ACTE DEUXIÈME
JOSEPH A
Oh! lo? mots n) font rien... Mais Marco a raison... vous al^usez (Its boutes que l'on a pour vous.
JULIAN
Vous appelez ga des bontés?
MAULÉON
Comment!... aurais-tu été assez heureux pour toaclier le cœur de la charmante Josépha ?
JULIAN
Non, non, il n'est pas question de ça.
JOSÉPHA
Plaît-il?
JULIAN, riant.
Rien, rien...
FRANCIS
Allons, je vois que tu es un ingrat, Julian.
JULIAN, se levant et passant au milieu. "
Oh ! messieurs, ne parions pas d'ingratitude devant ces dames.
MARCO, avec noncliaîance.
Pourquoi ?
Parce qu'il ne faut pas parler de coi de devant un pendu. (Marco sourit et hausse les épaulos.) Yous souriez. ^îarco. Yovons, franchement, aimez-vous ceux qui se ruinent pour vous plaire? accordezvous une fleur de votre bouquet à celui qui soupire, une larme à celui qui meurt ?
MARCO, raillant. '
Écoutez ! écoutez !
JULIAN
Pardieu ! je vous connais! et, je le répète, vous êtes les muses de l'ingratitude, et c'est bien fait pour l'humanité... ça lui apprendra à yous croire bonnes sous prétexte que vous êtes belles.
MARCO, bâillant.
'>4cidément, j'aime encore mieux Desgenais. JOSEPH A, toujours en colère.
Mais enfin, voyons...
UÂ^GO.
Oh! assez, heini
JOSÉPHA
Non, car ça me révolte, ça. fon rit.) Si nous sommes si mauvaises que vous le dites, pourquoi nous recherchez-vous? pourquoi venez-vous à nos bals, à nos fêtes?
JULIAN
Parce que j'aime le bruit et les lumières.
MARCO
Mais, si nous sommes si dangereuses, ne craignez-votis pas pour votre cceur^ pour votre repos ?
Non, non; je suis assuré.
MARCO, riant.
Prenez garde!
JULIAN, se rapprochant d'elle.
Je vous en déûe!
MARCO, le regardant fixement.
Eh bien ! (Reprenant sa pose nonchalante.) Ah bah ! non, il fait trop chaud! (On rit.)
MAULÉON
Belle Marco, toujours aussi indifférente?
JULIAN
Puisque je vous dis que Marco n'aime rien^
MARCO
Plaîtr-ii?
• ACTE DEUXIÈME. 2o
JULIAN
Ah! si!... pardon! (a demi- voix, aux autres.) J'oubliais la chanson.
TOUS
Quelle chanson? '
JULIAN
Une chanson sur Marco.
MARCO
Hein? Ah! oui, des méchancetés en vers...
Précisément!
Oh! chantez-la, allez!
Vous le voulez?...
Oui!... oui!...
TOUS
Oui!... oui !... chantez!... Il n'y a personne. " JULIAN, à clieval sur une chaise an milieu; Juliette, Josi'pha et Fœdora groupées autour de lui.
Premier couplet!...
Air nouveau de Moiitauhnj.
Aimes-tu, Marco la belle, Daiîs les salons tout eu fleurs, La joyeuse lilournelle Qui fait ■bondir les danseurs?
Aimes-tu, dans la nuit c^ mbre, •. Le murmure frémissunj ^
Des jU'Ui>liers qui dans l'ombre Chuchotent avec le vent?
Non, non, non, non!
Marco, qu'aimes-tu donc?
MARCO
JULIAN
MARCO
Ni le chant de la fauvette?
Ni le murmure de l'eau?
Ni le cri de l'alouette? Ni la voix de Roméo ?...
(Brnit de pièces d'or.
Non, voilà ce qn'aime Marco.
(julian se lève et se rapproche de Marco ; les autres personnages versent du Champagne.)
AimeS'tu les chants de joie, De l'orgie ardent signal, Lorsque la raison se noie Dans les coupes de cristal?
Aimes-tu les orgues saintes Jetant leurs divins accents.
Qui ressemblent à des plaintes Kt montent avec l'encenà?...
Non, non, non, non!
Marco, qu'aimes-tu donc?
Ni le chant de la fauvette?
Ni le murmure de l'eau ?
Ni le chant de l'alouette?
Ni la voix de Roméo?.. .
(Bruit de pièces d'or.) Non, voilà ce qu'aime Marco.
(jolian remonte un peu vers le fond.)
MARCO
Julian I ... mais il doit y avoir un troisième couplet à cette chanson-là ?
JULIAN
Parbleu!... Garçon !... du Champagne !... et le troisième couplet.
Aimes-tu, quand tu t'égares Dans les profondeurs des bois, Les éclatantes fanfares Suivant le cerf aux abois?..*