‹ Les Fils de DieuChapitre 29 sur 51 · SAN0GA.RAS · texte numérisé non relu

SAN0GA.RAS

(Les Sacrements.)

Après avoir donné à chaque caste son dieu, le Zeus irré vêlé pour les brahmes et les trois personnes de la trimourti (trinité) pour les trois autres classes, et réglé l'emploi de la journée religieuse, les brahmes admirent certaines purifications, certaines consécrations, qui sous le nom de sanscaras ou sacrements, servirent à relier entre elles, par un trait d'union religieux, les trois premières castes si profondément divisées de situation et d'intérêt.

La pensée qui les guida en cette circonstance fut des plus habiles; il importait, en effet, les castes étant séparées par une infranchissable barrière, dans tous les actes qui constituaient la vie civile, de les réunir sur le terrain des intérêts religieux, pour ne point créer plusieurs nations dans la nation, qui, avec le temps, fussent devenues indépendantes de l'autorité sacerdotale.

Telle fut l'origine des sacrements communs aux trois ordres. Nous ne nous étendrons point sur ce sujet déjà traité par nous dans nos premiers essais *, nous n'en eussions même point parlé ici, s'il ne nous eût paru difficile de les passer sous silence dans cette étude d'ensemble sur le système brahmanique.

Nous nous bornons à les indiquer.

Les sacrements brahmaniques, ou liens communs des castes, sont au nombre de cinq :

i. Bible dans l'Inde.

lo L'ablution ou baptême du nouveau-né dans les eaux du Gange ou par l'eau lustrale;

2o La confirmation de cette purification du nouveau-né, à l'âge de seize ans pour les brahmes, de vingt-deux pour les xchatrias et de vingt-quatre pour les vaysias, par l'huile consacrée;

3° L'absolution des fautes par la confession publique d'abord, secrète ensuite, sous les successeurs de Christna;

4° Le mariage ;

5° L'onction du prêtre ou ordination, qui sacre le brahme, serviteur de Dieu, par l'huile sainte.

Voici les textes sacrés qui établissent ces sanscaras :

« Quiconque n'a point été purifié dès sa naissance par l'eau du Gange, ou par l'eau sur laquelle ont été prononcées les mentrams sacrées (invocations), sera soumis à autant de migrations qu'il aura compté d'années d'impureté. »

(Atharva-Vèda (Préceptes.)

« Jusqu'à la seizième année pour un brahme, jusqu'à la vingt-deuxième pour un xchatria, jusqu'à la vingt-quatrième pour un vaisya, le temps de recevoir l'investiture sanctifiée n'est point encore passé.

« Mais au delà de ce terme, les jeunes hommes de ces trois classes qui n'ont pas reçu ce sacrement en temps convenable seront déclarés indignes de l'initiation, excommuniés (vratryas) et livrés au mépris des honnêtes gens. »

(Manou, livre II.)

« Les eaux sacrées du Gange, l'eau lustrale de purification, les invocations à la divinité, ont reçu le don d'effacer les souillures légères. Mais les saints brahmes, gardiens de la divine srouti (révélation), ont seuls le pouvoir d'imposer les mortifications, prières et abstinences, qui effacent les fautes graves.

« Qu'à l'issue de l'office du sarvameda, la tête dans la pous-

sière, les hommes justes confessent leurs fautes à haute voix devant les membres de leur caste, afin que le saint brahme, qui vient de sacrifier, lui indique la réparation. »

(Atharva-Vèda (Préceptes.)

« Que celui qui a reçu la confirmation et l'investiture sanctifiée, dans le temps voulu, prenne une femme de sa caste, et point d'une autre, jeune, bien faite, de visage agréable, et que tous deux soient unis dans le temple par les trois oblations sacrées de l'eau, du feu et du riz grillé... »

{Atharva-Vèda.)

« Par la tonsure, l'investiture du cordon sacré, l'initiation à la sainte Écriture et l'onction par l'huile sainte, le brahme est sacré serviteur de Dieu. »

(Manou. — Atharva- Vèda.)

l'inde brahmanique. 285

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