ANATOLE, PIVOINE
PIVOINE, sortant du corps de logis à droite.
Quoi que c’est donc ce train-là?... Comment, c'est vous M. Anatole qui tapagez comme ca?
ANATOLE
Si j’ai joué fortissimo, ô belle Pivoine! c’était pour hâter voire venue, et pour vous offrir ces fleurs encore humides des larmes de l’aurore, (u lui offre le bouquet.)
PIVOINE, prenant le bouquet.
Quoi que ça veut dire?
ANATOLE, à part, allant remettre sa musette sur les foins.
C’est juste !... parlons-lui berrichon... le langage maternel... (Haut.) Différemment, mam’zelle, si je vous demandais mèmement, la perraettance de vous dire quelques folletés ou trigauderies....
PIVOINE
Hein ?
ANATOLE
Différemment depuis que j’ai pris mon accoutumance dans ce pays, je bourine à laparfin, d'étre à votre plaisance...
PIVOINE
Quoi?
ANATOLE
Si vous m’accordez la dédommageance de mes bons comportements, je deviendrai pour vous un fafiot plein d’attachance!...
PIVOINE, à elle-même.
Ah! ça ! quoi qu’il me chante là?... (Haut.) Mais je ne vous comprenons plus au tout.
Cependan t, je vous parle berrichon ... la langue de votre pays . . . quoi?
PIVOINE
Ça ! du berrichon!... c’est du baragouin !