‹ Les fils d'Arpad étude historiqueChapitre 28 sur 48 · DE L'OUVRAGE D'IVAN NAGY · texte numérisé non relu

DE L'OUVRAGE D'IVAN NAGY

Traduction d'un article commençant à la 13 e ligne de la page 51 et finissant à la 16' ligne de la page 60 d'une brochure, imprimée en hongrois, intitulée : Familles de Hongrie, avec blason illustré et tableaux généalogiques, par Ivan Nagy.— Troisième volunve, 1" cahier, de Chinetti à Csatà, Pesth, 1858.

FAMILLE CROIT (de Hongrie).

Bien que cette famille se trouve déjà mentionnée dans un ouvrage sur les familles nobles de Hongrie, publié par Lehoczky vers la fin du siècle dernier, néanmoins, jusqu'à présent, son histoire n'était connue que d'une manière superficielle. Nous pensons donc que pour rendre notre ouvrage complet et pour répondre à ce que la science exige, nous devons parler de cette famille historique aussi brièvement que possible, mais en même temps d'une manière rationnelle, et de façon à épuiser le sujet. Nous savons, par l'histoire de notre pays, que le rôi André II, après la mort de sa seconde femme, Iolanta , se remaria , pour la troisième fois, avec Béatrix, fille du marquis Aldovrande d'Esté. Bela IV, le jeune roi, déjà couronné depuis 1222, vit avec chagrin son père âgé convoler en troisièmes noces, car il craignait que si Béatrix mettait au inonde un garçon, les descendants de celui-ci ne devinssent pour ses propres héritiers de dangereux rivaux pour la possession du trône.

André II, mort le 21 septembre 1235, laissa effectivement sa

< 1; Voir page 4*.

femme Beatrix enceinte ; celle-ci convoqua alors immédiatement les grands du royaume et leur recommanda son enfant à naître. De son côté, v Bela IV, étant monté sur le trône après la moi t de son père, fit garder à vue sa belle-mère Bcatrix ; mais celle-ci, après avoir corrompu ses gardiens, parvint à se réfugier en Allemagne en se cachant sous des habits d'homme dans la suite des ambassadeurs de l'empereur d'Allemagne, Frédéric II. Peu de temps après, c'est-à-dire au commencement de l'année 123G, elle accoucha, en Allemagne, de son fils Etii.nxe, et elle alla avec lui en Italie, chez Azzo VII (mort en 1264), marquis d'Esté, frère cadet du père de Beatrix, mort en 1215(1).

Etienne fut, pendant sa jeunesse, poursuivi par la haine im placable de son frère consanguin du côté depèrc,Bela IV. Cette haine fut si grande, que quand les Vénitiens, après avoir pris la ville de Jadra, voulurent faire la paix avec Bela IV, celui-ci leur abandonna la possession de cette ville, mais a la condition qu'ils cesseraient à l'avenir de protéger la reine veuve Beatrix, ainsi que son fils Etienne (2).

Etienne s'attacha, très-jeune encore, au parti des Gibelins' en opposition aveu Azzo VU; il chercha en même temp3 à s'emparer du marquisat d'Esté; mais dès que le marquis Azzo eut eu connaissance de ses menées, Etienne disparut subitement sans qu'on pût deviner le lieu de son séjour. Il s'était réfugié en Espagne, à la cour de Iolante, reine d'Aragon, sa sœur consanguine du côté de père (3). Il résida aussi en France, où peu de temps après, il devint possesseur du village et du château de Chou y (i).

(1) Xjst. Schior UcgttKt Hungariie, Vienn.T 177G, p. Î03-208. '2) Kalona Hhloria Critira.l. V|, p. 3S.

(3) Thnroczi Chronicon, dan* Schwandtner, II, p. 153. — Saint- Allais. Nobiliaire universel de France. A Paris, 1818, t. XIII, p. *S.

(4) Témoin un titre daté do 1282, rn la possession do la famille, publtf par l<an EIUH . Histoire de la Fatn Ue Crouy de Hongrie, .te. P«Mh, ISiR, p. 5

Plus lard, Etienne retourna en Italie et fut élu podestat de Ravenne; mais les habitants de cette ville, qu'il traitait avec peu de ménugement, s'étant soulevés contre lui, il alla à Venise où, il épousa Tomasina Morosini , nièce du doge Marina Morosini.

De ce mariage naquit André III le Vénitien, roi de Hongrie (1290-1301), à qui Etienne, dont il était le seul héritier, avait fait de son vivant donation de tous ses biens situés en Dalmatie et en France (1). C'est de ces domaines français qu'A.Nimft III, avant d'être nommé au titre hongrois de duc d'Esclavonie (dux Sclatoniœ), portait aussi le nom Crouy-Chanel (2).

L'histoire de notre pays nous apprend comment André III le Vénitien devint roi, et nous savons aussi par elle qu'il eut deux femmes, la première appelée Fexnena, et, après la mort de celle-ci, Agnès. C'est de sa première femme que naquit sa fille Elisabeth (sainte Elisabeth de Hongrie).

Mais, avant ces deux femmes, Andué III en avait une autre, qui était Sybili.v, fille de Pierre Clmana, membre du conseil de Venise, ainsi qu'il est prouvé par des documents originaux et authentiques. André III eut avec cette Svhili.a Clmana deux fils, Félix et Marc, dont la famille a justifié de sa descendance devant la cour du roi de France pour la province du Dauphiné.

Les frères Félix et Marc (ils avaient encore un frère illégitime appelé Pierre Tarentesan) n'allèrent pas en Hongrie , môme après que leur pôre, André III, eut été élu roi de Hongrie (3), et ils en restèrent éloignés, en France, sur le domaine deCrouy, dont le grand-père, Etienne, avait fuit l'acquisition, et c'est de ce domaine qu'ils furent appelés Félix et Marc Crouy- Chanel.

Le village et château de Croy ou Crouy (Castellum Croviac-

(1) Même ouvrage.

(î) Même ouvrage : compare* le litre de 1879, ou il e«l dit : DOMINO AKDRE.F. dicio CROI V-CHANELI.

{%) Ivan Nagy parait ignorer qu'il» cuienl mort*.

diitutn Crouy) est situé en France, daus l'ancienne province de Picardie, actuellement dans le département moderne de la Somme, sur le bord de la rivière de ce nom , à une dislance d'environ deux lieues au nord-ouest de la ville d" Amiens.

La famille de Crouy qui, issue du fils d'André III, Félix, est parvenne jusqu'à nos jours et dont nous avons dû raconter ici un peu plus longuement l'origine, parce que l'imporlance des dates Tond»; la filiation dés premiers de la famille, est entit rement distincte des autres deux familles de ce nom.

La connaissance de l'état des choses et des vicissitudes pulitiques des temps en question explique incontestablement les causes qui firent que Félix et Marc n'allèrent pas en Hongrie. 11 faut dire aussi que ces deux fils moururent de bonne heure, du vivant de leur père, et que Marc mourut subitement et sans descendants (1); que sa mort fut causée par une intrigue plutôt que d'être naturelle (2).

En 128G, il ne restait plus en vie que la veuve de Félix, GuiGONA DE la Cbaxbbe, avec ses enfants mineurs, Amdi.m . A.NDRL et Ji:\.\.

La descendance de cette famille jusqu'à nos jours, d'après l'ordre généalogique homologué par la Cour française de Grenoble, en 1790, est mise en évidence par l'arbre généalogique suivant :

(Ivan Nagy reproduit une partie de celui que j'ai donné dans le cours de ce travail, et je crois devoir borner ici les extraits de son œuvre pour ne pas tomber dans de fastidieuses reproductions généalogiques.)

(1) celte apprécia lion est, a mon avis, erronée ; mai* elle prouve une foia de plu» qu'il ne fout s'en rapporter qu'aux piéeci officielles el authentique». (S) Erdi, 1 M., p. 5.

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