SCENE IV
CLÉLIA, LUDOVIC.
Ludovic paraissant à la porte du fond.
Clélia!...
clélIa, se levant et poussant un cri.
Ah!., c'est lui'., vous voilà donc, Monsieur, je vous revois... et avec de bonnes nouvelles...
LUDOVIC
Oui... oui... plus rien à craindre !.. Marguerite, votre sœur... est sauvée !..
çlélia, avec joie.
Tout à fait rétablie. . plus forte et mieux portante que jamais!.. Mais ce n'est pas par vous que je le sais... car à peine si vous m'écriviez... et des lettres insignifiantes!..
LUDOVIC
Le moyen de faire autrement... Margueritte qui ne rêve qu'à vous, Margueritte qui vous adore... était là... toujours là... derrière mon épaule... me regardant écrire... et elle n'aurait pas laissé partir une seule lettre... sans y ajoulerpour vous quelques lignes...
De l'amitié la plus vive, la plus ardente!., je le sais, mon ami, je le sais! et'je serais bien injuste si je vous faisais un reproche des ennuis que vous subissiez pour moi... je sais tous ces détails... par
| Juliers le banquier de la cour... où plutôt par son commis.
LUDOVIC
Monsieur Verner envoyé par lui...
CLÉLIA.
Qui a été témoin de la situation embarassante où vous vous êtes trouvé... et dont moi seule pouvais comprendre toute la difficulté... (Le regardant.) Ah! mon Dieu... quel changement dans vos traits... c'est vous, Ludovic... qui êtes souffrant... quiètes malade peut-être!..
LUDOVIC
Non... non... j'ai quitté cette maison !.. je vous revois... je respire !.. mais si vous saviez depuis deux n.oisce que j'ai souffert de contrainte et de tourment...
CLÉLIA.
Je le conçois... mon ami... je le conçois!., voir cette pauvre fille... à peine revenue à la vie... tomber comme frappée de mort si un mol, de vous.. si un geste d'impatience ou d'indifférence... détruisait son erreur...
LUDOVIC
Ce n'est pas tant cela encore!., mais cette confiance qu'elle avait en moi... cette certitude de mon amour... cet abandon de tous les instants... et le père surtout... le père! c'était, celui-là le plus terrible... ce maudit docteur m'entourait de tant de soins, de prévenances, de caresses, il m'en aurait étouffé... j'étais son héros! son Dieu!., son enfant!., j'avais sauvé sa fille... il me la donnait, il me la jetait dans les bras.
CLELIA
En vérité !..
LUDOVIC
Eh oui!., toute la journée... il nous laissait seuls... en tête-à-tête... vous jugez de ma gêne... de mon embarras! quel supplice de tous les instants! .
clélia, riant.
Mon pauvre Ludovic! vous deviez me maudire. Ludovic, vivement.
Oui, certes!., et si j'avais pu fuir... mais vous m'ordonniez de rester... vous l'exigiez!.. clélia, riant.
Je vous avais condamné là, mon pauvre ami, à un bien triste et ennuyeux emploi! Et maintenant... dites-moi? c'était là le difficile... le terrible... comment vous y êtes vous pris avant de partir... pour l'aveu que je vous recommandais.
LUDOVIC
Ah!., l'aveu?
CLÉLIA.
Les y avez-vous amenés doucement?., et avec des ménagements... des préparations...
Ludovic, avec embarras.
Moi !..