AVANT-PROPOS XXII
Désignation des filigranes. Limites de leur F1 emploi.
7° Le n° 6450 à été relevé une seule fois, en 1478.
La période d'emploi de ce papier s'étendra donc de 15 ans avant cette date à
15 ans après, soit de 1463 à 1493 8° Le n° 7958 a été noté 2 fois, en 1472 et 1478; ce qui donne pour la période
d'emploi de ce papier les dates de 1478 — 15 et 1472 + 15, soit : 1463 à 1487 9% Le groupe 8527 à 8537 a été en usage de 1463 à 1543
La date de 1463 est la seule utilisable, notre incunable ne peut être antérieur à
cette date.
10° Le groupe 8588 à 8650 à été usité de 1445 à 1559 Cette période d'emploi est si longue qu'elle ne fournit pas de rehseignement utile. 11° Le groupe 9173 à 9185 a été employé de 1442 à 1527 Même remarque que pour le groupe précédent.
12° Le n° 9565 a été noté 3 fois, de 1477 à 1479; ce qui donne pour la période
d'emploi de ce papier, les dates de 1479 — 15 et 1477 + 15, soit : 1464 à 1492 13° Le n° 9998 a été relevé 3 fois, de 1477 à 1481 ; ce qui porte sa période d'em-
ploi à 1481 — 15 et 1477 + 15, soit : 1466 à 1492 14° Le groupe 14.232 à 14.241 à été en usage de 1440 à 1499 Ces deux dates peuvent être considérées comme les limites extrèmes d'emploi de
ce papier.
15° Les n° 15.329 et 15.330 ont été notés 3 fois, entre 1475 et 1480 ; ce qui donne
pour la période d'emploi de ce papier 1480 — 15 à 1475 + 15, soit : 1465 à 1490
16° Le n° 15.545 a été employé 14 fois, de 1464 à 1475. En appliquant le même calcul que ci-dessus, on trouve pour la durée d'emploi de ce papier les dates de 1475 — 15 à 1464 + 15, soit : 1460 à 1479
Les chiffres extrêmes que fournissent ces indications sont, d'après les n°6 et 16, la date de 14 pour la plus récente et, d'après le n° 5, celle de 1471 pour la plus ancienne.
Nous conclurons donc que la date du Fasciculus est comprise entre 1471 et 1479, évaluation qui n'est qu'approximativement exacte puisqu'il est de 14801.
Ces exemples suffisent pour faire comprendre à nos lecteurs comment il faut utiliser les filigranes. L’indication de date qu'ils fournissent oscillera parfois entre deux extrêmes bien éloignés, mais souvent aussi elle se tiendra dans des limites étroites. En tout cas, il n’est pas besoin d'une longue étude pour tirer parti de ce moyen d’information.
La marque d'un papier, avons-nous dit, doit faire connaître la date et le lieu de sa fabrication. On vient de voir ce qui concerne la date; examinons brièvement ce qu'il en est pour le /ieu. Quelques filigranes représentent des armoiries, des initiales, des noms entiers, ou des signes personnels, qui grand nombre de ces marques est formé par des dessins dont beaucoup ont pu avoir une signification pour les contem-
donnent à connaître la fabrique ou le fabricant du papier. Toutefois, le plus q Paf l
porains, mais n'en ont pas pour nous. En procédant du connu à l'inconnu et en constatant où allait
1 Il ÿ a quelque intérêt à signaler que les onze ouvrages possédés par la bibliothèque de l'Université d'Utrecht signés des imprimeurs N. Ketelaer et G. de Leempt à Utrecht, ou qu'on attribue à leurs presses, et qui sont, pour les ouvrages datés, de 1473, ne renferment entre eux tous que six filigranes, tandis que le Fasciculus imprimé environ sept ans plus tard, en à seize. On peut donc conjecturer qu'il y avait en 1480 une disette de papier à Utrecht et que J. Veldener a dû employer des papiers vicillis, des soldes, selou le terme usité aujourd’hui. Cela expliquerait que la période normale de 15 ans adoptée pour l'écoulement d’un papier se trouve trop courte; si on la portait à 16 le caleul ferait osciller notre incunable entre 1471 et 1480.