1557. CarLsRUHE, GENERAL- Lanpesarcx. : Protokolle, n° 1179. — Voy. Heitz (n° 260 et 261), Strasbourg, 1559.
Les figures 989 à 1000 sont aux armoiries de Strasbourb, celles qui ont les lettres WR appendues proviennent du battoir exploité par
Armoiries. Bande.
l’imprimeur Wendelin Riehel, et ses descen-
dants ou successeurs. Nous empruntons les ren-
seignements qui suivent à Ch. Schmidt.
L'auteur croit voir les premiers produits d’une papeterie strasbourgeoise, dès 1408-26, dans ses filigranes n° 126 et 127. (Voy. nos n°* 1002 et 1003). Un document de 1452 parle d’un moulin à papier au Rosengarten. Un autre existait près du Weissthurmthor et appartenait à la ville. Il était occupé par Nicolas, frère d'André et d’Anthony Heilmann, lors des premiers essais typographiques de Gutenberg (1438-40). En 1503, il fut affermé à G. Schwarz pour 3 liv. 3 s. de loyer annuel, ensuite à Johann Volpis, puis, à partir de 1526, à l’imprimeur W. Kôpfel, à la demande duquel il fut fait des réparations au battoir qui passa alors pour ètre le meilleur de son temps. Le loyer annuel était de 30 livres.
En 1537, le battoir fut incendié par la foudre. Après sa reconstruction, il fut loué à l'imprimeur Wendelin Riehel, dont le petit-fils l’acheta à la ville pour le prix de 6,000 florins, en 1605.
4001. 33><41 r. Hambourg, 1561 ? Sraarsaron., D. ms. XLIIT (la reliure du vol. porte dorée au fer la date de 1561). Var. ident. : Rhijnsbourg, 1601 ; Hambourg, 1603.
Bensen, en Bohême, près de la frontière saxonne, à possédé une papeterie assez réputée dont la fondation par H. Linken paraît remonter à 1569. Elle fut agrandie en 1621 par Georges Cramer et nossédée longtemps par la famille Ossendorf?.
1002. Schlestadt, 1423. Baze, Sraarsarcn.: Briefe, n° 2.— Voy. Heitz (n° 130), Strasbourg, 1421-26.
1003. Bade (Allem.), 1426. IBin.: id. — Voy. Heitz (n°131), Strasbourg, 1424-25. C. Schmidt classe les 1002 et 1003 parmi les filigr. d'origine strasbourgeoise ; toutefois la présence de la crosse l'embarrasse.
4004. 30*<42. Fribourg, 1446. A. n'Erar: Cptes du trésorier. Var. simil. : Brisgau, 1446; Bâle, 1446-50 ; Soleure, 1450. — Voy. Heïitz (n° 208), Strasbourg, milieu du XV°s.
4005. 28<40. Sion, 1481. À. pu cHapire : ÂVot., n° 150 : Minutes d’Anton Francisci.
1 Filigranes des papiers employés à Strasbourg, dans le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. 1876.
2 Voy. Mittheilungen des Nordbôühmischen Excursionsclub., Bôhm, Leipa, 1885, 8° année, p. 281.
Bande écotée ou contre-bretessée, variée de forme et de dimension.
1006. 30*<40 r. Ferrare, 1477. Monëwe, À. p1 Sraro : Decretorum Hercules 1, n° 9.
1007. 31><42 r. Reggio-d'Emilie, 1510-15. A. cow.: Mandat.
Les 1006 et 1007 sont les types extrêmes comme date et comme dimension. Var. intermédiaires : Lucques, 1486: Pontremoli, 1487 ; Terra Fanzani, 1498 ; Reggio-d'Emilie, 1500-11; Ferrare, 1506 ; Parme, 1513-20. Provenance italienne, peut:être parmesane.
À la Bande accompagnée de 2 étoiles, l’une en chef, l’autre en pointe; armoiries de Kaufbeuren.
1008. 31,5<44. Munich, 1533. Sraarsancn., XV, 8, 5: Cassasachen, n° 47. Var. simil. notées une centaine de fois. L’écu varie peu de formes et de dimensions: Linz, 1531-38; Munich, 1535 ; Ingolstadt, 1535 ; Prague, 1535-75 ; Innsbruck, 1538-79 ; Gratz, 1538-81 ; Pressbourg, 1538-86; Augsbourg, 1540-63 ; Nuremberg, 1542; Nôrdlingen, 1545; Pforzheim, 1545; Hochstädt, 1546; Vienne, 1546-66; Pest et autres localités de la Hongrie,1546-89 ; Millstatt, 1547 ; Olmütz, 1550; Wiener-Neustadt, 1560-80 ; Laibach, 1563-70; Villach, 1564-80 ; Issni, 1565 ; Someregg, 1570 ; Gôsting, 1572; Neudenstein, 1575 ; Colnitz, 1575; Bruck-an-der-Murg, 1578 ; Glaneck, 1584 et tardivement Prague, 1603.
A noter une var. où l'étoile en pointe de l’écu manque (un volume entier de près de 700 pages): Innsbruck, 1554 et une autre où l'étoile en chef a disparu : Titmonning (Bavière), 1587.
4009. 30x32 r. Brünn, 1562-66. Sraprarcu.: Gemeine Rechnungsbücher. Variétés un peu plus grandes : Crainburg, 1576; Laibach, 1577 et tardivement Klagenfurt, 1605.
4010. 31,5=<44. Laiïbach, 1573? A. pes Lanpes- MUSEUMS, XXXIV : Wahl der Tollhoff. Var.
ident. : Brixen, 1578-86 ; Laïibach, 1583-89 ; Villach, 1586; Klagenfurt, 1586-89; Arnoldstein, 1590-91.
4041. 36,550 r. Prague, 1535-40 ? SrarraLrTereI- ARcH.: Copialbücher, n° 14, 16, 20.
4042. 43>*<58 r. Augsbourg, 1544. Sranrarcu. : Baumeister Amtbuch. Var. simil. : Prague, 1544-83; Dresde, 1545; Innsbruck, 1548; Vienne (im-
Armoiries. Bande.
primé), 1565; Glaneck, 1573.—Voy. Likhatscheff (n° 3521), ms. de 1557.
4013. 36,5<53 r. Prague, 1549/50? Srarrnarrerel- ARCH. : Coptalbuch, n° 45. Var. simil.: Prague, 1574-1603 ; Graz, 1576 ; Stain (dans le Jaunthal), 1585 ; Grafenstein, 1589.
4014. 4260 r. Unter-Traburg, 1590. Kracenrurr, A. pes nisror. VeREINs : Aeformirter Urbar, n°4.
Les types 1008 à 1014 représentent les armoiries de Kaufbeuren (Bavière) dont les papetiers Caspar, puis Hans Oesterreicher, sont connus par des ventes de papier faites à la chancellerie d’'Innsbruck de 1542-60.
Il n'est pas certain que les types suivants, 1015 et 1016, soient de même provenance.
4015. 30,5><43. Epatus (Hongrie), 1559. Buna-Prsr, Nar. Museum: Städte und Cameral Acten, 1180* f. Var. simil.: Trente, 1561 dans Levi Ben Gerson : Bella domini; Wisenstaig (\Vürtemberg), 1583 ; Nôrdlingen, 1584.
4016. 31>=<42. Hongrie, 1570. Bupa-Pesr, Nar. MusEuM : Städte und Cameral Acten, n° 1337 f.
Var. simil. mais où les étoiles ont 6 rais : Pleyburg (Carint.), 1571 ; Laïibach, 1576.
1017. 33<43. Salzbourg, 1573. Kiacenrurr, LanpesaRcH.: Bisthum Bamberg, VII. Villach. Var.
ident.: Millstatt, 1574; Salzbourg, 1577-82; Lauffen (près Salzbourg), 1585.
10148. 32>39 r. Gratz, 1584. Lanpesancu.: Steierm. Landtagsacten. Var. ident.: Hongrie, 1637. La date de 1584 peut inspirer quelques doutes.
4019. 32<45. Carniole, 1563. Larsacn, A. pes Lanpesmuseums, n° 217 : Siändische Landtagsabhandlungen. Var. simil. : Gratz, 1566-90 ; Laibach, 1569; Millstatt, 1574. — Voy. Hausmann (512), var. où la couronne repose sur les deux têtes — postér' à 1527.
1 1542. Casparn Osterreicher von Kauffpeuren, für 60 Ries Klain Pappier zu 1 G. 9 Kr. und für 2 Riess Regal, 2 Gulden theurer, also 3 G. 9 Kr. zusammen 83 G. (Tyroler Raïitbücher, fo 544).
1545. Herrn Anthonien Fugger für vier Pallen Pappier.. die er zu Kauffpeuren bestellt, für jeden Pallen 10 Guld. und sammt 6 G. Fuhrlon... 46 Gulden. {Ibid., fo 300.)
1560. Hannsen Esterreicher, Pappierer zu Kaufpeuren um 8 Riess Pappier : 4 Ries gros Regal zu 4 Guld und # Riess Median zu 3 G. und Schiltlpappier zu 1 G. 8 Kr. zusammen 39 G. 44 Kr. (Ibid., fo 457.)
Il est probable que l’achat suivant, plus ancien, a été fait au même battoir.
1537. Jürgen Horman von Swatz, des Herrn Fugger Factor, geben und bezahlt für vier und dreissig Ryss Schreibpappier, jedes für ein Gulden 6 Kreuz. 37 Guld. 24 Kr. (Ibid., f° 430.)
Ecu à une Bande accompagnée de deux étoiles ou de deux fleurs.
1020. 33><44. Pressbourg, 1569. Bupa-Pesr, Nar. Mus.: Städite und Cameral Acten, n° 1226 f°.
4021. 31,5><42. Brünn, vers 1588. Franzexs Mu-
seuM : mss, n° 66 et 67 du catal. impr.
Les 1020 et 1021 représentent-ils les armoiries de Kaufbeuren ? Sont-ce des fleurs ou des étoiles ?
Ecu à une Bande accompagnée en chef d'une étoile et, en pointe, d’un croissant, souvent versé.
4022. 31,5<42. Zigesh (Hongrie), 1559. Buna-Pesr, Nar. Museum : Städte und Cameral Acten, n°
1023. 30%<42 r. Vienne, 1568. Lazre, A. Nono : Chambre des Cptes de Lille: Lettres, \561-70.Var. simil. dans un écu plus découpé : Gôrlitz, 1564; Styrie, 1569-70 ; Varasdin, 1579.
4024. 31,5<41. Varasdin, 1601. Bupa-Pesr, Nar.
Museum: Städte und Cameral Acten, n° 1072.
Ecu à une Bande accompagnée en chef d’une fleur et, en pointe, d’une étoile.
1025. 32,5><42,5. Styrie, 1569. Graz, LanpesaroH.: Steierm. Landtagsacten.
Ecu à une Bande accompagnée en chef d'une étoile et, en pointe, d’une étoile et de la lettre.
1026. 32>=<43. Parfois la bande est ondée. Hongrie, 1570. Bupa-Pesr, Nar. Museum : Städte und Cameral Acten, n° 1072. Var. simil.: Steyer, 1576; Linz, 1585. — Voyez Uhlirz, Urkunden und Regesten aus dem Archiv. der Stadt Wien, dans Jahrbuch der Kunst- und histor. Sammlungen des Kaiserhauses, t. XVII. Vienne, 1571-75.
Ecu à une Bande accompagnée de deux lions; support : une épée en pal.
1027. 30,5><42. Poitiers, 1568. A. Vienne, G. 44 : Cptes de la recette de Chauvigny. Var. simil. : Nantes, 1570 ; Niort, 1576; Poitiers, 1577; Angers, 1578-79.
1028. 31,5><42. Poitiers, 1568. A. Vienne, G. 44 : Cptes de la recette de Chauvigny.
1029. 31><42. Loudun, 1571. A. Non» : Chambre des Cptes de Lille : Lettres, 1571-83.
4030. 29,5*<41. Poitiers, 1590. A. Vienne, G. 1596. Délib. capit. de Ste-Radegonde. Var. un peu plus grande : Saumur, 1598-99.
Les filigranes 1027 à 1030 paraissent être des modifications successives d’un même type, que le 1027 représenterait dans sa perfection. Dès lors, il dégénère et avec la fin du siècle, la bande disparaît ; il ne reste plus qu'un écu tranché.
(Voy. n° 1975 et 1976.)
[D'or] à la Bande [de gueules] chargée de trois alérions [d’argent|.
1031. 30,5<44. Nancy, 1463. A. Meurrue-er-Mo- SELLE, B. 969 : Cptes du receveur général de Lorraine. Var. ident.: Neufchâteau, 1463. Var. simil. mais horizont. : Chastel-sur-Moselle, 1467.
1032. 30=<43. Hambourg, 1555. Sraarsarcn., Cl. VII, Lit. D.f., n°3: Legationskosten. Var. ident.: Lubeck, 1553 ; Brunswick, 1556.
1033. 32,5>*<40 r. Bruxelles, 1585. A. Gén.: Collect. de pap. filigr.
Les figures 1031 à 1033 sont les armoiries de Lorraine et le papier ainsi marqué provient de ce duché, qui a possédé de bonne heure des papeteries, sans qu'on puisse préciser dans quel battoir il a été fabriqué. Voyez pour ce qui concerne les papeteries lorraines aux Lettres et Monogrammes : les deux C accompagnant la croix
de Lorraine, et pour celles du duché de Bar aux
n° 1789, 1876, 1886 et 2093.
1034. 32>=<41. Filigr. très peu net, mais où la bande paraît chargée de 3 alérions. Tournai, 1583.
Lazze, À. Nono : Chambre des Cptes de Lille : Lettres, 1571-83.
À la Bande chargée de 3 étoiles, l’'écu sommé -
d'un oiseau.
1035. 32,5<42. Rakonitz (Bohème), 1574. Municu, Kôüncz. B.: Collectio Camerariana, n° 13. Var. ident. : Dresde, 1576; Rabenstein (Bohème), 1977:
À la Bande chargée de 3 trèfles.
1036. Würzburg, 1500? Univers.- B.: Papiersammlung (Prof. Reuss).
Ecu à une Bande chargée de 3 angennes.
1037. 34<42. Nackel, 1596-97. Posen, STAATSARCH., IN : Acta Naklensis. Var. ident.: Gnesen, 1593- 99 ; Posen, 1598 ; Inowratzlaw, 1599.
Armoiries. Bande.
Ecu à une Bande chargée de deux cotices potencées et contre-potencées.
Ces armoiries sont celles de Champagne. Troyes, ancienne capitale du duché, en conserva les armoiries ; plus tard, devenue une des bonnes villes de France, elle ÿ ajouta un chef cousu de France (d'azur à trois fleurs de lis).
Grâce aux indications de M. A. André, l'aimable et savant archiviste de l'Aube, ainsi qu'aux extraits des minutes des notaires troyens que M' L. Morin a bien voulu nous communiquer, nous avons réuni bon nombre de renseignements sur les anciens battoirs à papier des environs de Troyes. Nous les condensons, sans prétendre faire une histoire complète de cette branche de l’industrie champenoise, en placant ces battoirs selon leur ordre d'ancienneté d'après les documents qui ont passé sous nos yeux.
I. Moulins-le-Roy à Torvois-lès-Troyes, 1349. Les comptes du chapitre de S'-Pierre pour l’année 1348-49 portent aux recettes 22 livres, reçues de P. Garnier et Etienne de Verdun, pour prix de location d'un moulin à papier appelé Moulins-le-Roy. Tout porte à croire que ce sont ces deux locataires qui avaient transformé en papeterie les anciens moulins, car c'est la première fois qu'apparaît la mention de «à papier » à propos de ces moulins, achetés en 1337, par un chanoine de Troyes et souvent mentionnés dans les comptes. Ce paiement de 1349 serait celui du premier terme de la location et coïncide avec la date des autres locations passées jusqu’en 1425 et qui sont toutes faites pour 19 ans (soit 5 locations). La date de la création du battoir serait donc 1349.
Garnier et son associé ont probablement renoncé à l’entreprise, ou ils ont eu avantage à la remettre, car le 25 novembre 1355 une location est passée pour les douze années restant à courir de la location expirant en 1366 en faveur de « Colins dou paupier, fils de feu Simon le bazenier ». La docation porte que Colins payera chaque semaine dechaque année, à titre de loyer, deux rames et demie de papier à écrire, à rendre à Troyes, à l'hôtel «du grand chamberier de la dite église », qu'il payera « le rouage » aux gardes des vannes, et contribuera aux frais « de curage » ?. Cette redevance de deux rames et demi de papier par semaine fut changée en un paiement
1 Arch. départ. de l'Aube, G. 1656.
2 Ibid., G. 3423.
Armoiries. Bande.
de quatre écus et demi par mois, soit 54 écus par an'.
Les comptes de 1374-75? font connaître un nouveau locataire, A. Silvestre dicto Poche qui tient le battoir dès la fête de Pâques 1370 pour 19 ans, au prix annuel de 30 francs. En 1428 * on trouve le paiement fait par Gilet Milon et Nicolas Aubertin de 30 livres par an pour la 3° année de leur location commencée à Pâques 1425. Dans le compte de 1439- 40 il est dit que « les locataires des molins à pappier appellés les Molins-le-Roy lesontlaissétomber en ruine »#. Nous n'avons pu savoir quand ces moulins furent réédifiés ; le compte de 1504 porte qu'ils étaient à deux roues, une à blé et une à papier ; un procès-verbal du 20 août 1534 mentionne en plus une roue à écorces ?.
En 1593, Guillaume Journée, bourgeois de Troyes et maître-papetier, loua les Moulins-le-Roy pour neuf années. Ils consistaient en « ung mollin à papier auquel il y a unze pillons ou martaulx, ung mollin à bled et ung mollin à escorces..…. ensemble les maisons, les deux granges, ouvroirs, estendoirs, pourrissoirs et aultres ediffices, pour le prix annuel de sept vingt écus sol en argent et sept rames de papier». La location fut évidemment renouvelée car, en 1611, Journée était en procès avec le chapitre de Troyes auquel il réclamait une indemnité pour le chômage subi pendant des réparations. Ce procès se termina par une sentence arbitrale rendue le 12 décembre 1620 et condamnant le chapitre à payer 1500 livres à Journée pour toutes les améliorations faites par lui aux dits moulins.
En 1621, les Moulins-le-Roy étaient loués à Jehan de La Preize et Baptiste Daubetivre pour le prix annuel de 150 livres tournois; en 1639 ils l’'étaient au sieur Gouault. Enfin en 16707 ils le furent à un de Bure, famille entre les mains de laquelle la papeterie le Roy ou La Papeterie, tout court, demeura plus d'un siècle.
IT. Bréviande près Troyes, 1362. Le second moulin à papier en date n'est pas à Troyes même mais à Bréviande, sur la Seine, en amont de la ville.
! Arch. départ. de l'Aube, G. 4136 de 1357.
? Ibid., G. 1660, fo 451.
8 Ibid., G. 1665.
4 Ibid., G. 1677.
5 A. Chaumonnot, Rivière de Seine : Etude sur la dérivation de Troyes. Troyes, 1868, p. 64.
$ Arch. départ. de l’Aube, G. 3424.
T Ibid., G. 3426.
Par contrat d’accensement ou emphythéose, en date du 17 février 1362 les frères et sœurs de l'Hôtel-Dieu des Deux-Eaux donnent dès Noël l’an passée, à Senestre Poche, paupeleur et à Marguerite sa femme, demeurant à Bréviande,.… «nos molins l’un à papier et l’autre pour blé, sis à Bréviande, ensembleles courtils.... pour puis lasomme de 26 francs d’or, dou coing du Roy, de rente ou cense annuelle et perpétuelle qu'ils en rendront et paieront chascun an à toujours et perpétuellement et cinq sols de cense annuelle et perpétuelle! »... Nous n'avons pas d’autres renseignements sur ce battoir.
IT. Moulin-aux-toiles ou la Moline, à Troyes, 1388. Le moulin-aux-toiles, déjà mentionné dans les comptes de 1348-49? n'a pas, comme son nom l'indique, servi à l’origine pour l’industrie du papier. C’est seulement en 1388 qu'il fut transformé en papeterie, ainsi qu’on peut le conclure des termes, assez vagues, d’une location du 11 août 1388, par laquelle le chapitre de S'-Pierre (de Troyes) loue à Estienne Maupensant, bourgeois de Troyes, «ung sien molin appellé le molin aux toilles, ensemble le cours de l’eau par la forme et manière que se trouvent ».
« Pour ce que le dit molin n'est mie ne aussun ne pourroit estre disposez et ordonnez pour faire papier, le dit retenant livrera franchement tout le jouffit dicelui molin sans en rien payer au dit Ven. pour le dit premier an. Item que pour les autres deux ans finissans à la S'-Remy 1391, le dit retenant paiera pour chascun des dits deux ans .…. vingt livres tournois et dès la dite S'-Remy 1391 jusques à la fin des dits 19 ans, pour chascun an d’iceulx 15 livres tournois » à.
A Etienne Maupensant succéda Bertholomin Barisen (de Bar). Le compte de 1408-09* porte : «recu de Berthelomin Barisen..….. pour le molin qui soloit estre aux toilles, assis par devant les nouvelles vignes des Charmes ..…. XV liures ». On retrouve B. Barisen comme locataire du moulinaux-toiles dans les comptes de 1411-12 5 et de 1416-1756 (où il est qualifié d’espicier).
Arch départ. de l'Aube, G. 3284.
Ibid., G. 1656, fo 55,
Ibid., G. 2983.
Ibid.. G. 1663, fo 2
Ibid., G. 1663, fe 88.
Ibid., G. 1664.
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Armoiries. Bande.
Mais en même temps que B. Barisen, on voit figurer un second locataire, ce qui prouve l'existence d’un second battoir au même lieu. Par une location du 2 décembre 1413, MM. de S'-Pierre remettent à ferme à « Guillaume Posche, Perrinet Le Camus! paupeleurs et Marguerite femme d’icelui ung molin à papier fourny desiz piles, moyennant la somme de 35 liures tournois pour chascun an, payable en 3 termes de {1 liures 13 s. 4 d. chaque » et ce pour seize ans?. Le compte mentionné ci-dessus de 1416-17 * porte effectivement : « recu de Perrin Camus paupeleur, demourant en la rue de la Poulaillerie pour l’autre roe (du molin-aux-toiles) avec les appendances, XI liv. XIII s. IV deniers.»
Le compte de 1430-33 signale « le molin à papier qui est près de la Moline et que tenait Perrin Camus, comme n'étant « point loyez ».
En 1477-78 les locataires sont Perrin Truchot et Jehan Pietrequin*.
Ils paient pour «les molins à papier de la Moline, ensemble le jardin et prey appartenant ausdiz molins, avecques toutes leurs appartenances, qu'ils tiennent à 19 ans, pour chascun an 30 liures tournois et 30 mains de papier .….. Et avec ce ….. doivent faire à leurs despens ung autre molin à papier tout neuf, en la place où, autrefois en souloit avoir ung de 10 piles »5. On trouve dès lors et jusqu'au milieu du XVII’ s. de nombreux baux où ces mou- Jlins sont qualifiés de moulins à papiers ; ils étaient à deux roues et pouvaient être disjoints.
En 1687, Pierre Debure, marchand papetier, prend à titre d’emphythéose perpétuelle, du chapitre de la Cathédrale, « 2 gros moulins à papier, contenant chacun 8 pilles, garnies de leurs pilons
1 Un Pierre Le Camus, qualifié de bourgeois de Troyes, était en 1414, un des suppôts de l'Université de Paris. Est-ce le même personnage que notre Perrin ? (Voy. Du Boulay, Historia Universitatis Parisiensis. Paris, 1761, t. 4, p. 278.)
2 Arch. départ. de l'Aube, G. 2984.
3 Ibid., G. 1664.
4 Ibid., G. 1666.
5 Les Pietrequin ont persévéré dans l’industrie papetière. Les comptes du receveur, en Champagne, de Marie d'Albret, comtesse de Nevers, mentionnent pour l’année 1535-36 le paiement fait à « Guion Pietrequin, md papetier, demeurant à Troyes, de la somme de vingt-cinq livres tournois pour l'achat de vingt-et-une rames papier tant grand que petit envoyé en la chambre des comptes dudict Nevers, item pour l'achat de six aulnes canevas, acheté pour enfardeler le dit papier à XVII d. t. chacune aulne, la somme de VIII s. VI d.t, pour glus X d. t., et pour le sallaire de ceulx qui l'ont enfardelé V s. t.» (Arch. de l'Aube, série E., reg. non inventorié.)
$ Arch. dép. de l'Aube, G. 1684.
Briquet. — Filigranes, I.
et maillets, deux étendoirs à papier, une frête de maison où il y a cheminée, appendis, pourissoir et ouvroir, cour, petit jardin en dépendant, le tout appelé de toute ancienneté les moulins de la Moline .... moyennant la somme de 80 livres tournois de rente foncière annuelle et perpétuelle et un sol de censive en tous cas». Ces moulins restèrent
pendant plus d’un siècle aux mains de la famille De Bure.
IV. Barberey. (St-Sulpice) près Troyes, 1397. Le compte du receveur des seigneurs de Barberey pour 1415 ? porte aux recettes une somme reçue « de Pierre Bousanton, paupeleur demorant à Troyes, pour la ferme des deux molins, tant à blef comme à pappier, assis audit Barberey, qu'il tient à ferme. de mon dit seigneur, pour 19 ans et 19 despouilles, qui finiront le 5° jour de Mars, qui sera l’an 1416»; la location de ces moulins partait donc de 1397. On peut présumer que c’est Bousanton * qui aura, à côté de l’ancien moulin à blé existant à cette époque, créé le moulin à papier. Sa veuve épousa vers 1416 son valet Perrin qui mourut à son tour vers 1446. Le compte de cette année mentionne en effet : « De la femme et héritiers de feu Jean Bon Perrin, dit de Ruvigny, Perrot Rivière, son gendre et Nicolas Richart, dit Pillet, papetiers, demourans à Troyes, à cause des molins à blef et à papier qu'ils ont prins à ferme des dits seigneurs, parmi la somme de 30 liures tournois une rame de bon papier à escrire »!.
Le compte de 1472-73 mentionne Perrot Rivière paupeleur et Katherine sa femme 5. Celui de 1503-04 parle de Guiot Oudot qui avait loué les moulins pour 19 ans dès l’année 1487 mais qui, «en l'année de ce présent compte, s’en est allé hors des dits molins et a tout abandonné pour cause que veoit bien qu'ils venoient à val l’eaue etestoient en grande ruyne et décadence 5 ».
Ces moulins furent restaurés* ou reconstruits.
Une liasse? de 1526-1779 renferme des baux, des mémoires de travaux exécutés pour leur entretien
1 Arch. départ. de l’Aube, G. 4097.
? Ibid., E. 330, fo 12.
5 Les comptes de la Châtellenie de St-Lié pour 1403-04 mentionnent la vente d’une demi-rame de papier fournie par Perrinet de Bousanton, paupeleur à Troyes, au prix de 9 sols 2 deniers.
4 Arch. départ. de l'Aube, E. 332, fo 3.
5 Ibid., E. 333.
6 Ibid., E. 345, fo 29.
T Ibid., E. 366.
Armoiries. Bande.
de 1574-1768, ainsi qu’un bail passé par Nicolas Le Mairat, seigneur de Droupt et de Barberey, en 1604, en faveur d'Edmond Denise, papetier-juré en l’Université de Paris.
V. Pétal ou Pestau à Trévoys-lès-Troyes, 1438. La plus ancienne mention de cette papeterie est de 1438'!. Le 6 mars de cette année, Guillaume Thierry, paupeleur, afferma, de religieuse maison frères et sœurs de l'Hôtel-Dieu, moyennant 29 livres d'argent et une rame de papier par an, le moulin de Pétal et ce, pour le terme de 12 ans. Le 14 août 1477 nouvelle location passée par les mêmes propriétaires en faveur de Jehan Richard, dit Pilet, paupeleur et de Françoise sa femme ?. Les Pilet paraissent en avoir été longtemps locataires. En effet, il en est question à plusieurs reprises jusqu'au commencement du XVI°Ss.: ainsi en 1503 le chapitre de S'-Pierre loue une maison sise près le moulin à $. Nivelle et N. Pillet, demeurans au moulin Pestal?. En 1505 intervientun arrêt du Conseil du Roi au sujet d’un moulin à blé construit malgré les chapitres de S'-Pierre et de S'-Etienne par Symonnet Nyvelle et Nicolas Pillet, paupeleurs, conducteurs du moulin Pestau . En 1526, le 21 décembre, le moulin « à bled et à papier » est loué à Simon Hullebin, marchand de papier et à Jehanne sa femme, au prix de 50 livres tournois et 2 rames de papier *. On y ajouta une 3° roue pour le blé, vers 15506, et en 1584 un procès-verbal constate que l'établissement d'une nouvelle roue au moulin de Pétal serait dommageable en empêchant la navigation des bateaux qui descendent audict Troyes, du port de Chappes'.
VI. Verrières, 1451. La papeterie de Verrières date de 1451. C'était un ancien moulin à blé dont la transformation en battoir à papier a été l’œuvre de Guiot Le Ber ou Lebé, premier membre connu de la dynastie des papetiers de ce nom. Les Lebé sont-ils toujoursrestés à Verrières ; nous l'ignorons, mais c’est bien probablement le lieu où ils ont commencé à exercer leur industrie. M. H. Stein, archiviste à Paris, a reproduit 8 l'accord, passé en
1 Arch. départ. de l'Aube, G. 3450.
2? Ibid., G. 3450.
3 Ibid., G. 3285.
* Ibid., G. 3431.
5 Ibid., G. 3450.
$ A. Chaumonnot, Rivière de Seine, p. 67 et suiv. 7 Arch. départ. de l'Aube, G. 3450.
8 Bibliographe moderne, 1901, p. #13.
février 1453, entre le commandeur de l’ordre de S'- Jean de Jérusalem, à Troyes, et les Lebé ; nous y renvoyons nos lecteurs. Guiot Lebé eut pour fils Jean qui exploita les battoirs de la Pielle, en 1461, et de Sancy, en 1476. Un N. Lebé, papetier, de la même famille, fit, en 1486, pour l’entrée du roi Charles VIIT à Troyes une longue pièce versifiée, dont voici les parties les plus intéressantes!.
Poésie faite par N. LeBé sur l'entrée de Charles VIII à Troyes en 1486.
Au mois de mai que toutes belles fleurs Espanouissent, et sont en leur beauté, Parmi les champs on en trouve plusieurs, Car c’est le mois le plus plaisant d’esté, Charles huitième, ce Roi plein de bonté,
Si a voulu s’esloigner de Paris,
Et de Champagne visiter la Comté,
L'an mille quatre cent et quatre-vingt et six.
L’unzième jour l’allouette et mauvis Chantoient bien hault beau chant mélodieux, Parmi les champs, sur les arbres floris,
Dont ils en furent, lui et ses gens, joyeux.
Les Conseillers y sont allez en baste?
Praticiens, Notaires, Advocats ;
Le bon Prévost, bien vestu d’escarlatte, L’en dessus tous selon leurs éstats.
Illec estoient Sergens royaux un tas, Trestous vestus d’une belle livrée,
Et bien propice droitement à leur cas, Par bon conseil elle leur fut trouvée.
Avec eux furent trestous les Eschevins
De cette ville, chevauchant beaux coursiers, Et belles hagnées d'Angleterre et habins.
Robes avoient d’escarlate, draps chers, Nobles marchands, bourgeois et estuyers D'icelui lieu tous vestus en bobance, Accompagnez de franc cœur et entier,
Sur beaux chevaux tous montez à plaisance.
Aussi de Troyes y furent les Papetiers
En très-grand’pompe, habillez de migraine Et bien montez sur beaux puissans destriers, De bardure couverts très-belle et saine, Pour y venir laissèrent courir Seine, Levèrent vannes, délaissant leurs moulins ; Un chacun d’eux grand'joie si démaine,
Tous y avoient beaux pourpoins de satin.
À donc s’en vint en la ville le Roi, Aussi sa cour, et des gens grands amas, etc.
! Voy. Grosley, Mémoires historiques, t. II, p. 600. ? A la rencontre du roi qui avait couché à Saint-Lyé.
VII. La Pielle ou Moulin du Pré-l'Evêque à Troyes, 1461. Ce moulin est un des plus anciens de Troyes. Il avait été donné en 1192 au chapitre dela cathédrale parBarthélemy, évêque de Troyes. Le 4 mars 1359 un accord est passé, entre le chapitre de S'-Pierre et Pierre Garnier, pour les réparations à y faire. C'était à cette date un moulin à toile et à foulon ?. En 1368, il est loué aux drapiers de Croncels. En 1461, il l’est à Jean Le Ber, paupeleur, et il est qualifié de moulin à papier sans qu'on sache à quelle date il avait été transformé. Ce Jean Le Ber doit être identifié avec celui qui figure à l’acte de location de la papeterie de Verrières, en 1451, comme étant fils de Guiot ; c’est le second papetier connu de la famille. Le compte du trésorier du chapitre pour 1477-78 porte aux recettes 20 livres t. recus de Le Ber, paupeleur, pour le molin de la Pielle*. En 1504, les comptes indiquent que le moulin était à une seule roue, à papier#. Les Le Bé paraissent avoir exploité ce battoir jusqu’en 1545 où il fut transformé en deux moulins, l'un à blé, l’autre à écorce 5 ; car, en 1539, Jean Le Bé, fils de Pierre, reconnait une hypothèque sur ce mouliné.
VIII. Moulin Brusley ou Challouet, à Troyes, 1463. Ce moulin, situé sur la décharge du Pouce, était ruiné en 1447 ainsi qu'il résulte du bail passé le 11 avril, en faveur de Perrin le Pallerat, paupeleur, d’un jardin devant le lieu où fut le moulin de Chaillouel7. Mais il ne tarda pas longtemps à être reconstruit, car en 1463, il est question de Pierre Truchot, papetier et fermier du moulin de Brusley à titre d'emphytéose. En 1504, il avait 2 roues à blé
et 2 à papier“. Il est probable qu'il fut exploité
pendant une bonne partie du XVI° s. par des membres de la famille Le Bé, en particulier par
Guillaume (G. 4051) ?.
IX. Vannes, 1474. Les moulins de Vannes, appartenant au chapitre de Troyes, étaient primitivement à blé. Quant au moulin à papier, c’est à la date
1 Arch. départ. de l'Aube, G. 4098.
2 Ibid., G. 1274, p- 3.
5 Ibid.. G. 1684.
# À. Chaumonnot, Rivière de Seine, p. 67 ets. 5 Arch. départ. de l'Aube, G. 3414.
6 Ibid., G. 3176.
7 Ibid., G. 1143.
8 Chaumonnot, loc. cit., p. 98 et s.
* Qui selon Grosley (Œuvres inédites, t. 1, p. 49), serait le père du célèbre imprimeur.
Armoiries. Bande.
de 1473 seulement, qu'une location nous le fait connaître. Le 19 septembre 1473, le Ven. chapitre de Troyes loue aux sieurs « Jehan de Grey, charpentier, Jehan Salomon et Guillaume Semillart, paupeleurs, demeurant à Troyes, leurs moulins à papier et à blef assis à Vannes, sur la rivière de
Seine et comprenant une maison couverte de tuille,
une estable couverte d'estrain, jardin et appartenances d'iceulx, pour dix-neuf ans, moyennant le prix de quarante livres tournois et quarante mains de bon papier, commencant au jour de Pâques 1474 »!. Plus tard, entre 1487 et 1494, on trouve comme locataire Nicolas Michelet, papetier ?. A partir de 1511 et jusqu à la fin du XVI°Ss., la papeterie de Vannes fut aux mains de Siméon Nivelle, papetier-juré de l'Université de Paris, et de ses descendants*. Le 10 novembre 1600, le chapitre de Troyes fit un acensement perpétuel à Jaques Lebé et Edmond Denise « de deux molins à papier, deux molins à blé, un molin à chanvre approprié quelque temps auparavant à faire papier, et quelques héritages sis à Vannes, moyennant 150 livres de rente foncière annuelle et 5 s. de censive en tous cas et de 1595 livres de deniers d'entrée, à charge par les preneurs de soutenir et entretenir les dits molins »#. En 1616, à la mort de Jaques Lebé, bourgeois de Troyes, papetier-juré de l'Université de Paris, sa veuve, Françoise Le Cornuat fit établir le partage de sa succession, dans laquelle est comprise la moitié des moulins de Vannes avec la revente faite de la dite moitié à Jaques Lebé, fils du précédent, par ses trois sœurs, selon contrats dressés Les 5 et 26 février 1622 et 3 juin 1627. Le 4 février 1627, Jaques Denise reconnaît que. par donation d'Edmond Denise, l'aîné, son père, marchand papetier-juré de l'Université de Paris, il est détenteur de deux moulins à papier et héritages, faisant partie des moulins donnés en acensement et mentionnés ci-dessus, que les dits moulins et héritages, et chaque portion pour le tout, sont chargés envers le chapitre de 150 livres de rente et 5 sols de censive, qu'il s'oblige de payer aux termes de l’acensement de 1600 5. Cet acensement perpétuel, fait
1 Arch. départ. de l'Aube, G. 3678.
2 Ibid., G. 1863.
8 Ibid., G. 3685.
4 Ibid., G. 3693.
5 Ibid., G. 3687.
6 Ihid., G. 4116.
Armoiries. Bande.
à deux des principales familles papetières de Troyes, et auquel le chapitre ne voulut jamais rien modifier, fut la source de quantité de procès dans lesquels on voit figurer Claude Denise, qualifié en 1660 de lieutenant en la prévôté de Troyes !, de Jaques Lebé, (mentionné ci-dessus et qualifié plus tard de conseiller en la chambre de l'échevinage de Troyes), puis de son fils, maître Nicolas Lebé, conseiller au bailliage et siège présidial de Troyes?, et de son petit-fils aussi Nicolas. Enfin en 1735, la famille Denise obtint son désistement, moyennant finance, et en 1753*, Pierre Brochard et Etienne Dufour, mari de Marguerite Brochard, sœur de Pierre, tous deux maîtres papetiers, passent reconnaissance au profit du chapitre, après les avoir acquis des sieurs et demoiselles Massey, héritiers de Nicolas Le Bé, des deux moulins subsistant encore à cette époque, à savoir l’un à blé, l’autre à papier. Ce dernier est de « deux rangées, dont l'une est à » pilles, l’autre à 4». D’après un état des papeteries, conservé aux Archiv. dép. de la Marne (C. 463), le battoir de Vannes était exploité par un Denise en 1728 et par Francois Debure vers 1745. L'état dressé en 1772, ne fait plus mention de la papeterie de Vannes; elle avait donc disparu à cette date.
X. Sancy ou Sancey à Troyes, 1476. La papeterie de Sancy doit sa fondation aux chevaliers de S'-Jeande-Jérusalem, dont le commandeur de Troyes, Jacques Serpe, accorda le 16 octobre 1476 à Jehan Le Ber, m° papetier, demeurant à Troyes, l’autorisation d'édifier un moulin à papier sur l’emplacement qu'occupaient jadis des moulins tombés en ruine et ce, pour le prix de 10 livres tournois de rente annuelle et perpétuelle, et 5 sols tournois de censives, commençant au jour de la S'Rémy 14804. M. H. Stein Ÿ a donné le texte d’un procès-verbal d'expertise de l'emplacement concédé, en date du 2 juillet 1477. Nous y renvoyons le lecteur.
Il est à présumer que ce moulin était à plusieurs roues et formé d'autant de corps de bâtiments distincts, car un acte de 15075 mentionne « deux
1 Arch. départ. de l'Aube, G. 3690.
2 Ibid., G. 4116.
3 Ibid., G. 4116.
4 Ibid., Cartulaire de la commanderie de Troyes, fo 125. S Bibliographe moderne, 1901, p. 415.
6 Arch. départ. de l’Aube, G. 3450.
moulins à papier, avec un autre molin, appelé le mollin Lombard, assis au lieu de Sancy, sur la rivière de Seine, avec les maisons, appendiz, cours, jardin, droits, aisances et appartenances ». Chaumonnot! rapporte que, peu après 1479, un des fermiers du moulin — il en avait plusieurs — fit édifier un nouveau moulin à papier, vraisemblablement d'un système particulier et qui est désigné dans les actes sous le nom de moulin lombard. La roue qui le faisait mouvoir, de vingt pieds de hauteur, avait été placée dans l’un des coursiers voisins des vannes destinées au passage des bateaux. Il en résultait une assez grande gêne pour la navigation et les mariniers réclamèrent contre cette innovation. Une information avec enquête s’ensuivit. La démolition du moulin lombard fut ordonnée et la sentence du bailliage notifiée au meunier le 4 janvier 1502. Le même auteur dit qu’en 1539, l’usine comportait : 2 moulins à papier, un à blé et à écorce, un autre à blé, un à foulon et deux autres moulins à blé, ensemble 7 moulins que mettaient en mouvement 7 roues. Les papeteries de Sancy ont appartenu à Jehan Nivelle l’ainé ; une sentence de l'échevinage de Troyes, de 1615, où il est qualifié de meunier, le condamne à « rétablir le branchis de la grande pointe ». En 1621, le même Jehan Nivelle qualifié, cette fois, de marchand, vend à Nicolas Denise, marchand papetier à Troyes, deux moulins à papier, finage de Sancy, paroisse de S'-Julien?.
XI. Moulins de N°-Dame à Troyes, 1504. Ces moulins, jadis propriété de l’abbaye de N°-Dame aux Nonnains, remontent certainement, comme papeterie, au XV° s. D’après Chaumonnot * ils étaient en 1504 à trois roues, dont deux à papier et une à blé. Tombés en ruine, sans doute, ces moulins furent reconstruits en 1775-76 par J. Ant.
Garnier, libraire de Troyes #.
XII. St-Quentin à Troyes, 1504. Ces moulins, jadis Saint-Quétois, ont appartenu au prieuré de S'-Quentin, dépendant de l’abbaye de Molesme (Côte-d'Or). Toujours d’après Chaumonnot® ces
1 Op. cité, p. 55 et s.
? Arch. départ. de l'Aube, G. 3286.
# Op. cité, p.073 -etts.
4 Voy. L. Morin: Histoire corporative des artisans du livre à Troyes, p. 219 et 285.
5 Op. cité, p. 103 ets.
moulins, en 1504, possédaient trois roues, une à papier, une à blé et l’autre à foulon.
XIII. Bourguignons-sur-Seine, 1528. Un inventaire fait après le décès de Gaucher de Dinteville, du 1° septembre 1547, mentionne « deux molins, l'ung à bled et l’aultre à papier, avec ung foullon, vannages, aisances.., séant audit Folz (commune de Bourguignons), sur la rivière de Seine, lesquelz auroient esté baillez dès le quinziesme novembre mil V° XXVIIT par ledit feu Seigneur de Polisy (Gaucher de Dinteville), moyennant et parmi la somme de XVI liv. tournois, une rame de papier, demy cent de chanvre », etc.{.
Le même volume donne l’analyse d’un acte en date du 3 janvier 1545, par lequel Colin Gaulthier, charpentier, son fils et deux « pleiges » prennent à loyer de damoiselle Anne du Plessix (veuve de Gaucher de Dinteville) « les molins à bled, à draps et à papier dudit Bourguignons » pour dix-neuf ans, € parmi la somme de huict-vingtz dix livres tournois et deux rames de papier ».
XIV. Polisot (Aube), 1544. Cette papeterie était à deux roues. Un acte notarié, passé à Polisot le 3 juillet 1544, nous apprend que « Jehan Phillebert, demeurant à Villeneufve et Colas Bouchard paulpetier, demeurant à Polisot », reconnaissent avoir loué pour cinq ans de «Jehan Bouchard, paulpetier, demeurant audit Polisot, ung molin à papier estans ès molins à papier dudit Polisot, contenant cinq pilles, à prandre ledit molin ou molin d’'embas, asçavoir la moitié de la maison des dits molins à papier entièrement..., moyennant la somme de vingt-quatre livres tournois argent, deux rames de papier et une libvre de cyre.» .
Il est stipulé que «le cas advenant que les eaues fussent basses, seront tenus les dits reteneurs faire serrer ledit molin pour bailler eaue aux molins à bled, pourveu toutesfois que sy l’autre molin à papier besoingne, ledit molin besoingnera?». Un acte du notaire Tripault de Troyes, du 6 avril 1625, se rapporte à cette même papeterie et fait connaître une promesse d’Edme Pourille, m° papetier à Polisot, de fournir à Noël Landereau, m° libraire à Troyes, 10 rames de papier cartier petit carré, fin et gros, par semaine, pendant un an, pesant 10 liv.
! Arch. départ. de l'Aube, E. 217, fo 60.
2 Ibid., B. 1823, fo 91,
Armoiries. Bande.
la rame, à 24 sols la rame, livrable chez Landereau, ou chez Sébastien Valleton, au faubourg Croncels à Troyes.
XV. Villeneuve-sur-Ource, 1546, et Bar-sur- Seine. Deux actes du notaire Pierre Cossart nous apprennent l'existence d'une ou de deux papete-
-ries à Villeneuve. Voici le premier: Simon Drode-
lot, papetier, demeurant à Villeneuve, s'engage à livrer, chaque année, à un marchand de Merrey, la quantité de cinq setiers de froment pendant six ans. Comme garantie, il oblige « par exprès la moitié de deux molins, l’un à bled et l'autre à pappier », à lui appartenant, «assis audit Villeneuve, sur la rivière d’Ource ». Fait à Bar-sur-Seine, le 15 février 1546 !. Par le second de ces actes, M° Philippe Chasteau, demeurant à Bourges, au nom et comme procureur de maitre Jean Bochetel, abbé commendataire de l'abbaye N°-Dame de Mores, diocèse de Langres, et chanoine de la cathédrale de Bourges, loue pour 29 ans, à Jean Chaulvirey, papetier, et à Guionne, sa femme, demeurant à Merrey, le moulin à blé de la dite abbaye de Mores «avec la place attenante, pour construire et édiffier ung molin à pappier aux fraiz et despens desditz Chaulvirey et sa dite femme ». Cette amodiation est faite, moyennant la somme de 25 livres tournois en argent, six chapons, une rame de papier. Fait à Bar-sur-Seine, le 8 février 15462. Cette papeterie concédée à Chaulvirey a-t-elle été construite ? C’est ce qu'il est difficile de dire.
Enfin le Dictionnatre topographique de l'Aube, de Boutiot et Socard, mentionne, d’après le fonds de l'Hôtel-Dieu-le Comte, de Troyes, une papeterie à la Villeneuve, commune de Bar-sur-Seine, à la date de 1578. Peut-être est-ce un des deux établissements signalés ci-dessus et qui figure en outre sur la carte de Cassini (« Papeterie »). Dans un procès relatif à une saisie de chiffons à Troyes, en 1787, il est incidemment question d'un sieur Boulard ou Bouland, f de papiers à la Villeneuve*. Le même personnage est désigné dans une lettre du 25 février 1783 comme étant papetier à Barsur-Seine #.