‹ Les fils d'Arpad étude historiqueChapitre 1 sur 48 · QUELQUES MOTS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

QUELQUES MOTS PRÉLIMINAIRES

Adversaire prononcé des privilèges, et principale-» ment des privilèges héréditaires, pardessus tout démocrate. pratique, je n'en professe pas moins un respect religieux pour la famille, pour cette transe mission du nom qui lie les générations entre elles par nne solidarité de sentiments et d'honneur,

Plua ln démocratie iera pénétrée de ce respect, plus elle sera forte, car de ce respect naîtra l'affection fraternelle avec sa puissance de dévouement et d'abnégation,

Le sentiment de la famille deviendra la source de la solidarité entre les apparentés qui, en général, constituent, pour la majeure partie, la commune, h Horher, dont l'o^lomération constitue h poi/Sç la

nation, dont tous les membres, tous les fils doivent être solidaires.

Puis nous élevant vers l'unité divine, nous noûs grandirons jusqua la fraternité de l'Évangile, — le sentiment fraternel, le dévouement, l'abnégation pour l'humanité.

Depuis bientôt quarante ans je n'ai point écrit uneligne en dehors de ces pensées, en contradiction avec ces principes.

Ce n'est donc pas sous une impression de tendance aristocratique que je prends aujourd'hui la plume pour établir les titres, les droits d une famille tombés à se dire fille directement issue de ces rois Huns, dont le terrible chef se proclamait, lui-même, le Fléau de Dieu et le Marteau du monde (1).

Il y a plus de quarante ans, un procès héraldique (2) entre divers Croï, Croy, Crouy (5). servit de distraction à la malignité publique et au scepticisme révolutionnaire. — J'étais jeune alors; j'étudiais l'histoire dans ses grands faits, dans ses grands blocs et dans ses détails; — j'épluchai ce détail ; je trouvai dans ce procès plus d'un enseignement.

Dix-huit ans plus tard (1857), je publiais un grand travail sur les mœurs de l'époque, il se résume en

(144) Voir le» Notw préllmlnairei, pngts 23, 5«, 3». .

12 volumes in-4* de biographies dites des hommes du jour; le souvenir du procès héraldique me revint en mémoire.

Depuis 1821, le nom de l'un des membres de cette famille, qui garde sou cri de guerre : Jérusalem ! et a écrit pour devise sur son écusson : Sauguis rc— f/um hunganœ, le nom de M. Auguste db Hongrie, qualifié marquis de Crouy-Cranel, avait eu, en plusieurs occasions, un certain retentissement Je

m'octroyai le droit de faire eonq>araître à ma barre celui qui le portait :

« Au milieu des agitations de notre siècle, » disjc dans le t. III, 2 e partie de la Biographie des hommes du jour, p. 357, « beaucoup d'hommes, qui se » distinguent par une grande aptitude aux affairée, » et dont l'activité habile semble avoir sans cesse » besoin d'aliments nouveaux, songent à se créer. » en dehors du monde officiel, qui leur est fermé » par diverses circonstances, une position conforme » au géuie dont ils sont doués. De ces hommes har- » dis et entreprenants, les uns arrivent au pouvoir » et à la fortune, les autres, après avoir étonné le >» public |wir des succès éclatants, rentrent tout à » coup dans l'obscurité et l'oubli. Mais c'est un spec- » tacle digne d'attention que celui que présente la » lutte de ces esprits indépendants avec la supersti- » tion des formes et des habitudes routinières du » pouvoir. » Et je sealpelisai la vie de l'homme qui m'avait inspiré ces réflexions.

Bientôt après, 1839, son nom se trouva mêlé à un grand débal politique et appela l'attention de toute la diplomatie de l'Europe.

Autour de ce nom . il y eut un grand déni de justice (1). — Nous reprimes la plume, mou collaborateur et moi. et consacrâmes une nouvelle étude (t. V, *2i partie, ttiof/rap/tie des hommes du jour) à ce personnage, avec d'autant plus de zèle et de dévouement que. par une coïncidence fortuite, nous nous étions trouvés personnellement atteints par ce déni de justice.

Dix ans plus tard, la moiuucuie du quoique ou parce que Bourbon était disparue; j'avais l'honneur d'être membre de la représentation uationale, je joignis mes efforts à ceux du spolié de 1840 pour demander, non pas réparation, mais justice.

Nos démarches actives turent impuissantes, et maigré le retentissement qui leur lut donné dans la séance de l' Assemblée constituante du 6 janvier 1841), elles restèrent infructueuses.

Depuis près de vingt-cinq ans, je n'ai pas perdu

(I) Voir aux pièce* jQblificiltveè l'article i-péc al mlituié: Déni de justice.

de vue le eliet' d'armes de la famille, de la véritable famille des Akpad, j'ai été témoin de toutes ses tristesses, confident de toutes ses douleurs.

Et c'est pour cela que je reprends aujourd'hui la plume pour coordonner tous les matériaux de ce grand procès de filiation, et que je viens dire aux contemporains et à l'histoire : le sang d'Attila et de Saint Etienne de Hongrie n'est pas tan, les fils d'Aapad EXISTENT, répétant, après trente ans, les paroles prononcées dans la cause par un honorable avocat, M. Alexandre Guillemin : « N'est -il pus » dans les vues de la divine Providence de laisser » ainsi épars sur la terre quelques restes des races » royales pour rappeler nos pensées à des couronnes » plus durables? Et la première scène d'une sublime » révélation ne s'ouvre-t-ellc pas en nous faisant » reconnaître dans un simple artisan le vénérable » descendant d'une foule de rois. »

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