BAK.^ZIN, LÉON
BARAZIN, accent marset liais. Il entre par le fond et porte à la mai7i une boUe de pistolets.
Ah ! NOUS voilà monsieur... Vous ôtes prêt... Marchons !
LÉON
Un instant monsieur... {S'inclinant der'ant Barazm. Je vous fais des excuses.
BARAZIN, surpris.
Des excuses?... Ah !... Sont-elles bien plates?
LÉON, s'inclinant.
Aussi plates que vous le désirerez.
BARAZIN, atec mépris.
Alors, monsieur, vous caponncz ?
LÉON, irès-lranquiUement.
Parfaitement, monsieur.
BARAZIN, avec colère.
Que le diable vous emporte ! C’était bien la peine de me déranger ! [U se dirige par le fond.)
LÉON, le ramenant.
Permettez, monsieur... encore un mot.
BAR.AZIN.
Faites vite, je suis pressé.
' LÉON, mf'Unnt des gants.
Monsieur, j'ai l'honneur de vous demander la main de votre fille.
BARAZIN, sautant.
Ma fille 1... Vous moquez-vous de moi?... Je n’ai pas do fille!
LÉoît, souriant.
Je vous demande mille pardons, vous en avez une... Quand vous avez quitté votre femme il y a seize ans, elle se rouvait dans une position... intéressante.
BARAziN, furieux.
Comment I et ma couquinasse de femme ne m’a pas prévenu,
LÉON
Vous étiez probablement au milieu de l’océan. On ne pouvait pas vous envoyer un faire part.
BARAzi.N, se calmant.
C’est juste... et dites-moi... espouhdo la pichonnette ?... {Uov le regarde d’un air ahuri.) Vous ne comprenez donc pas le français? Je vous demande si ma fille est belle ?
LÉON
Charmante.
BARAZIN, très-vite.
Et vous voulez l’épouser ?
LÉON
C’est mon rêve.
BARAZIN, mêmè jeu.
Et elle vous aime ?
LÉON
Je me plais à le croire.
BARAZIN, de même.
Eh! bien, c’est bon, épousez-la et n’en parlons plus... Bonsoir I... (A se dirige vers le fond.)
LÉON, le ramenant.
Permettez, encore un mot...
BARAZIN.
Dépêchez-vous, on m’attend.
LÉON
Monsieur, j’ai un oncle qui est à cheval sur les mœurs.
BARAZIN.
Eh bien?,..
LÉON
Il ne consentira jamais à ce que j’entre dans une famille désunie.
BARAZIN.
Qu’est-ce que voulez que j’y fasse ?
LÉON
Tout, monsieur, tout I Si lorsque mon oncle va venir vous vous trouviez chez votre femme.
BARAziN, sautant.
Chez ma.... Jamais I monsieur, jqmais !
LÉON, le calmant.
Ah ! monsieur, faites-le pour votre fille, si jeune, si douce, si gentille... Ah I vous ôtes ému, je le vois.
BARAZIN.
Que le diable vous emporte I
LÉON
Vous consentez ?
BARAZIN.
Eh bien... oui... là... oui...
LÉON
Et quand mon oncle se présentera chez votre femme, vous serez là ?...
BARAZIN. t
Tout le temps.
LÉON
Et vous n'aurez jamais quitté le foyer conjugal?.,.
BARAZIN.
Jamais I
LÉON, changeant de ton.
Eh bien I monsieur, restez ici, vous ôtes chez votre femme.
BARAZIN.
Chez ma femme I Ah ! couquinas I C’est un guet-apens, je m’en vais. {Il remonte.)
LÉON, le ramenant.
Vous avez promis... une parole c’est sacré I BARAZIN, redescendant.
Eh bien ! c’est bon, je reste.
LÉON, voulant lui sauter au cou.
Ah [ monsieur, que je vous embrasse.
BARAZIN, le repoussant.
Allez vous promener 1... A-t-on, vu ce parpaillot I
LES FILLES DE BABAZiN
LÉON
Ah ! merci, monsieur... merci ! {Il ta ouvrir la porte de gauche et fait entrer madame Barazin.) Venez, ma-r dame, venez.