ACTE I
BLANCHE
Colle paiivie fille ! je crois la voir encore, avec sa longue laille, ses longs bras^ et ses longues anglaises, qui tombaient de chaque côté de ses longues joues!... En me parlant, elle promenait un long regard dans toutes les parties du salon où nous nous trouvions... puis, tout à coup, elle s'est éloignée de moi, sur ses longues jambes, sans même me dire adieu... Elle étail maigre ! mais, maigre à n'en plus finir !... Eli bien ! c'était son mari qui l'avait desséchée comme cela... parce qu'il faisait la cour aux autres femmes... et que Betzy était jalouse... Elle ne m'avait quittée si vite que pour courir après son infidèle... et l'on m'a dit qu'elle courait ainsi après lui depuis le premier jour de son mariage... et il paraît qu'elle court encore. Oh! mais moi, je ne serai pas si sotte, je ne veux pas maigrir.
•MARIE
Blanche, la jalousie ne se commande pas.
BLANCHE
Tu crois?
J'en suis sûre.
MARIE
BLANCHE, riaut.
Eh bien! alors, j'en reviens à ma première idée... Si George m'est infidèle, je le tue! voilà!...
MARIE
George t'aime, et il t'aimera toujours... Tu est née heureuse... tu mourras heureuse...
BLANCHE, l'embrassant.
Merci de l'horoscope, ma bonne petite fée! Car je l'aime tant aussi, mon George!... Je peux bien dire mon George, n'est-ce pas, puisque maman me l'a donné?... J'aurais bien voulu le voir en uniforme... comme ce petit ruban rouge fait bien à sa boutonnière ! Et est-ce heureux, tout de même, que messieurs les Russes l'aient blessé si adroitement ! car, enfin, il aurait nu avoir une jambe ou un bras de moins...
MARIE
El... dans ce cas?
18 GENDRILLO-\
Dans ce cas?... Oh! je suis sûre que je l'aurais aimé tout de même.
MARIE
Bien! Blanche.
BLANCHE
C'est égal! je Taime mieux comme il est.
ANTOINE^ après avoir clierché, los apercevant.
Ah!
MARIE
Qu'est-ce que c'est que cela?
BLANCHE^ qui a rcjardé au fond.
Ça... c'est monsieur Antoine, notre beau cousin.