Ibidem, p
elle t'épargne le soin de faire deux élections. Quant à moi, je chercherai toujours à me rendre agréable. J'ai cinq ou six cent mille livres de rentes et tu te trompes joliment si tu crois que je vais me fâcher, parce que la Chambre des Communes a voté telle ou telle loi. J'ai le caractère trop bien fait pour cela. Je sais fort bien que je suis une cinquième roue au char de l'État; mais tu es trop poli pour me le rappeler, si je ne te fais pas sentir, de mon côté, qu'une cinquième roue peut quelfois jouer le rôle de bâton dans les roues. Je suivrai le bon et salutaire exemple de la reine : quand tu voudras les libéraux, tu les auras; quand tu voudras les conservateurs, tu les auras. De ton côté, tu continueras à me donner du noble lord par le nez comme par le passé ; moi, je prendrai le pas sur la richesse et l'intelligence. Je protégerai la littérature et les arts en éparpillant*.
1. C'est aujourd'hui la mode, pour la jeune aristocratie de TAngleterre, de réparer les pertes faites sur le turf en vendant les bibliothèques et les précieuses collections d'art de leurs aïeux.
parmi mes compatriotes, les bibliothèques et les précieuses collections que m'ont laissées des ancêtres beaucoup trop conservateurs; je protégerai la scène dramatique en entretenant plus d'actrices que jamais... Tu le vois, mon ami, nous pouvons très bien nous entendre. »
Si la Chambre des Lords meurr, elle aura la consolation de savoir qu'elle le doit, non point à ses ennemis, mais à ses partisans les plus ardents. Au reste, il est rare qu'un gouvernement ou qu'une constitution ne meure pas de la main de ses amis à outrance.
Nous avons dit aussi : t Les deux grands partis politiques sont de force à peu près égale... Le parli irlandais devient tous les jours plus national et il pourra se faire que, dans un avenir peu éloigné, le gouvernement ait à compter sérieusement avec lui*. »
Le fiasco de la campagne d'Egypte a beaucoup diminué la popularité du parti libéral, et il est
plus que probable que, s'il remporte encore la victoire aux élections prochaines, sa majorité au parlement sera réduite au chiffre de vingt environ. Of les partisans de l'autonomie de l'Irlande sont au nombre de quarante : il semble donc assez clair que M. Parnell, chef du parti national irlandais (Irish Home Rule)y sera avant peu vice-roi d'Angleterre. L'ami John Bull aura à choisir entre deux pilules assez amères : accorder à l'Irlande l'indépendance, ou conquérir l'île sœur vi et armis. La perspective n'est point brillante.
Dublin . Commission Court. — (Séance du 7 juin 1884, présidée par M. le juge Lawson.) — Denis M.,âgé de quarante-cinq ans, fils d'un magistrat du comté de Mayo ayant 25,000 livres de rentes, est accusé de polygamie. L'inculpé s'est marié cinq fois ; sa dernière épouse est une cousine germaine à lui, possédant une fortune de 10,000 livres de rente. Plusieurs des femmes de l'accusé sont dans la salle : M. les regarde tour à tour en poussant de gros soupirs qui provoquent de nombreux sourires dans l'auditoire, a Milord, dit l'accusé au juge, voilà deux mois que je suis en prison; je me sens très faible, et
incapable de me tenir debout; voulez- vous me permettre de m'asseoir? » La permission est accordée. Sur la recoi»mandation de M. Stephen Curtis, défenseur de l'accusé, M. se déclare innocent.
M. Curtis prend la parole : « Milord, dit-il, nous n'abuserons pas de votre patience, et nous abrégerons ces débats : l'accusé n'est pas responsable de ses actions, il est fou *. Il appartient à une famille des plus honorables, mais dans laquelle il y a eu plusieurs cas de folie. L'accusé a été lui-même enfermé quatre fois dans des maisons de fous, en Angleterre et sur le continent. »
M. le D** Banks dépose que depuis des années il est le médecin de la famille. Il affirme que l'accusé a le cerveau troublé.
Le Jury déclare que l'accusé est fou, et le juge ordonne qu'il soit détenu c pendant le bon plaisir de son Excellence le vice-roi d'Irlande ».
En quittant le banc des accusés, M. envoie des baisers à ses cinq épouses.
Une altercation a lieu entre deux de ces dames, qui s'accusent réciproquement de s'être volé leurs toilettes et terminent la discussion en se prenant aux cheveux.
1. Sans aucun doute, un homme qui se marie cinq fois est fou à lier; mais, sans la faciUté grotesque avec laqueHe on peut se marier en Angleterre, de pareils scandales n'arriveraient pas.
Extrait d'un compte rendu de séance à la Chambre des Communes, (1884). — mr. mac-.
FARLANE demande au ministre de rintérieur s'il a connaissance d'une cause qui a élé jugée dernièrement à la Thames Police-Courty et dans laquelle un nommé Joseph D., accusé et convaincu d'avoir brisé les côtes d'une femme à coups de pied, a élé condamné à payer une amende de dix schellings. 11 demande ensuite à Thonorable ministre s'il a l'intention d'améliorer la loi en ce qui concerne la brutalité des hommes envers les femmes.
SIR WILLIAM H ARCOURT, ministre de l'Intérieur, répond que la loi est excellente. Les magistrats ont le droit d'infliger des châtiments sévères chaque fois qu'ils le jugent convenable, et il n'est pas en son pouvoir de dicter à ces juges et à ces magistrats les condamnations qu'il leur convient de prononcer.
MR. MACFARLANE anuoncc quc, lorsque l'on discutera le nouveau projet de loi ayant pour but de protéger certains animaux, il proposera que, parmi les animaux, on comprenne la femme (Rires.)
Dans le cas où il paraîtrait par trop extraordinaire qu'un Anglais récitât ses grâces avant de prendre un vecre de grog, je raconterai Tanecdote suivante, dont je garantis la véridicité.
Un clergyman de mes amis, curé de la paroisse fle *** et professeur de mathématiques d'une des grandes écoles militaires de l'Angleterre, prenait un soir un grog au whisky avec un ministre de l'Église presbytérienne. Avant de porter le verre à ses lèvres, celui-rci fit remarquer à son conlpagnon « qu'il serait convenable qu'ils dissent leur benedicite,
— Pas pour un verre de whisky, mon cher ami, ce serait une moquerie, répondit le clergyman professeur.
— Mes ouailles me renieraient, si je prenais du whisky sans réciter auparavant mon benedicite^ ditle presbytérien.
— Eh bien, voyez, reprit mon ami, comme les ouailles diffèrent ; mes brebis à moi me renieraient si je faisais mes prières devant un verre de grog. »
Encore une anecdote sur le chapitre des grâces. Celle-ci est bien connue en Angleterre.
Un évangéliste et un quaker se trouvaient à table dans une salle à manger d'hôtel. L'évangéliste, voyant là une occasion de montrer sa piété, dit au quaker :
<^ Si vous le voulez bien, je vais réciter les grâces.
— Ami, répondi le quaker, si tu le veux bien.
APPENDICE .12t
nous allons nous recueillir... et rester silencieux quelques instants. »
Rester silencieux n'est pas l'affaire de l'évangéliste.
La piété sans bruit est un meuble inutile.
Un ouvrier, à l'apparence respectable, se présentait l'autre jour devant un magistrat pour lui demander conseil. <( Votre Honneur, dit-il, je viens de finir des travaux pour un patron qui, au lieu de me payer les gages qu'il me doit, ne veut m'en donner qu'une partie en argent comptant. Pour régler la balance du compte, il m'ouvre crédit dans un public-house du voisinage. Je ne bois pas de bière et je veux savoir si mon patron a le droit de me traiter ainsi.
LE MAGISTRAT. — lusistcz pouravoirvolre argent.
l'ou VRiE R. — C'est ce que j'ai déjà fait. Le patron me dit que je suis forcé d'accepter ses bons de bière. 11 est bien dur qu'un ouvrier sobre ne puisse travailler sans être obligé par son patron de boire ses gages.
LE MAGISTRAT. — C'est bien aussi mon opinion. Je ne vois pour vous qu'une chose à faire, c'est de citer votre patron devant la County -court. Cependant je crains bien que vous ne réussissiez pas, car malheureusement l'acte du parlement ayant rapport à la question des gages est loin d'être clair. »
A l'époque des moissons, c'est encore la coutume.
3i2 APPENDICE
en Angleterre, chez les fermiers, de forcer les laboureurs d'accepter des bons de bière en payement d'une partie des gages qui leur sont dus«
A Mistress John Bull I
Hors-d'œuvre.. 1
I. — Flirtation. — Sweethearting. — L'amour à la Joëlle étoile. — Où il y a de la gêne il n'y a pas de pUùiir.... 9
II. — Déclarations d'amour. — Baisers. — Insulaires peu obligeants.^ « ..•• 18
III. — L'amour dans le ménage. — La chambre à coucher de mistress John Bull. — Gomme on fait son lit on se couche. — Jeunes gens anglais et français. — Qonunent il se fait qu'il est quelquefois économique de voyager avec
sa femme 24
lY. — La cérémonie du mariage en Angleterre. — Le mariage civil. — Enlèvements. » Le mariage en Ecosse.
— Pièces à produire. — Encore la dot 38
Y. — Après le bal. — Petites confidences de ma femme. (Extrait du cahier bleu d'un Français marié à une Anglaise) • 45
YI. — • La beauté de l'Anglaise. — La toilette. — La coiffure*
— Conseils aux dames françaises. — Hyde-Park. — La ss^e de spectacle. — Routine, voilà bien de tes coups. . . 57
Yll. — Le mol et la chose. — Petite étude de langue anglaise. — Il a*e8t tel qu*uo télescope pour bien voir. — Mattc^ Dubiûs. — La lictngue du monde puritain. — La foire au salut. — Les' réunions du mois de Marie. — Are y ou pooty well ? — Un menu de circonstance. 69
YIIL — Les boas de raristocratie. — Lespèas jolies femmes de Londres. — Les factrices. — Les demoiselles de restaurant. — Les actrices et les figurantes. — Miss Mary Andersen 85
IX. — Le demi*mende. — Jolis sournois. — Le monde immonde. — La Société protectrice des femmes. — Amendes honorables et amendes bon marché 95
X. — Réflexions d'un innocent sur les femmes en général et sur les Anglaises en particulier. — Épttre à John Bull. — Les droits de la femme. — Un meeting orageux. — Viragos el autres laiderons britanniques de la Confrérie
de Sainte- Catherine 104
\ XI. — Les femmes do foyer : — Filles, épouses,, veuves et mères. — ■ Comparaisons. — L'hospitalité de mîstress John BuU. — La vie de province 118
XU. — Mistress John BuU restera chez elle, le... R. S. V. P. ~ Un propriétaire intelligent. — Signification du mot Concert. — La Conversa^ione. — L'Académie royale de peinture 141
Xill. — Les femmes de la famille royale. — Mistress Christian. — Minnie et Alec. — Le noble lord le poète-lauréat. — On demande une Académie anglaise 154
XIV. — L'institutrice et autres domestiques de la maison de mistress John Bull. — Dames de ménage. — Bonnes anglaises et françaises. — Chasse au voleur : le policeman ne rentre pas bredouille par extraordinaire 168