‹ Les filles des champs vaudeville en un acteChapitre 7 sur 42 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ANA fOLE, seul.

Air de Mi mi Pinson.

J’ai quitté la verto prairie,

J’ai laissé là mes moutuus blaucs,

Pour t’offrir, ô ma douce amie,

Ces fleurs qui naissent dans les champs ;

Quand je demande ma bergère Aux tendres échos d’alentour,

Pivoine, que ta voix légère Réponde à mon doux chant d'amour!

Réponds à mon doux chaut d'amour!

(il joue la ritournelle sur sa musette.) P.ÎS de réponse! Elit' repose Sans doute!... (il va poser aa houlette et sa musette sur le tas de foin, à gauche.) Mon anecdote est bien simple : clerc de notaire à Béliers, j’hérite de dix mille livres de rentes el j’arrive à Paris, plein d’illusions et d’ivresse. — Je dine à In Maison d’Or, je me flanque une indigestion ; je vais danser à Mabille avec les nymphes de ce lien; je polke inconddérément, et j’attrape une fluxion de poitrine. — Je recherchai alors des plaisirs plus tranquilles et je rencontrai une jeune rentière qui me plut, à qui je plus et qui me plu... ma pas mal de billets de mille... Je me retournai du côté d’une veuve du faubourg Saint-Germain, qui tnc fit gober un faux veuvage, un faux titre et de fausses rentes... J'allais convoler quand un de mes amis m’éclaira sur cette entreprise... Il y a toujours des gens qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas... et c’est fort heureux... Enfin, un beau jour, c’était une nuit, au bal de l’Opéra, je rencontre une femme taillée comme une sylphide... elle avait un loup et moi un faux nez... Je lui offre une glace, elle accepte; je lui dédie un bâton de sucre de pomme, elle le croque... — Je lui propose alors un cachemire iliétry? A ce mot elle m’envoie une giffle, en me répliquant : — Voici" mon adresse!... et elle se perd dans la foule. *— Je tiens une vertu, m’écriai-je! et je m’élançais sur ses traces, quand mon ami, celui qui sc mêle de tout... et c’est fort heureux... mt> relint en me disant : elle est scandalisée, parce que vous ne lui

avez pas offert un cachemire des Indes! 0 femmes!... femmes !... je dis adieu aux robes de nmire au( ique , aux chapeaux à plumes !... — Arrière, femmes des villes qui vivez dans le cachemire et dans le mensonge!... arrière, filles de marbre !... syrènes du château d’Asnières et du bois de Boulogne !... Place! place aux filles des champs qui portent des sabots!... Et voilà pourquoi je suis venu vivre dans le Berry !... Déjà mon cœur est touché par un jupon court, un bavolct et des Das bleus... qui répondent au nom de Pivoine... et je viens lui offrir un bouquet de bluets et de coquelicots cueillis dans les blés, ce qui ne coûte pas vingt francs comme chez madame Prévost! — Charmons son réveil par les accords de cet instrument primitif, (u reprend

sa musette et joue un air.)

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