DIOGÈNE, PHIDIAS
DIOGÈNE
Tu sais ce qui m’arrive ?...
PHIDIAS
Oui.
diogène, riant.
On m’exproprie, je suis sans gîte, à la belle étoile ; je voula : s m’enrôler pour combattre un peu I acédémone à qui l’on va faire a guerre, je ne sais pas pourquoi... On m’a répondu que j’étais un chien et que les chiens étaient les seuls animaux qui n’eussent pas le droit de se faire tuer pour la patrie ; ou me reluse comme soldat et on prend Alcibiade pour chef.
piUDi/s, s'asseyant rêveur.
Alcibiade !
DIOGÈNE
C’est que je suis un chi n n qui mord, et qu’Alcibiade est un chien couchant. Il grandit en se faisant petit ; il s’élève à plat ventre ; les femmes le trouvent bien fait et disent aux hommes qu’il a du talent ; il rit pour faire voir ses dents et mange dans la main du riche; obi lesflatteurs'.. Vois-tu. Phidias, le médi-ant est la plus cruelle des bèies farouches ; mais le flatteur, c’est la plus da rigoureuse des bâtes privées, et dire qu’il y en aura toujours!.. Tiens!... il m’est venu une idée.
PHIDIAS
Laquelle ?
DtOCÈNE.
On devrait fonder une feuille... hebdomadaire ou quotidienne. .. cette, feuille pourrait s’appeler Journal et seraitrédigéo par une certaine classe d’hommes bizarres que l’on appellerait journalistes; — ces hommes ne laissaient rien passer ; ils alla queraient Aristophane et Lycurgue ; Miitiade et le peuple, les