‹ Les fils d'Arpad étude historiqueChapitre 2 sur 48 · GERMA1N-SARRUT · texte numérisé non relu

GERMA1N-SARRUT

POâT-SCRiPTLM POLH CETTE DEUXIÈME ÉDITION.

On a fait autour de cette étude lus torique plus de bruit que je ne la supposais susceptible d'en exciter'.

On m'a prêté des visées auxquelles je n'avais pas songé !

Les républicains formalistes ont blâmé cette publication.

Quelques monarchistes ont cru à un revirement dans mes sentiments ! ! ! Ils me connaissent bien mal.

Ceux-là seuls me jugent avec justice, qui disent qu'une pensée révolutionnaire sociale dirige ma plume en toutes circonstances.

Je crois le temps des luttes politiques accompli ?

Je le croyais en 1848. Je n'ai pu faire partager mon impression à d'anciens et loyaux coreligionnaires, à des amis qui se montrèrent plus soucieux de la forme que du fond.

Pour moi, la pensée du jour était dans ce mot des ouvriers : • Nous avons trois mois tic misère au service do la république. »

Ils ne furent pas compris.

Les ouvriers socialistes voulaient une révolution sociale!

Les meneurs du jour, les formalistes de l'école il' Armand Carrai, auxquels se rallièrent Armand Marrast et le général Cavaignac et leurs dévoués, les uns et les autres républicains arriérés, plus conservateurs qu'ils ne le pensaient, voulaient une révolution politique.

De ce malentendu, sortirent, quelques intrigues aidant, la journée du 15 mai, la dissolution violente et inopportune des ateliers nationaux et enfin la lutte à jamais déplorable de juin et ses fratricides conséquences.

Depuis lors de grands et graves événements se sont accomplis ;

La révolution sociale a-t-elle progressé?

Je réponds Oui! de toute l'ardeur de ma conviction, de toute la franchise de mon caractère ;

Le fait s'accomplit logiquement eu dehors des principes, contradictoires à la superficie, qui ont été posés.

Il en sera de même en Hongrie.

Qu'elle s'émancipe d'abord, qu'elle conquière sou autonomie, et puis, si pour se constituer il lui faut la forme monarchique, pourquoi ne ferait-elle pas appel au véritable droit constitutif des nations, au vote i niversel, et pourquoi ne releverait-elle pas le drapeau national, l'étendard de saikt Êtienne, la bannière qu'ÀNDRÉ H fit flotter sur les murs de Jérusalem?

Les fils d'Arpad ne sont pas des prétendants!

san tle la légitimité ; c'était lu négation du principe révolutionnaire î

Louis-Philippe a vécu dix-huit ans en se balançant sur ces deux négations — qui n'ont pu valoir une aflirmation.

Tout pouvoir qui n'affirme point un principe ne saurait être viable et se perpétuer ; tout comme tout pouvoir qui nie, à la pratique, le principe affirmé qui a été sa raison d'être, ne saurait durer... Il commet envers lui-même un véritable suicide.

Les gouvernements ne périssent jamais par exagération de leur principe, ils périssent toujours par abstention ou par confusion.

Louis-Philippe représentait le détritus du scepticisme voltairien, mais il n'a su rien affirmer

rien, que le matérialisme immoral de sou époque ; et c'est ainsi qu'il a justifié les paroles sévères du R. P. Ventura, qui lui écrivait en août 18-47, dans une note envoyée par l'entremise du prince de Crouy-Chanel (voir mon ouvrage Suite à F histoire de France

iCAnquetil de 1792 à 1849) : c

» .... il (Louis-Philippe) dépouille lui-même ses » descendants de toute raison publique de lui suc- » céder; sa couronne, qu'on l'entende bien, n'ira » pas retrouver la tête du comte de Paris pour s'y » reposer ; à sa mort ou ira, au contraire, deman- » der compte à ses enfants de rabaissement de

» l'honneur et de l'influence française sur tous » les poiuts du globe ; des innombrables iniUions » gaspillés, dévorés, ou ensevelis sous terre; delà » corruption la plus éhontée érigée en moyeu de

» gouvernement;

» . . . comme ils ne pourront rien offrir en com- » pensatiou de ces maux dont la responsabilité et la » bonté retomberont sur eux, on les écouduira avec î> moins d égards, peut-être, qu'on n'eu a eu pour le » duc de Bordeaux ;

>» Louis-Philippe sera le premier et le dernier roi » de sa dynastie !

» Il ne léguera à ses entants qu'un nom que rien » de noble, de généreux, de juste et de véritable- » ment grand aurait recommandé et que bien de » honteux souvenirs auront flétri ; il passera sur la » terre en ne laissant après lui qu'une trace de » boue »

Comme le R. P. Ventura, j étais pénétré de cette vérité que Louis-Philippe n'affirmait rien, n'osait rien affirmer; je ne craignis pas dans une circonstance solennelle où j'eus l'honneur de parler à ce nouveau chef d'Etat au nom du département de i'Arriége, dont je présidais la députation (septembre 18Ô0), je ne craignis pas de parler du Vote universel; mais ce nouveau droit public ne pouvait convenir au parce que Bourbon ; dès lors je crus que la France devait se souvenir de ses précédents plébici-

-sites et ainsi que le rappellent le Pilote de la Somme, le Progrès international de Bruxelles et autres journaux, je posai, ou mieux proposai, nue candidature

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