‹ Les filles de marbre; drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 128 sur 167 · SCÈNE VII ANTOINE, MADAME FONTENAY · texte numérisé non relu

SCÈNE VII ANTOINE, MADAME FONTENAY

*IADAME FOJiTENAY, s est assise sur le canapé, reganljnt Antoine qii reste debout. Avec étonnement.

Vous ne vous asseyez pas?

ANTOINE

Non, ma tante; je... je sais trop bien ce que je vous doi?, pour...

MADAME FONTENAY, à part.

Ail! mon Dieu! mais Blanche avait raison; c'est une transformation complète.

ANTOINE, de plus en pins embarrasse de lui-même.

Vous... vous êtes étonnée de rm revoir, n'est-ce pas, ma tante?

MADAME FONTENAY

En effet, je Tavoue.

Ah ! je vas vous dire... Mais je ne vous dérange pas? vous n'alliez pas dîner?...

MADAME FONTENAY, souriant.

Non, monsieur Antoine, pas encore.

ANTOINE

Ah ! faites excuse... ma tante; mais c'est que, vous savez, dans nos campagnes, c'est ordinairement à deux heures que... mais enfin... c'est égal... une supposition que je vous dérangerais, je pourrais revenir?...

MADAME FONTENAY

Vous ne me dérangez pas, vousdis-je, veuillez donc m'expliquer...

ANTOINE

Ilein 1 heml... voilà ce que c'e^t, ma lante : Quand je

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vous ai eu quittée^ l'autre jour... je me suis en allé comme ça, tout doucement, au pas de la Grise, enfin... piane, plane, quoi!... J'avais un bon ruban de queue à faire pour regagner la Itrme... et, cependant, je ne sais pas pourquoi, je ne me pressais pas. La Grise s'arrêtait, detemps en temps, pour dire deux mots aux buissons et croquer les jeunes pousses de ci et de là, et je la laissais faire, parce que... tant il y a que je réfléchissais sur notre conversation du tantôt. Je me disais comme ça, dans mon for intérieur, que vous aviez peut-être raison et que moi je n'avais peut-être pas tort; mais que, néanmoins, c'était pas encore une raison pour que, entre parents... enlin, j'avais quasi regret de ce que je vous avais dit...

MADAME FOiSTENAY.

il y a toujours du mérite, Antoine, à reconnaître...

ANT01>'E, vivement Pt ru s'afseyauc.

Ah ! distinguons, ma tante, c'est pas à dire que je doute de la bonté de ma cause, et que, au cas où ce que j'ai à vous proposer ne vous agréerait pas, je sois disposé à renoncer à... Ah! mais nun!...

MADAME FONTENAY

C'est bien, Antoine, et je n'ai pas l'intention de surprendre votre religion.

ANTOINE, étonné.

S'il VOUS plaît? Ah! vous 5-avez, je ne suis pas un païen, mais...

MADAME FONTENAY, avec un n»ouvenoenl imperceplibie d épaule.

Monsieur Antoine, voulez-vous être assez bon pour en arriver au but de votre visite? ^

ANTOINE, troublé.

Pardon, ma tanle, mais, vous savez, je vous ai mise à votre aise, et si vous aviez affdire... je pourrais...

MADAME FONTENAY, avec impatience.

Mais non, monsieur Antoine, je n'ai, je vous le lépète, rien de mieux à faire que de vous écouter; m.iis encor»» faut- il que je comprenne ce que vous voulez me dire.

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