ACTE II
MADAME FONTENAY^ sortant le voile du coffret.
Oh! mais c'est très-joli!
MARIE; toute joyeuse.
Tu trouves?
MADAME FONTENAY
Ah ça ! ce n'est pas toi qui as brodé ce voile?
MARIE^ rouge de plaisir.
Mais si, maman, c'est moi. Blanche m'a bien vue...
BLANCHE, au food, avec humeur^ à Pierre qui lui remet u'. ecrin.
Vous êtes cause que je suis arrivée la dernière.
MADAME FONTENAV.
C'est un travail de fée.
MARIE
Vrai?...
CLAUDE, à part.
Pauvre enfant ! est-elle heureuse !
MADAME F0?sTENAY.
A la bonne heure, au moins. Ah ! tu as eu du mal pour acquérir ce talent-là ; car, tu t'en souviens, tu étais assez maladroite et assez paresseuse...
MARIE, intimidée.
Maman...
CLAL'DE, à demi-voix, Irès-respectueux.
Ces deux mots-là étaient peut-être de trop, madame.
MADAME FONTENAY, étonnée.
Plaît-il?
JUSTIN, qui est revenu à Marie.
Votre bouquet, mademoiselle.
MARIE, joyeuse.
Ah!... (Justin V3 au fond, Marie re'ève vivement quelqnes-unes des fleurs qui ont perdu un peu de leur syme'trie.)
BLANCHE, plaçant devant les yeux de madame Fonlenay sou e'crio tout ouvert, et en lui donnant son bouquet.
Voilà mon cadeau, à moi !
* Justin, Marie, Blanche, Madame Fontenay; George et Claude au foad.
ÔG CEXDRILLON
MADAME FOMENAY, avec un cri de joie.
Ton portrait?... (Madame Fontenay^ dans sa précipitation à prendre ' ecrio, a laissé glisser à terre le voile de Marie. — Marie, qui allait s élancer à ce moment vers sa mère^ s'arrête tout à coup indécise.]
MADAME FO>'TEN AT, qui a tout à fait oublié Marie.
Oh ! quel chef-d'œuvre ! c'est frappant !
BLANCHE
Tous tes peintres me faisaient laide, j'en ai cherché d'autres.
MADAME F ON TE N A Y
Mon enfant, tu ne pouvais rien me donner qui me fît plus de plaisir.
MARIE^ se détournant pour caciier ses larmes.
Mon pauvre bouquet!"
JUSTIN, a part.
Et dire que c'est moi qui suis cause... (se donnant des coups d( poing et pleurant.) Imbécile, va !
CLAUDE^ à Marie.
Donnez donc votre bouquet, mademoiselle.
MA RIE, tristement.
A quoi bon? il irait rejoindre mon voile, maman ne pense déjà plus à moi.
MADAME FONTENAY
Je ne puis me lasser d'admirer ce portrait!
CLAUDE, bas à Marie, la poussant vers sa mère. Je VOUS en prie... (Warie s'avance doucement, et offre tiraidemeni son bouquet que madame Funtenay ne voit pas encore.)
BLANCHE, l'apercevant la première.
Ah! maman, Marie qui a des fleurs du lac.
MADAME FONTENAY
Des fleurs du lac !... Et comment le les es -tu donc procurées, Marie?
MARIE
Mais...
' Justin, Claude, Mai-ic, Madame Foutenay, Blanche, George