ACTE DEUXIEME
Ah ! voyon?, Jos^pha ! on ne fait pas d'affaires ici ; allez à la Bourse ou devant Tortoni.
J 0 s É P II A .
Monsieur Julian, vous ne savez ce que vous dites ; c'est pour une bonne action, et on en fait partout.
JULIAN, riant.
Ne dites donc pas de farces, Josépha.
JOSÉPHA
Plaît-il?... (Souriant.) Monsieur Mauléon... combien mettrai-jc?...
MAULÉON
Mettez dix francs...
JOSÉPHA
Voilà!... Ah! mon Dieu!... j'ai mis un zéro de trop I
MAULÉON
• Oh ! laissez-le puisqu'il y est.
JOSÉPHA, passant à gauche.
C'est très-gentil !... Et vous, monsieur Francis...
FRANCIS
La même chose, mais n'ajoutez rien cette fois !
JOSÉPHA
Que ce Juhan est insolent, quand j'y pense!
JULIAN, riant.
Tiens, cette réflexion...
MARCO
Lç fait est qu'il abuse un peu de la permission qu'on lui laissq de tout dire.
JULIAN
One voulez-vous! ça me réussit.
josépha; elle s'assied près de Francis,
Lefall
%t LES FILLES DE MARBRE.
FRANCIS
Tl (lit vrai, mesdames, et, ma foi!' c'est ijien volrc faute, vous le (.âlez trop.
JOSÉPHA
Et il mord les mains qui le flattent.
JULIAN
C'est exprès!... vous n'aimez que ces gens-là; demandez à Desgenais.
MARCO
Notre Diogène!.,. Ah! ma foi!... il m'amuse, lui.
JULIAN, à Josépha.
Vous voyez?
JOSÉPHA
Oui, mais Desgenais a presque de l'esprit au moins...
JULIAN
Eh bien, moi, je ne suis que presque béte. (Fredonnant la fm do l'air (le Joseph.)
Combien de femmes en ce monde Ne pourraient pas en dire autant.
JOSÉPHA, se levant, avec colère.
Est-ce pour moi que vous dites ça?...
JULIAN, riant.
Mais non, mais non. Quelle querelleuse que cette Josépha!
JOSÉPHA
Non; mais c'est que vous avez toujours l'air de me mécaniser^ et je n'aime pas ça, moi!...
Qu'est-ce que c'est que ce mot-là? (Riant.) Depuis que Marco l'a fait entrer dans ies chœurs des Italiens, Josépha se croit dispensée de parler français.