‹ Les filles de marbre drame en cinq actes, mele de chant (volume 2)Chapitre 36 sur 77 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

car, tu le vois... jo ne les devine pas, et cependant je l’aime bien, va !

Mère!...

M m ® DIDIER.

Oh ! je t’aime autant que le bon Dieu !... Dame, je n’ai plus que toi au monde 1

Raphaël, avec amour *

Écoute, ne te fais pas do chagrin... c’est vrai que j’ai eu des idées. . . des chimères , mais ça se passera.

n mc uidier , assise dans son fauteuil, et Raphaël sur le bout do

la table.

Oh 1 si ça se pouvait!... songe donc, nous pourrions être si heureux tous les deux ; car enfin , moi , je suis une pauvre femme qui no sait rien faire ; mais si tu doviens un grand homme , j’en aurai une part tout de même , car enfin je suis la mère, et je* suis frère do toi... C’est bien pardonnable, n'est-ce pas ?

rahjael, arec des larmes et l’embrassant.

O ma chériei si tu savais lo bien que tu me fuis !

M m ® didier, joyeuse.

N’est-ce pas que c’est bon de pleurer sur le cœur de sa mère? on a beau être grand, on a beau être un homme, ça n'y fait rien, vois-tu, on n'est jamais un homme pour sa mère... rapuael, à lui-même, ai passant à droite.

0 mon Dieu! faites que je l’oublie !...

M“ c DIDIER.

Tu sais? je suis superstitieuse, moi : eh bien, il y a une chose qui m’a frappée !

Quoi donc?

H m * DIDIER.

C’est depuis que notre vieux chien est mort qno le bonheur nous a quittés 1... Il est mort ici dans ton atelier, en tournant scs yeux vers toi , puis vers moi... il avait l’air de te dire : Jo m’en vais, mais toi ne la quitte pas.

rapuael , s'agenouillant près d'elle.

Mais je no te quitterai pas, mère.

M œo didier, le pressant sur son cœur.

’ien vrai !... O mon Dieu ! mon rêve !... veux-tu le savoir...

topbaël, M m * Di-Jicr.

RAPHAËL

Oui... dis-le-inoi.

H me DIDIER.

Je voudrais que le bon Dieu t’envoyât une jolie petite femme bien douce , bien simple... qui t’aimerait bien et moi aussi.. Tu diras que c’est do l'égoïsme; mais que veux-tu! tous le* amours c’est pas autre chose.

RAPHAËL» à lui-même.

C’est vrai.

Jl“® DIDIER.

oh: comme je l’aimerais cette femme-là, comme je la gâterais !... Et si le ciel lui avait repris sa famille... comme je la remplacerais a\ec bonheur :

p . a p ii a rl , avec force.

Je te donnerai cette bru-là!

m“® didier , joyeuse.

Tibns , tu n’es déjà plus le même , tes joues ont repris leurs couleurs.

raphael, arec gaieté.

Oui , je te donnerai une fille comme celle de tes rêves , une pauvre enfant qui n’aura que nous et que nous pourrons aimer comme deux égoïstes que nous sommes. (Il se lève.)

m" 1 ' didier , se levant aussi.

O mon Raphaël !... comme je suis heureuse aujourd’hui !... Je ne crains plus rien , va !... tu vas travailler?...

RAPHAËL

Oui... l’inspiration m’est revenue.

M mc DIDIER.

Eh bien, je te laisse !. . . (Avec orgueil. ) Je sais ce que c’est qu’un altiste moi ! Adieu, à bientôt. (Elle sort.)

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