FIN
Dublin Commission Court, — (Séance du
7 juin 1884, présidée par M. le juge Lawson.) —
Denis M., âgé de quarante-cinq ans, fils d'un magistrat
du comté de Mayo ayant 25, 000 livres de rentes, est
accusé de polygamie. L'inculpé s'est marié cinq fois ;
sa dernière épouse est une cousine germaine à lui,
possédant une fortune de 10,000 livres de rente.
Plusieurs des femmes de l'accusé sont dans la salle :
M. les regarde tour à tour en poussant de gros
soupirs qui provoquent de nombreux sourires dans
l'auditoire, a Milord, dit l'accusé au juge, voilà deux
mois que je suis en prison; je me sens très faible, et
incapable de me tenir debout; voulez- vous me permettre de m'asseoir ?» La permission est accordée. Sur la recommandation de M. Stephen Gurtis^ défenseur de l'accusé, M., se déclare innocent.
M. Gurtis prend la parole : ^ Milord, dit-il, nous n'abuserons pas de votre patience, et nous abrégerons ces débats : l'accusé n'est pas responsable de ses actions, il est fou '. Il appartient à une famille des plus honorables, mais dans laquelle il y a eu plusieurs cas de folie. L'accusé a été lui-même enfermé quatre fois dans des maisons de fous, en Angleterre et sur le continent. y>
M. le D"" Banks dépose que depuis des années il est le médecin de la famille. Il affirme que l'accusé a le cerveau troublé.
Le Jury déclare que l'accusé est fou, et le juge ordonne qu'il soit détenu <c pendant le bon plaisir de son Excellence le vice-roi d'Irlande ».
En quittant le banc des accusés, M. envoie des baisers à ses cinq épouses.
Une altercation a lieu entre deux de ces dames, qui s'accusent réciproquement de s'être volé leurs toilettes et terminent la discussion en se prenant aux cheveux.
1. Sans aucun doute, un homme qui se marie cinq fois est fou à lier ; mais, sans la facilité grotesque avec laquelle on peut se marier en Angleterre, de pareils scandales n'arriveraient pas.
Extrait d'un compte rendu de séance à la Chambre des Communes, (1884). — mr. macfa rlane demande au ministre de l'Intérieur s'il a connaissance d'une cause qui a été jugée dernièrement à la Thames Police-Court, et dans laquelle un nommé Joseph D., accusé et convaincu d'avoir brisé les côtes d'une femme à coups de pied, a été condamné à payer une amende de dix schellings. 11 demande ensuite à l'honorable ministre s'il a l'intention d'améliorer la loi en ce qui concerne la brutalité des hommes envers les femmes.
SIR WILLIAM H ARCOURT, ministre de l'Intérieur, répond que la loi est excellente. Les magistrats ont le droit d'infliger des châtiments sévères chaque fois qu'ils le jugent convenable, et il n'est pas en son pouvoir de dicter à ces juges et à ces magistrats les condamnations qu'il leur convient de prononcer.
MR. MACFARLANE annouco quc, lorsque l'on discutera le nouveau projet de loi ayant pour but de protéger certains animaux, il proposera que, parmi les animaux, on comprenne la femme (Rires,)
Dans le cas où il paraîtrait par trop extraordinaire qu'un Anglais récitât ses grâces avant de prendre un verre de grog, je raconterai Tanecdote suivante, dont je garantis la véridicité.
Un clergyman de mes amis, curé delà paroisse de *** et professeur de mathérnatiques d'une des grandes écoles militaires de l'Angleterre , prenait un soir un grog au whisky avec un ministre de l'Eglise presbytérienne. Avant de porter le verre à ses lèvres, celui-ci fit remarquer à son compagnon « qu'il serait convenable qu'ils dissent leur benedicite,
— Pas pour un verre de whisky, mon cher ami, ce serait une moquerie, répondit le clergyman professeur.
— Mes ouailles me renieraient, si" je prenais du whisky sans réciter auparavant mon benedicite^ dit le presbytérien.
— Eh bien, voyez, reprit mon ami, comme les ouailles diffèrent ; mes brebis à moi me renieraient si je faisais mes prières devant un verre de grog. »
Encore une anecdote sur le chapitre des grâces. Celle-ci est bien connue en Angleterre.
Un évangéliste et un quaker se trouvaient à table dans une salle à manger d'hôtel. L'évangéliste, voyant là une occasion de montrer sa piété, dit au quaker :
« Si vous le voulez bien, je vais réciter les grâces.
— Ami, répondi le quaker, si tu le veux bien,
APPENDICE :m
nous allons nous recueillir... et rester silencieux quelques instants. »
Rester silencieux n'est pas l'affaire de Tévangéliste.
La piété sans bruit est un meuble inutile.
Un ouvrier, à l'apparence respectable, se présentait l'autre jour devant un magistrat pour lui demander conseil. «Votre Honneur, dit-il, je viens de finir des travaux pour un patron qui, au lieu de me payer les gages qu'il me doit, ne veut m'en donner qu'une partie en argent comptant. Pour régler la balance du compte, il m'ouvre crédit dans un public-house du voisinage. Je ne bois pas de bière et je veux savoir si mon patron a le droit de me traiter ainsi.
LE MAGISTRAT. — Insistczpouravoirvotre argent.
l'ou VRiE R. — C'est ce que j'ai déjà fait. Le patron me dix que je suis forcé d'accepter ses bons de bière. 11 est bien dur qu'un ouvrier sobre ne puisse travailler sans être obligé par son patron de boire ses gages.
LE MAGISTRAT. — C'est bien aussi mon opinion. Je ne vois pour vous qu'une chose à faire, c'est de citer votre patron devant la County-court. Cependant je crains bien que vous ne réussissiez pas, car malheureusement l'acte du parlement ayant rapport à la question des gages est loin d'être clair. »
A l'époque des moissons, c'est encore la coutume,
3±î APPENDICE
eu Angleterre^ cliez les fermiers, de forcer les laboureurs d*accepter des bons de bière en payement d'une partie des orages qui leur sont dus.