SS LES FILLES DE MARBRE
RAPHAËL
Et depuis T
DBSGEIMU.
Je u’ai plus rien aimé que le bordeaux et les écrevisses.
RAPHAËL
Et ta famille?...
dbsgenais, gaîté triste.
Je n’en ai jamais eu ; j'ai été découvert dans un éboule ment entre un mammouth et un mastodonte. (Se levant.) Mais il ne s’agit pas de moi, mais de toi; permets-moi de me réjouir do ta délivrance et accepte toutes mes folies en guise de feu d’artifice !... (Changeant de ton.) Non, mais là sérieusement, tu viens d’échapper à un grand danger. (Mouvement de Raphaël qui s’est levé.) Oui, mon cher; Marco est une... calamité, il y a une chose que tu ignores... je vais te la narrer... tu sais bien le jour de Madrid...
RAPHAËL
Oui.
DESGBNAIS.
Elle était gaie et rieuse, n’est-ce pas? Eh bien, mon cher... sir Maurice Lindey était parti huit jours avant pour l’Amérique, parce qu’il était complètement ruiné et ruiné par...
Raphaël, involontairement.
C’est impossible!
desgkkais, le regardant fixement, Raphaël baisse les yeux.
Ah! sacrebleu! tu n’es pas guéri!... au contraire!
RAPHAËL
Eh bien, non, non, mon ami, je l’aime I je l’aimel plus quo jamais!
DESGBNAIS.
Ah! sapristi ! voilàdonc mes craintes réalisées!... Mais, sacrebleu, mon bon !... il est peut-être temps encore, il faut soigner cela. ..Si tu veux aimer absolument, eh bien, aime une fermièro de la Benuce qui ne sera jamais venue à Paris, ou la fille de ton portier si elle n’a jamais été au Conservatoire ; aime une grisetio qui chantera faux et qui aimera juste, une ouvrière qui aura des caiiisaux mains et non au cœur... une créature bien simple qui gardera toute la semaine à sa ceinture, les fleurs que vous aurez cueillies ensemble lo dimanche, et tu pourras être heureux, Raphaël; mais si tu aimes Marco, tu es perdu.
RAPHAËL
Je me suis dit tout cela, Desgenais; mais c’est plus fort quo moi ; mon cœur ne peut se détacher de Marco, je n’ai plus qu’un désir, qu’une ambition, être aimé d’elle.
ACili 111.
DBSGEXAIS .
Oui, oui, je comprends : « être aimé d’une jeune fille chaste. ► certes, c’est une grande félicité; mais c’est la chose la plus » simple I. . mais être aim>‘ d'une courtisane, c’est une victoire » bien au'rementdi ficile. » (Commencement d’orage.) En poète a dit cela, et les honnî tes femmes ont battu des mains.. . mais qu’esi-ce que ça prouve? Voyons, acrebleiiî. .. un bon mouvement, un peu de ouragel. .. tâche de l'oublier. . . ( Jl le presse dans ses bras, puis remonte ; moment de silence. )
RAPUAEI..
Desgenais, l’as-tu vue hier?
dksgenaK, se retournant.
Ah 1 très-bien 1. . . [Avec colère. ) Oui, je l’ai vue.
Raphaël.
Je l’ai attendue une partie de la nuit sous ses croisées..»
DESGENAIS
(l’était une bonne idée 1. . . elle était au bah Raphaël, avee tristesse.
Au bal ?
DESGENAIS
Et elle y va ce soir, et puis encore demain probablement, et toute la vie comme ça.
RAPHAËL
A moins que je ne vienne à bout de la décider.. .
DESGENAIS
A quoi?
RAPUAEL.* '
A rien.
DFSGEXAtS.
Je gage que tu couves quelque absurdité imitée de l’abbé Prévost; mais, mon ami, je t’en previe >s! je si rat là, toujours là... avec mes conseils et ma lanterne. (L'orale commence ; éclairs, coups de tonnerre; Raphaël s'assied sur la table. ) Ah I ah 1 voici 1 orage. Tant mieux! J’étais las de cette teinte de cobalt étalée depuis huit jours sur toute la nature. Je ne connais rien de laid comme un soleil sans nuages. Ça me fait l’effet d’un œil sans paupières; et toi?
Raphaël, absorbé.
Hein ?. . . quoi ?
uksgknais, continuant sans y prendre garde
Et puis le soleil a cela de mauvais qu'il fait tout à coup éclore dans la poussière une myriade d’enfants criards avec des cer-
* Rcphaül, Detgentit.