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CHAPITRE VIIL

AVRITA ET AVANY.

PASTORALE DU POETE INDOU VIRADJ-SNATA.

Traduit du samscrit.

AVRITA.

Viens avec moi, ma chère Avany, aux rives ombreuses de Gangea, nous ferons ensemble nos ablutions.

AVANY.

Oses-tu bien me parler ainsi, c'est à peine si quatorze printemps ont fleuri sur ma tête...

AVRITA.

C'est l'âge des amours.

AVANY,

Non, je veux me parer encore une fois à la fête prochainede couronnes tressées avec l'herbe divine, et de fleurs de lotus non écloses, symboles des vierges. Que diraient mes compagnes, si je m' allais baigner seule avec un berger.

AVRITA.

Viens près de moi, dans ces bosquets pleins d'ombre, et je te chanterai un hymne que j'ai composé en l'honneur des génies bienfaisants protecteurs des moissons.

l'idée de dieu dans l'inde. 183

AVANY.

Gesse de me faire entendre ta voix séduisante, je veux rester vierge en la demeure de mon père, et entrer vierge en la demeure de mon époux.

AVRITA.

Tu n'as donc jamais entendu dans le calme des nuits, les vents tièdes des plaines du Ghannamwar te murmurer des mots d'amour.

AVANY.

Je les ai entendus.

AVRITA.

Tu n'as donc jamais vu dans tes songes la figure de celui que tu dois aimer.

AVANY.

J'ai fait l'invocation consacrée, et je l'ai vue.

AVRITA.

Où est-il celui que ton cœur a choisi? pourquoi ne vient-il pas te parler le langage du bien -aimé?

AVANY.

Qui te dit qu'il ne m'ait point encore parlé ce langage?

AVRITA.

Je surveille tes pas, et moi seul jusqu'à ce jour t'ai dit que tu étais belle; est-ce mon image que ton cœur a entrevu dans tes songes ?

AVANY.

Je ne puis te répondre.

AVRITA.

Il n'est pas une de tes compagnes qui ne fut jalouse de recevoir le tali de mes mains, et de manger le riz grillé sous la vérandah de ma demeure.

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