SCENE PREMIÈRE
M“* DIDIER, MARIE. (Madame Didier est assise à gauche’, elle rêve. Marie est debout, devant le chevakl à droite, et regarde le dessin du troisième acte.)
MARIE, soupirant.*
Pauvre petit portrait! est-ce que Raphaël ne te finira pas? (Allant à la fenêtre qui est à gauche. ) Joli jardin que j’ai planté sous sa fenêtre, est-ce que Raphaël ne vous verra pas? (Elle arrose les fleurs en chantant d'une voix triste.)**
Air nouveau de M. Montaubry.
C’est le printemps qui recommence Avec les fleurs et les gazous I Dieu rajeunit notre existence,
Le ciel est tout plein d’espérance, |
La terre est pleine de chansons.
{Madame Didier prête tout d coup l’oreille, te lève et court d la porte
quelle ouvre.)
MARIE, s’élançant.
Est-ce que c’est lui ?
• M“® Didier, Marco. .
•* Marco, M“s Didier.
^0 LES FIL^E§ pElMARBRE.
M“® DiDipR, tristement.
^on. {Elle redescend et s’assied.) . /
luaiB.
11 reviendra, n’est-ce pas?
11 °’® DIDIER, assise.
n’^D saiE riOP, mon enfant.
HARIff,
Cependant, puisque c’^s^ demain votre fôtp.
M*"' DIDIER, aiec «n espoir.
Ah! vraiment! {Secouantla tête.) 11 ne s’en souviendra pas.
MARIE
Vous croyez? (Elle essuie uni larme,)
M®"* DiDiBB, l'embrassant.
Pauvre enfant!... tu l’aimes bien?
- MARIE
Dame... je vous aime tant!...
M"”® DIDIER, à elle-même.
Oh ! cette femme, comme elle nous a fait du mal !
MARIE, avec douleur.
Oh I oui ! c’est vrai !.. . et encore, elle ne le rend pas heureux, monsieur Julian me l’a dit!
M*"* DIDIER
Ahl... monsieur Julian...
MARIE
Comment peut-elle ne pas l’aimer?... elle qui le voit tous les jours !. . . moi, je ne l’ai vu qu’une fois, mais je ne l’ai jamais oublié, (^vec amour.) U m’a dit de si bonnes paroles ce jour-là I..* ç^étaieqt les premières que l'on me disait... et... (à part) cebai- (avec des larmes) le premier aussi... (arec douleur) et e dernier peut-être... (En disant ces derniers mQtselle passe à gauche de la table. On entend sonner l’Angélus au loin.)
M*”® DIDIER
L’Angelus!... viens, Marie, prions Dieu pour^'il nous rende celui que nous aimons tant toutes deux. '(Madame Pidier est assise. Marie s’agenouille au bout de la table, le dos tourné au public, joignant les nains.) Mon Dieu! protégez mon fils!. . . mon amour!... mon espoir!,.. Mon Dieu!... faites ^ue mon fils soit heureux 1... rendez-le au travail, (ict Raphaël parait 'au fond ; t'{ voit sa mère priant, il se découvre : les cloc^s tintent toujours. )
M""® DIDIER
Ce fils, mon Dieu !... c’est mon orgueil et ma joie !... c’est
* Marie, M®>* Didier.
ACtÉ V. 71
toiitè )à ric&e^e de ma pauvreté !... rendez-le à la vie calme ét heureusel... rendez-Ie à l’amour!... aux baisers de sa mère. {Raphaël, sans rieü dire, ôte son habit qu'il jette dans un coin, décroche son habit d'atelier et le passe.)*