ACTE II, SCÈNE XI
il a été forcé lui-môme d'en convenir... n'est-ce pas, Monsieur ?
clélia, avec émotion.
Ah ! e'est là... ce dont il convenait tout à l'heure à vos genoux?
MARGUERITTE, Se levant.
Vos genoux... Ah çà! personne ne se tutoie donc à Florence, pas même les sœurs !..
CLÉLIA.
Excuse-moi, Margueritte, c'est sans le vouloir ! Tu disais donc tout à l'heure à M. Ludovic...
LUDOVIC
Qu'elle ne survivrait pas à la perte de ce qu'elle aimait !
MARGUERITTE
C'est vrai.
LUDOVIC
Et que si on voulait la tuer, il suffisait de lui dire : Je ne t'aime plus!
MARGUERITTE
C'est vrai... mais à quoi bon répéter cela ; Clélia sait bien que je ne pourrais vivre sans ton affection, sans la sienne surtout, et cependant... ah! je ne me le pardonnerai jamais ! j'ai osé en douter!
CLÉLIA.
Est-il possible!...
MARGUERITTE
Oui, un jour, un instant... vois donc comme l'amour peut changer le caractère ! j'ai été jalouse de toi...
clélia, à part.
De moi ! il ne manquait plus que cela.
MARGUERITTE
C'était, il y a deux mois, à Zurich, le jour de ton départ... vous parliez tous les deux à voix basse, et il me semblait que tu le regardais comme je le regarde, comme j'ai seule le droit de le regarder...
CLÉLIA.
Par exemple !
MARGUERITTE
Pardon, pardon ! c'était absurde... si tu l'avais aimé, tu me l'aurais dit, et moi...
CLÉLIA.
Et loi ?
LUDOVIC
Eh bien !
MARGUERITTE
Et moi. .. je serais morte, pour te le laisser aimer sans remords...
lddovic et clélia , à part.
0 ciel !
margueritte, riant et regardant vers le fond.
Ah! quel bonheur! ce Monsieur si original... notre ami... monsieur Juliers...