ACTE V
M AD A ME FUMENAV.
Jalouse I...
MARIE, Irès-froidc.
Est-ce que vous ne vous en cloutiez pas, ma mère?...
MADAME FOM ENAY.
Alors, tu es jalouse... ou du moins lu étais jalouse de son bonheur?
MARIE
Oui, jalouse de ce bonheur qui venait de vous, et que je n'ai jamais partagé avec elle ; jalouse de vos baisers, que vous n'avez jamais partagés avec moi.
MADAME FOMENAY, à part, avec effroi.
Oh ! mon Dieu ! mais alors, George est perdu pour Blanche!... (Haiu, à Marie.) Vovous, Marie, il ne s'agit pas de cela en ce moment; si jai été injuste envers toi, je t'en demande
pardon... (Mouvemem tout anssilôl contenu de Marie.) Mais Ce u'cst
pas sa faute, à elle, tu ne dois pas la punir de mes torts en lui enlevant l'homme qu'elle aime, Marie, car elle Taime, lu le sais ?
MARIE, comme lullanl conlie elle-même.)
Eh bien... moi aussi je l'aime, ma mère !
MADAME FONTES A Y
Toi?... tu l'aimes?
MARIE
Oui, ma mère... Ah! vous n'aviez pas pensé à cela... vous n'aviez pas pensé, non plus, que l'on pùl aimer la petite Gendrillon, n'est-ce pas, ma mère?
MADAME FO?\TE>'AY , regardant curieusement Marie.
Oh ! mais tu ne m'as jamais parlé ainsi !... Tu me fais peur !...
MARIE , avec des larmes qn'eili peut à peine contenir.
Peui... pour elle?...
MADAME FONTEyAY^ la regardant toujours.
Non, ce n'est plus toi... je ne te reconnais plus.
MARIE
Ah l c'est qu'aussi je suis bien changée!... Hier, je vou-
lais mourir, et aujourd'hui je ne le veux plus... Mourir! à quoi bon ?... je ne serais pas pleurée!
.MADAME FONTENAY, vivement.
Oh! tais-toi, tais-toi, Marie!... Mais c'est horrible ce que tu dis là!... (voulant l'attirer.) Voyons, vlens i'i,près de moi...
(Marie résiste.)
MADAME FOÎSTENA Y , que I émotion commence à gagner.
Ah ça ! mais tu me hais donc aussi maintenant ?
MARIE, qui va s'élancer.
Moi?... (s'arrêtant et luuani encore.) Oh ! nou, ma mèrc^ mais vous m'avez tenue si longtemps éloignée de votre cœur, que je n'ose plus m/en approcher mainlenant.
MADAME FONTENAY, très-sgitée.
Voyons, Marie... ce n'est pas possible... tu ne peux pas penser tout ce que tu me dis là?... ou du moins, si tu le penses... oh! si tu le penses, je suis tranquille, je saurai' bien te prouver que tu te trompes... Mais, encore une fois, il ne s'agit pas de nous,., il s agit de ta sœur, il sagit de George...
MARIE, implacable.
Je l'aime, ma mère... je vous l'ai dit.
MADAME FONTENAY
Mais tu ne peux pas l'aimer comme Blanche l'aime î... ton amour, à toi, ne date que d'un jour.
MARIE
C'est vrai, ma mère, mais... pour Cendriilon, hier c'est déjà vieux; car, moi, je n'ai pas été habituée, comme Blanche, à compter le bonheur par années.
MADAME FONTENAY, comme folle;
C'est un parti pris, n'est-ce p:is?... Eh bien... et Blanche... qu'est-ce qu'elle va dt'venir alors?,,. Et qu'est-ce que je vais devenir raoi-iiiêi:i-- ?
MARIE, à part, iuilam lo'.ijouis conl;e :-on émotiou.
Pauvre mère !... Oh ! mais c'est égal... j'aurai le courage d'aller jusqu'au bout... (ir.ui.) Voyons, ma mère, parlez, que faut-il faire ?... ord(innez, je vous obéirai, je vous le jure!... (Appny.nt en rpt;i,ri.i.; sa mer-3.) J'en JM-iUirai pcat-être, mais