‹ Les filles de marbre; drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 161 sur 167 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

n'importe !... Je youj» le jure encoiRe, si vous Texigez, je renonceierai à cet amour, George y renoTicera lui-même, j'en réponds... S'il le faut, même demain, il me haïra, et il retournera auprès de Blanche, et il redeviendra pour elle ce qu'il était il y a quelques jours, et Blanche sera heuieuse! et vous serez heureuse au^t^i, ma mère.

MADAME FOMENAY, au paroxysme de l'agilatiOQ.

Et toi, tu mourras, dis- tu?

MARIE

Qulmpoite?

MADAME FONTENAY, avec des larmes.

Mais je ne veux pas que tu raein-es non plus, toi'.... mais je ne veux pas que tu souffres non plus î

MARIE, qui peut à peine se conleair.

. Ma mère!

MA D A ME F 0 N T EN A Y , dans le plus graud désoi dre.

Que faire? mon Dieu! que faire?... Mais cet homme-là va donc me tuer mes deux enfants, à présent?... Avfcun ^r ; Ah! oui...»c'est cela... nous partirons toutes trois, nous quitterons la France, l'Europe. Il ne sera ni à Tune, ni à Tautre, et je saurai bien vous forcer à roublier!..« je saurai bien vous forcer à vivre pour moi, pour votre mère!,.. Mais je ne veux pas que tu te sacrifies! je ne veux pas que tu sois malheureuse!... 'La serr^-i*' loutre ?or. rœur.> Marie! m.i fille!...

MARIE, ne se contenant plus et avec un cri.

Ah! tu l'as redit:... c'est bien cela! et je te retrouve, inu mère!... ma mère!... Oh! parle en-core! embrasse- moi encore', encore!... (Elle est à genoux devaul sa mère.)

MADAME FOMENAY, l'embrassant et a-vec terreur.

Eh bien! qu'est-ce que tu as? Est-ce que tu vas devenir folle aussi, toi ?

MARIE, riant et pleurant en même temps.

Non, non, chère mère !... Je voulais avoir le dernier mot de ton cœur! ce dernier mot, que tu ne me di.^ais jamais!... Je t'ai trompée! je ne l'aime pas, ma mère !... Je n'aime que toi au inoude, je te le jure devant Dieu! Sur 1j vie, je ncraiiiie paal je ne l'aime pas!...

128 GENDRILLOX

MADAME FOiMKNAYj après un mouveraeutde stupéfaction, couvraut Marie de baisers convulsifs.

Ah! méchante enfant ! que tu m'as tait de mal!...

MARI E, avec amour.

Oh ! chère mèrj ! que tu m'as fait de bien !

MADAME FONTENAY, l'entourant de ses Lras.

C'est donc bien vrai, que je ne t'aimais pas autant qu'elle,

pauvre petite? (Lui prenant la tête dans ses mains.) Oui, aU fait!

tes yeux sont rougis!... Tu as souvent pleuré? Oh ! pardon, encore une fois, Marie, pardon !... Je me souviens de tout, maintenant, de tout ce qui m'échappait jadis î... de ces riens j comme disait Claude, qui étaient des mondes pour toi, pauvre sensitive!... (L'embrassant follement.) Oh ! liens! j'aipcur, maintenant, de t'aimer plus qu'elle!... (Se souvenant.) Mais , mon Dieu! j'y pense!... et George? Qu'importe que tu ne* l'aimes pas, s'il t'aime, lui? (Elles se lèvent.)

MARIE

S'il m'aime? (Souriant.) Oh! s'il m'aime, je sais bien pour-» quoi; je ne me trompe pa?, va ! Et, je te le jure , bientôt il ne m'aimera plus que comme une sœur, comme une amie !

MADAME FONTENAY

Que veux -tu dire?

MARIE

Tu le sauras plus tard... Laisse-moi faire... aujourd'hui même. Blanche sera consolée, heureuse ! Vous verrez, tu verras, ma mère... Retourne auprès de Blanche. Tout à l'heure, je lui ai dit d'espérer... dis-le-lui encore! va, va"! *

MADAME FONTENAY

Et toi ?

MARIE, se jetant dans ses bras.

Moi?... Tu m'aimes, je ne désire plus rien au monde ! A

tout à l'heure, à tout à l'h'^^'UrC. (Madame Fontenay sort par la droite."-

* Marie, Madame Fontenay.

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