SCENE ir
Les MÊMESj RAPHAËL.
, M“* lilDIER.
Ces cloches me font du bien. J’ai prié, et il me sëmMé c'est Dieu qui me répond.
RAPHAËL.'
Oui, c’est Dieu, ma mère.
M*” DiDiËR et MARIE, üvec un cri de joie.
Ahi ,, > . . , .
RAPHAËL, allant a elles. .
C’est Dieu ! et il vous dit ; « Le voilé, ton enfant prodigue; je K> lui ai envoyé le repentir et je le ramène. Pardonne-lui, bonne » mère, comme je lui ai pardonné. » {Il s'agenouilU devant $a mère.)
H*'* DIDIER, le couvrant de baisers.
Mon Raphaël !... mon enfant I . . .
RAPHAËL, se levant et prenant le milieu.** " ■
Ma mère!... Marie !... Je vous rétrouve toutes deux, et toutes deux priant pouC l’ingrat qui Vous oubliait !..l {Côilvraht de baisers la main de sa mère.) Pauvre mère !. . . quand je pense qu’fi y a deux mois que je ne t’âi embrassée I... deux mois pendant lesquels je ne t’ai pas dit une fois que je t’aimais!. . . Ohl.. . j’étais foui. . . la vie est si coUrtë!. . . on n’a pas dejk trop le temps d’aiiïiéir’sa mère.
m“* DIDIER, le regardant.
Enfin !... tu m’es rendu !... {Jvec inquiétude.) Comme tu es pftie !... Est-ce qné tu es malade ?
RAPHAËL
Oui... un peu... mais o’eil fîtir !... {Marchant avec un peu d’agitation.) Te revoilà donc, mou cher atelier... Je n’en sortirai plus... je veux m’y emprisonner... et vous y emprisonner vous-mêmes. {Avee foros.) Mon travail^ mes rêves, ma gloire, ma sœur et ma mère... mais c’est le bonhcurl.., cela!... Fermez la porte, Marie, fermez bien vile la porte pour qu’il ne s’en aille plus.***
* l^Atie, H‘°« Didier, Eapbaël.
Marie, Raphaël, M“® Didier. '
• jiiime Didier, Raphaël, Marie.
MARIE, descendant à droite, après avoir fermé la porte de l’atelier. Que je suis heureuse ! -
RAPHAËL, reg'flrdmii sa mère. ‘
Pauvre mère!... Dis donc, toi qui parlais... sais-tu que tu es joliment pâle aussi...
M“* DIDIER
Mais DOD...
MARIE
Dame !... maman ne dort plus depuis que vous êtes parti ! elle passait toutes les nuits à la fenêtre. - . '
RAPHAËL
Pauvre mère !... (/I l'embrasse.)
MARIE. , -.J ;
3’en ai passé aussi. {Elle s’approche de Raphaël.)
RAPHAËL
Chère petite Marie ! [Il l’embrasse.) Puisque me revoilà, mère !... je veux que tu ailles prendre du repos tout de suite pour te rattraper.
1 M“* DIDIER
Mais non. . . mais non.
RAPHAËL, riant.
Ou bien, je m’en retourne.
M“® DIDIER
Oh ! ne dis pas ça.
RAPHAËL
Eh bien, alors, fais ce que je veux, bonne mère... va te reposer et fais de beaux rêves.
' M“* DIDIER
Où tu seras !
" RAPHAËL
Parbleu !... {H l’embrasse encore.) Au revoir, mère! Au revoir.
M“* DIDIER
Oui, oui, à bientôt, mj^ Raphaël, à bientôt... Ohl comme j’ai bien fait de prier! {Èüe sort.)