‹ Les filles du régentChapitre 12 sur 43 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Les affections jansénistes de l'abbesse. — Le Père Ledoux. — Transformation de l'abbaye. — Fêtes. — Avances de la princesse <à son père.

' ' '■ — Réforme subite. — Elle cherche à convertir le Régent. — Mort de ce prince. — Elle accentue ses goûts pour le jansénisme. — Le cardinal de Bissy. — Retraite au Trainel. — Ses dernières années. — Sa mort. — Pureté de ses mœurs. — Sa foi. — Ses Réflexions sur les

- Évangiles.

Dès qu'elle fut devenue abbesse, Mademoiselle d'Orléans prétendit jouer un rôle et exercer une influence. Nous avons vu que, dupremierjour deson entrée au couvent, elle manifesta ses opinions jansénistes en formant avec quelques-unes de ses cornpag-nes, et en dépit des défenses de M"' de Villars, un appel contre la constitution Unig-enitus qui ag^itait si g-ravement alors les consciences. Le Père Ledoux, aumônier de l'abbaye, était un bénédictin savant, mais un janséniste ardent : il succéda comme confesseur de la princesse au jésuite Trévoux, zélé moliniste au contraire. Il apprécia facilement le caractère mobile et enthousiaste de sa nouvelle pénitente, et résolut d'en profiter pour la cause à laquelle il avait vouésavie.Mademoiselled'Orléansembrassal'étude

des questions relig'ieuses avec l'ardeur cju'elle mettait à tout ce qu'elle entreprenait. Elle travailla résolument la théolog-ie, traduisit et commenta elle-même les textes; elle en constatait soig^neusement l'orig-ine sans se fier aveug^lément aux deux secrétaires qui recueillaient des notes. On comprend qu'il fallut peu de temps à la princesse pour devenir la protectrice officielle et en quelque sorte la providence des Jansénistes. Elle prit ce nouveau rôle très au sérieux et ne nég-lig-ea rien pour affirmer le patronag"e auquel désormais elle tenait à attacher son nom.

Le 13 avril 1720, soutenue par le cardinal de Noailles, elle fît exempter de toute poursuite plusieurs bénédictins exilés par leur Général pour avoir renouvelé l'appel contre la constitution Unig'enitus (1). C'est encore elle qui au mois d'août suivant obtint du Régnent l'autorisation pour l'ordre de Saint- Benoît, d'élire au g*énéralat le père Sainte-Marthe, un des plus ardents appelants , mais à la condition qu'il ne serait fait aucune mention des affaires de l'Eg-lise dans le g'rand chapitre tenu à Marmoutiers pour cette élection (2).

Cette attitude inquiéta le Rég'ent, qui avait alors intérêt à ne point mécontenter la cour de Rome où l'on contestait plusieurs nominations d'évêques. Il craig'nit l'effet d'une alliance comme celle de sa fille

(1) Journal de Mathieu Marais.

(2) Ibid.

l'ABBESSE de CIIELLES. 301

et du cardinal de Noailles, et il dépêcha vers elle le Père Trévoux, en le charg'eant d'y mettre bon ordre. Mais l'œuvre du Père Ledoux était alors trop parfaite; la princesse ne voulut pas recevoir son ancien confesseur el elle lui fit même défendre de se représenter devant elle. Le duc d'Orléans répondit en exilant l'aumônier de Ghelles et en charg-eant les Jésuites de reconquérir la princesse par tous les moyens. On parvint à g^ag-ner M"" de Fretteville, celle des relig-ieuses en laquelle l'abbesse avait placé toute sa confiance. Elle se mit alors à poursuivre Mademoiselle d'Orléans d'incessantes observations, à Peffrayer sur son salut, à lui montrer les maux qu'elle suscitaitaucatholicisme. Rien n'y fit. Gomme, depuis la mort de la duchesse de Berry, le Rég-ent venait tous les mardis à Ghelles, l'abbesse le suppliait chaque fois, plus ou moins vivement, de lui rendre son directeur (1); le prince résistait toujours. Mademoiselle d'Orléans se veng'ea en renvoyant M™' de Fretteville après lui avoir fait chèrement payer ses menées « jésuitiques (2). » Elle voulut alors reconquérir l'affection de son père qui, malgTé ces tiraillements, depuis la perte de safiUebien-aimée, montrait à celle-ci une vive affection. Elle ne nég^lig^ea rien pour l'attirer et l'habituer bientôt avenir régulièrement toutes les semaines, au moins une fois, à l'ab-

(1) Soulavie.

(2)M'"'=(le Fretteville fut d'abord remplacée dans sacharge de dépositaire par M™'= de Lanty, puis abreuvée de tant de dégoûts qu'elle dut, sous prétexte de maladie, se retirer dans sa famille, à Rouen.

baye. Elle y org^aiiisa des représentations dramatiques, où, nous apprend Lemontey, furent jouées les pièces les plus passionnées de Racine (1). Elle fît venir des ouvriers en nombre considérable pour transformer le trop sévère monastère. Les jardins furent modifiés de façon à présenter l'aspect le plus riant; des massifs de fleurs s'épanouissaient partout. On appela des religueuses plus jeunes, des novices plus jolies, voire même de petites ouvrières parisiennes qui confectionnaient, sous la fantaisiste direction de l'abbesse, des modes, des coiffures, des broderies, des tapisseries; elle-même s'amusait à faire de sa propre main des perruques. Des ouvriers spéciaux étaient installés encore à Ghelles pour préparer les nombreuses pièces d'artifices qui constituaient un des principaux amusements de la nouvelle abbesse : elle s'en occupait volontiers; la poudre ne lui faisait pas peur, et elle avait un tir au pistolet où elle aimait à venir souvent s'exercer (2). D'autres l'aidaient pour des travaux de cbimie, de pbysique, de pharmacie, auxquels elle se livrait avec une ardeur toujours

(Ij M"" de Bi'oglie y joua souvent : cleYeiiuè femme du marquis de Bonnac, ambassadeur à Constantinople, elle écrivait au Régent : « C'est presque sur les ruines de Troie, que Yotre Andromaque de "Chelles prend la liberté de \ous faire souvenir d'elle. Je n'ai point trouvé de Pvrrhus et personne ne me dispute les Astyanax que j'élève pour Votre Altesse. » iLeniontey. II, 322.)

(2) « Elle s'amuse toute la journée avec de la poudre; elle l'ait des» fusées, des feux d'artiiice; elle a une paire de pistolets avec lesquels elle tire au blanc tant qu'elle peut. » ( Lettie de Madame, 28 novembre 1720.)

l'abbesse de chelles. 303

très-grande, mais plus rarement soutenue. Elle apprit même la chirurg-ie, et elle maniait assez habilement les instruments. Elle passait des heures à son atelier de tour (1) : elle continuait à chanter et à faire de la musique. Les visiteurs affluaient à Chelles d'autant plus qu'ils étaient assurés d'être bien accueillis et de ne pas s'ennuyer. La table était somptueuse, les dortoirs étaient devenus élég-ants, les parloirs étaient transformés en salons et en boudoirs, les cérémonies relig'ieuses étaient de véritables fêtes musicales; les écuries étaient tenues d'une façon irréprochable ; on voyait des fleurs partout : les livres nouveaux, les pamphlets les plus hardis, les g^azettes arrivaient à Chelles (2), Le duc d'Orléans y venait souvent à cette époque. Aussi les chansonniers du temps ne manquèrent pas de tailler leurs plumes pour donner 'c une description de la manière dont on vit à l'abbaye de Chelles » :

De l'abbaye, Ou réside Venus,

Nonne jolie Disant peu d'oremus, Loin des soins supertlus, Ne songeant tout au plus Qu'à bien passer la vie,

(1) Le mouYement de la bascule du tour faillit lui être fatal . Elle y travaillait avec t;nit d'ardeur, que la fatigue amena un abcès cà la jambe droite qui donna de sérieuses inquiétudes, ce qui ne l'empêcha pas, une fois guérie, de recommencer. ( Soulavie).

(2) La Gazette de Hollande annonça, au mois de septembre 1720, que la princesse se taisait relever de ses vœux. Elle avait eu une assez forte rougeole au mois de janvier.

Fait bons les revenus De l'abbaye.

Du monastère L'amoureux directeur

En l'art de plaire Vient instruire chaque sœur.

L'amour gagne les cœurs Par des attraits trompeurs.

C'est la règle sévère Que maintient en vigueur

Le monastère.

Pour tout oflice^ On goûte tous les jours

Mille délices.

Qu'assaisonne TAmour.

Chaque instant sur le cœur Il répand ses faveurs.

A ce dieu si propice Elles livrent leurs cœurs

Pour tout office.

Le badinage S'empare du parloir,

11 y ramage Du matin jusqu'au soir.

Sans lui, près de ces sœurs On n'a nulles douceurs.

On n"a nul avantage.

Et leur introducteur

Est badinage.

Dans la clôture Folâtrent les plaisirs,

La gaieté pure Y règle les désirs.

Les ris, les jeux badins.

Les regards assassins Mêlés à l'aventure.

Descendent dans les coins

De la clôture.

l'abbesse de ciielles. 305

C'est le mystère Qui préside au dortoir.

Le soin de plaire En fait tout le devoir.

De ce charmant réduit Ou écarte le bruit.

Et pour plus d'uue affaire.

L'amour est introduit

Par le mystère (1).

Il faut ajouter sans plus tarder que jamais la maligTiité cependant n'attaqua les mœurs de Mademoiselle d'Orléans; car il n'y a pas à s'arrêter aux bruits absolument faux qui représentaient le Rég-ent se consolant avec sa fille, ouïe duc de Richelieu venant à Ghelles sous un dég'uisement, ou ceux qui attribuaient des succès imag'inaires à Aug'eard, intendant de la princesse (2).

Cette vie ag-itée , bizarre , absolument déplacée pour une abbesse, ne pouvait durer : elle scandalisait ég-alement la ville et la cour : « Tantôt austère « à l'excès, tantôt n'ayant de la religion que l'habit, « musicienne, chirurg'ienne, théolog-ienne, direc- « trice, et tout cela par sauts et par bonds, mais « avec beaucoup d'esprit, toujours fatig-uée et dé- (( g'oûtée de ses diverses situations, incapable de « persévérer dans aucune », comme dit Saint-Simon, Mademoiselle d'Orléans devait bientôt aussi abandonner cette vie de plaisirs, et, par une réaction naturelle, devenir d'autant plus sérieuse. Il ne semble pas

(1) Recueil Maurepas.

(2) Duclos.

que le Père Ledoux ait déployé une grande habileté et une grande énerg*ie pour obtenir une réforme qui s'opéra hors de son concours. En peu de temps, en effet, Mademoiselle d'Orléans passa de la dissolution à l'austérité, sous le coup probablement de quelque refroidissement de la part de son père : ayant peutêtre constaté l'inutilité de ses efforts pour obtenir les concessions qu'elle poursuivait et conquérir l'influence qu'elle rêvait, l'abbesse renonça à sa dissipation. Chelles fut transformé de nouveau comme par un coup de bag'uette : l'abbesse fit briser un jour tous les instruments de musique, et brûla ellemême ses partitions et tous les morceaux de musique profane. Des religneux seuls furent admis dans le réfectoire qui l'cprit son aspect primitif. La princesse se voua à des méditations sur la mort qui exaltèrent sing^ulièrement son impressionnable nature. Un soir, elle quitta le souper pour aller examiner le tombeau qu'elle s'était fait préparer. Chaque relig-ieuse prit un flambeau et suivit l'abbesse dans l'ég'lise d'abord, puis dans le caveau dont on enleva la pierre et où l'on descendit très-péniblement par une échelle; la princesse voulut même se coucher dans la tombe et elle déclara tranquillement être trèssatisfaite des travaux (1). A ce moment Mademoiselle d'Orléans était en proie à un profond et sombre décourag^ement ; une vag'ue tristesse l'enveloppait entièrement, et l'on assure qu'elle cul à repousser des

( 1 ) Soulavie. — Maurepas.

l'abbesse de chelles. -307

idées de suicide qui hantèrent à plusieurs reprises son esprit malade. Elle se rejetta avec une nouvelle ardeur vers le Jansénisme.

Le public ne devait pas, on le devine, se désintéresser de cette situation qui lamusait et l'occupait ; les chansonniers ne la nég'lig'èrent pas et ils rimèrent sur l'air de Joconde cette « chanson en l'honneur de madame l'abbesse de Ghelles « (1) :

Je suis prophète, jeuue Iris,

Un nouveau jansénisme

Va gagner la cour à Paris ;

C'est fait du moliuisme.

Les docteurs à vos agréments,

Ne peuvent pas répondre.

Et vos yeux sont des arguments

Qui sçavent tout confondre.

N'allez pas, comme avec Quesnel

En use le Saint-Pèi-e, Me faire un procès criminel :

Je crains votre colère Pour mes tendres réflexions.

Quelle heureuse fortune.

Si de cent propositions Vous en acceptiez une!

Je veux en vain de Port-Royal

Ressusciter l'élite; Vous avez l'esprit de Pascal,

Et d'Arnaud le mérite- On peut exalter vos attraits Sans craindre l'hyperbole.

Et j'estime plus vos essais Que ceux du grand Nicole.

(1) Recueil Maurepas.

Que dans vos yeui Jansénius

Trouve de fortes armes.

Que la bulle Unigenitus Tient peu contre vos charmes !

Pour vous plaire. Iris, de bon coeur

Je me ferai janséniste.

Mais ayez pour moi la douceur

D'une âme moliniste.

Je vois l'Amour armé de traits

Qui vous suit à la trace; De votre air vif, brillant et frais

La grâce est efficace.

Je soutiendrai ce dogme-là.

Et ma thèse est publique.

Quand on devrait chez Loyola

M' appeler héréticiue.

Je deffeudrai vos doux appas

En docteur de Cjthère ; Contre eux on ne me fera pas

Signer de formulaire.

Si par malheur votre courioux

Me condamne et m'exile.

Je n'en appellerai qu'à vous,

Non au futur concile !

L'abbesse de Ghelles n'en persévéra pas moins dans son zèle janséniste; elle se posa en protectrice de tous ceux que persécutaient les Jésuites, et elle leur ouvrit g-énéreusement les portes du monastère. La lassitude, malg'ré toutes ses occupations, s'empara d'elle au milieu de cette activité et de ces cliang-ements. Le chroniqueur Mathieu Marais, à la date du mois de décembre 1720, écrit: « Elle s'ennuie (( dans son abbaye et vient passer quelque temps (( au Val-de-Grùce, où elle sera plus près de la cour

l'abbesse de chelles. 309

(( et des expédients pour y revenir si cela se pouce voit. » Elle avait cependant pris très au sérieux son rôle de supérieure d'un établissement relig*ieux. Elle avait fait reconstruire presque entièrement les bâtiments du couvent, restaurer Fég-lise (1). Comme l'eau manquait pour le service de la maison, elle manda, au printemps de 1720, le Père Sébastien, carme célèbre par sa connaissance des sciences hydrauliques. Il établit en effet une machine qui fonctionna parfaitement, approvisionna entièrement le monastère et fournit un réservoir de deux cents muids d'eau. Mademoiselle d'Orléans fît bâtir un monument pour la fontaine principale, placée dans la g'rande cour avec cette pompeuse inscription :

Fontem exaltari jussit [ Et hune lapidem posait

Ludovica Adelais

Abbatissa

Anno setatis su%

Mense novembri anni 1719

Imperante

Ludovico XV

Regenti

PMUppo AuTelianen&i duce

Adelaïdis pâtre (2).

(1) Huic principi omnia prene cœnobia ff>dificia sumptu piano rcgio debentur renovata, et altéra quasi domusfundata. » [Gallia christiana, VU, 573).

(2) Hardouin présenta à Tabhesse une médaille commémoratiYe de sa réparation : l'abbaye y était représentée avec cette légende : Adelais princeps aurelianensis me renovavit, anno 1720. — Monaster. Chalense.

Mais l'ennui indiqué par Mathieu Marais l'emportait et s'accroissait. Saint-Simon le constate plus vivement ; il nous montre la princesse résolue plus que jamais à demeurer relig'ieuse, mais «aspirant à d'autres règ-les » et plus encore « à la liberté. » Le séjour qu'elle fît au Yal-de-Grâce ne lui plut pas beaucoup, et, au bout de quelque temps, elle demanda à son père la permission de permuter. Buvat dit positivement, à la date du 7 mai 1722 : « que mac( dame d'Orléans fut alors transférée à l'abbaye du (( Val-de-Grâce , à la place de l'ancienne abbesse, « qui fut aussi transférée à Ghelles avec 20,000 li- « vres de pension. » Il ajoute encore le lendemain que « les religneuses du Val-de-Grâce parurent ce mortifiées de la translation de leur ancienne ab- « besse à Ghelles. » Mais je crois que l'honnête chroniqueur n'est pas absolument exact en relatant cette nouvelle. Les auteurs du G allia ckristiana, en effet, constatent que Mademoiselle d'Orléans demeura titulaire de l'abbaye de Ghelles jusqu'au mois d'octobre 1734, — Geneviève Perrault, abbesse du Val-de-Grâce, étant morte au mois d'août 1718 (2). Madeleine Lang-lois, qui lui succéda, ne fut élue que le 19 août 1724. Il est donc probable que Mademoiselle d'Orléans vint habiter le Val-de-Grâce et y prit intérimairement la direction vacante de l'ab-

(1) BuTat.

(2) « Genovefa Perrault, iterum electa die \ù februari 1718, sex, ab electione tertia, inensibus dcfuncta esi. w

l'aBBESSE de aiELLES. ."{H

baye. Ainsi tombe aussi la remarque de Saint-Simon qui prétend que la princesse demeura à Ghelles, mais « en se procurant la permission de se démettre et de « faire nommer à sa place une de ses meilleures (( amies de la maison, dans laquelle néanmoins elle « ne put durer long-temps. »

Il est certain, par exemple, que les religieuses du Val-de-Grâce virent arriver avec reg-ret la fille du Rég-ent (1). Celle-ci eut un appartement complet séparé du dortoir commun; elle reprit des habitudes de dépenses qu'elle semblait depuis longtemps avoir oubliées; sa table était sing"ulièrement recherchée : « Même très-souvent, dit Buvat, elle envoyoit fort « tard dans la nuit commander des pièces de four « chez un pâtissier voisin qui les portoit à l'abbaye « à des heures indues. » Une autre difficulté inquiéta les bonnes bénédictines, mais cette fois elles eurent g'ain de cause, le Régnent s'étant eng-ag-é à venir voir sa fille sans suite et à entrer absolument seul dans le monastère (2). Ce prince venait souvent en effet visiter sa fille qui s'efforçait de le ramener dans une bonne voie et ne lui ménag-eait pas les plus sévères paroles. Il paraît cependant qu'après ce dernier retour mondain elle reprit promptement

(1) Bu\at.

(2) Ibid. — Les pamphlétaires ne respectèrent pas l'abbesse de Chelles et reprochèrent bientôt au régent ses visites. Un chapitre des Aventures de Pompélius, publiées en 1724, et intitulé : a Sotermelec (le Régent) alloit en pèlerinage à l'abbaye de Télèmes, et là faisoit longue retraite, et y consoloit abbesse etnonnains. » Je ne discute même pas ces turpitudes.

g-oûtaux choses relig'ieuses, et se jeta plus vivement

que jamais dans le Jansénisme. Elle n'avait pas

cessé de conserver d'amicales relations avec le Père

de Sainte-Marthe, et c'est par son influence encore

qu'il put être réélu g'énéral des bénédictins au g-rand

Page 1