DEUX FABLES DE GASYAPPA
Suivant la chronique des Indous, Gasyappa, le père de la Fable, aurait vécu environ douze mille ans avant notre ère. C'était un vanaprastha ou anachorète du second ordre, ayant quitté la compagnie des autres ermites pour mener la vie solitaire du dévot ascétique, telle qu'elle est indiquée par la sainte Écriture.
Qu'on ne s'étonne point de cette date, en apparence si reculée pour nous qui ne sommes nés que d'hier, nous prouverons bientôt, suivant l'expression du savant M. Halled , que peu de peuples ont des annales plus authentiques et une chronologie plus sérieuse que celle des Indous.
A certaines époques de l'année le saint personnage se rapprochait des lieux habités, apportant aux hommes, dans des apologues et allégories familières, le fruit de ses méditations. Son procédé, comme fabuliste, est des plus intéressant; à chaque maxime, principe de morale ou proverbe, il consacre deux fables. Le premier de ces petits drames, concis, sobre de développements, rapide dans son action, est destiné à se graver profondément dans la mémoire des auditeurs, le second élargit le cadre, se complaît dans les descriptions et les détails, et augmente l'intérêt de l'action de tout le charme de la poésie.