‹ Les Fils de DieuChapitre 39 sur 51 · DEUXIEME INCARNATION DE YISCHNOU · texte numérisé non relu

DEUXIEME INCARNATION DE YISCHNOU

AVATAR DE PARAÇOURAMA.

Il est un fait qui rend impossible à distance toute étude indianiste sérieuse, et qui oppose à la science, même dans l'Inde, des barrières souvent insurmontables.

Pas plus que les anciens brahmes, les brahmes d'aujourd'hui ne veulent désabuser la foule sur le compte des fables, des événements miraculeux et des idées superstitieuses dans lesquelles ils l'ont élevée; et dès lors on doit comprendre avec quelle difficulté, on obtient la plupart du temps le moindre document historique sur le passé, les prêtres même ne vous le livrent qu'après avoir obtenu votre promesse qu'il ne sera pas traduit en langue vulgaire.

Si vous n'êtes pas connu d'eux, si vous n'avez pas travaillé avec eux, cas dans lequel ils mettent un certain orgueil à vous pousser en avant, à vous initier, il est inutile de chercher à obtenir d'eux le moindre renseignement historique, qui serait en contradiction avec les croyances religieuses des basses castes.

Et cela se conçoit : ce ne sera pas un prêtre catholique, par exemple, qui vulgarisera cette opinion : que les Évangiles n'ayant fait leur apparition dans le monde que plus de deux siècles après la mort de leurs auteurs présumés., il est à peu près certain que ces livres sont apocryphes!...

Je n'ai trouvé et pu obtenir que peu de chose sur l'a-

vatar de Paraçourama, mais ce peu a la valeur d'un texte. Le Vedamargaa s'exprime ainsi au sujet de cette incarnation :

« Lebrahme Paraçourama, pendant la minorité de Pra- « tichta, gouverna l'Inde avec tant de sagesse et d'habileté « qu'il porta au plus haut degré la prospérité et la richesse « du pays. Il étouffa par son énergie une des révolutions les « plus terribles qui aient mis en péril la société brahma- « nique, et eut à lutter pendant plusieurs années contre les « aryas qui avaient appelé à leur secours les sauvages popula- « tions de l'Hymavat(Hymalaya). Il combattait à la tête de « ses troupes une hache à la main comme le dernier des « soldats, et exerça contre les princes révoltés de terribles « représailles, qui leur enlevèrent pour longtemps l'envie de « se soustraire à l'autorité des brahmes. A sa mort, Pra- « tichta, dont il avait protégé l'enfance, fit construire en « son honneur un char d'argent massif pour conduire son « corps à la pagode. Paraçourama avait rétabli la dignité « de brahmatma , abolie par Viswamitra après sa con- « quête. »

Voilà le point historique dans toute sa simplicité. A la suite de révoltes nombreuses, toujours réprimées, les xchatrias appellent à leur secours, en l'an huit mille environ, les populations des montagnes que l'on voit pour la première fois apparaître dans l'histoire de l'Inde, préludant à la grande invasion qui, en l'an cinq mille avant notre ère, devait détruire Asgartha, la capitale brahmanique.

Le brahme Paraçourama sauve la société sacerdotale de ce nouveau danger, et les prêtres l'offrent à l'adoration du peuple comme une nouvelle incarnation de Vischnou.

l'inde brahmanique et royale. 321

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