SCÈNE VI
Les Mêmes, RAPHAËL.
Raphaël. {Il a un livre à la main, à lui-même.)
Cette enfant a vraiment une tôle de vierge ! Je suis bien sûr de m’en souvenir. (A un garçon qui passe.] Garçon, de la bière ! desgenais, se retournant.
Eh ! mais je ne me trompe pas, c’est Raphaël !
RAPHAËL
Desgenais! (ifs se serrent la main.)
desgenais, le présentant.
Raphaël Didier, uu vieux compagnonde misères, quand nous apprenions à devenir riches.
rapuael, saluant.
Messieurs, mesdames!. . . (Apercevant Marco.) Oh! qu’elle est belle! (Marco salue à peine ; les autres en font autant.) joSëpha, bas à Desgenais.
Desgenais ! Il est bien gentil, votre ami Raphaël. Joli profil. D’où vient-il?
DESGENAIS
l.e profil?... Il vient du grec. (Il quitte Josêpha et va auprès de Raphaël qu'il tire à l'écart.)
Raphaël, riant du salut de Marco.
Tudieu! quels grands airs !... Quelle est cette dame?
DESGENAIS
Cotte dame, c’est mademoiselle Marco, artiste du Théâtre Italien.
RAPHAËL
Elle a une tète adorable, mais... (riant) elle la porto un peu trop haut.
DESGENAIS
Ah ! dame elle a vu tout de suite que tu ne venais ni do la Bourse ni du Club.
rapiiael, riant.
Ah ! pour ôtro de scs amis il faut donc. ..
DESGENAIS
Il faut prendro ses habits chez Ferenbach, ses gilets chez Dusautoy, ses pantalons chez llonard, son linge chez Longueville, ses chapeaux chez Finaud et son esprit chez le changeur.
RAPHAËL
Diable ! c’est une amitié qui coûte cher !
desgenais. (Ils s'asseyent à gauche.)
Ah 1 jo t’en réponds ! mais parlons do toi, de nous. (Lui prenant la main.) Co cher Raphaël ! y a-t-il longtemps que je ne l’ai vu I Ah çà, quo fais-tu?
RAPHAËL
J’arrive de Rome, où je suis resté trois ans comrao premier grand prix de l’Institut.
DESGENAIS
Ab ! bah t
Je suis sculpteur... j’ai exposé cette année... le gouvernement m’a acheté mon Hébé... Je suis très-heureux. (Avec sentiment.) J’ai oncore ma mère.
DESGENAIS
Bon Raphaël ! Et ta fortune ?
Raphaël, gaiement.
J’ai placé dix mille francs, il y a un mois, et j’ai payé mon terme co malin. Et toi, que fais-tu ?
DESGENAIS
Moi... jetais les autres... je suis journaliste 1 et où demourestu quo j’aille te serrer la main ?
RAPHAËL
Rue do l’Abbaye, 23, une ancienne maison de religieux, de vieux arbres moussus et des murs tapissés de lierre au fond d’uno grande cour où l’on a laissé croître l’herbe depuis l’édit de Nantes. C'est à donner envie de se faire moine.
DESGENAIS
Ta mère est avec toi ?