L IDÉE DE DIEU D APRES MOÏSE ET L EPOQUE PATRIARCALE
En face du Dieu des anciens patriarches de l'Inde, et du culte dénué de superstitions qui lui était rendu, il nous paraît utile, et plein d'enseignements précieux, de placer le Dieu d'Israël, tel que Moïse l'a compris et présenté à l'adoration de son peuple.
Nous ne reviendrons pas sur certains côtés de l'œuvre de Moïse que nous avons suffisamment caractérisés ailleurs, mais il est un point sur lequel nous ne saurions trop insister pour le creuser et l'élucider mieux, nous voulons parler du rôle que le législateur hébraïque fait jouer à la divinité, et de la preuve, par ses propres écrits, que pour donner un livre de la loi aux esclaves qu'il avait soulevés, il n'a fait que copier très-hâtivement les anciens livres sacrés de l'Orient dont il avait eu connaissance par les prêtres, à la cour de Pharaon.
Quand on lit avec attention les cinq livres de la Bible attri* bues à Moïse, examinant froidement ce tissus d'absurdités, de grossière idolâtrie et d'épouvantables massacres, on se demande comment il se peut faire que la raison humaine se soit si longtemps courbée devant un pareil ouvrage. Et Ton a besoin de se souvenir des moyens employés par les prêtres et les rois pour soutenir ce code du mensonge, du vol et du -libertinage, si l'on veut comprendre comment de telles turpitudes n'ont pas été, depuis longtemps déjà, mises au ban de la conscience humaine.
Je ne chicanerai point trop Moïse et son Jéovah sur leur création fantaisiste du monde, cela ressemble à toutes les
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genèses fabuleuses que la poésie et la tradition nous ont transmises. Au Congo, chez les Gafres, les Lapons, ou les naturels de la Nouvelle-Guinée, les prêtres possèdent des données à peu près aussi scientifiques sur ce sujet que le législateur hébraïque; et nous ne consacrerions pas quelques lignes à faire le procès à ces pages vulgaires, si Messieurs de la secte de Rome ne prétendaient pas aujourd'hui que la science et les découvertes modernes soient en complet accord avec la Bible.
Au moyen âge on brûlait ceux qui interrogeaient la nature en dehors de la Bible, et Galilée n'y a échappé que par une répudiation en règle de toutes ses opinions.
Aujourd'hui qu'on ne peut plus brûler personne quelqu'envie qu'on en ait, on se rapproche de cette science que l'on a proscrite.
Gela est commode, et tourner sa voile à tous les vents est le plus sûr moyen de faire marcher son esquif... seulement il faudrait ne pas oublier, mes bons pères, que votre Église infaillible après avoir fait pourrir en prison Galilée, pour avoir soutenu que la terre tournait autour du soleil immobile, doctrine contraire à la Bible, est obligée aujourd'hui, avec sa même infaillibilité, de reconnaître que Galilée avait raison, et que sa sainte infaillibilité se trompait.
Aussi ne pouvons-nous entendre sans grand étonnement MM. de Genoude et de Bonald, s'écrier en chœur : — « Quel abus n'avait-on pas fait des premières notions de la science contre les livres de Moïse ! Mais la science mieux étudiée a renversé toutes les théories d'une ignorance orgueilleuse. » La science appuyant la Bible, et non la science émanant de la Bible ! Quelle concession. En 1600 cela vous eut valu, Messieurs, une excursion dans les prisons du saint-office, et cela eut été plus juste que pour Galilée, car si ce dernier avait raison de soutenir le mouvement de la terre autour du soleil, vous n'êtes point dans le vrai, vous, en appelant la science au secours des inventions bibliques. Relisons ensemble le passage suivant de la Genèse :
« Et Dieu dit que la lumière soit et la lumière fut.
« Dieu vit que la lumière était bonne, et il la sépara des
ténèbres
« Ce fut le premier jour
« Dieu dit aussi, qu'il y ait dans le ciel des corps lumineux qui divisent la lumière d'avec les ténèbres, et qu'ils servent de signe pour marquer les temps, les jours, les années.
« Qu'ils luisent dans le ciel, et qu'ils éclairent la terre.
« Et Dieu fit deux grands corps lumineux : l'un plus grand pour présider au jour, l'autre moins grand pour présider à la nuit.
« Il fit aussi les étoiles, et il les plaça pour luire sur la terre; pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon.
« Et du soir au matin, cela fit le quatrième jour. »
Il est inutile de pousser plus loin la citation : il serait difficile en aussi peu de lignes, de laisser échapper plus de non-sens.
Jéovah cré la lumière le premier jour, et le soleil et les astres qui la produisent ne sont créés que le quatrième.
Jéovah cré la terre tout d'abord, et les autres astres n'arrivent ensuite, soleil, lune, étoiles, etc., que comme satellites de ce globe pour l'éclairer les jours et les nuits :
Il les plaça dans le ciel pour luire sur la terre.
Et aussi pour marquer le temps, le jour et les années delà terre..,
î^ous voilà bien avertis, la lumière qui émane du soleil et des astres, est créée quatre jours avant ces derniers, et quand nous disons quatre jours, nous nous trompons certainement cle beaucoup, car suivant M. de Genoude :
« Les jours dont il est question dans le premier chapitre t\e la Genèse, sont des périodes indéfinies. »
Donc, pour être dans le vrai biblique, il faut dire que la lumière a existé dans le monde, indépendamment du soleil et des astres qui la produisent, pendant quatre périodes indéfinies.
D'un autre côtç le même passage affirme que le soleil et la
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lune ont été créés pour éclairer la terre le quatrièmejour, ce qui laisse supposer que la lumière indépendante créée le premier jour avait été manquée, et donnait un éclairage insuffisant.
Se tire qui pourra de ce galimatias !
De plus, nous sommes bien et dûment informés que tous ces mondes qui s'agitent autour de nous dans les cieux, soleil, lune, étoiles, planètes de différentes grandeurs, n'ont été créés que pour la terre seule ; leur rôle, c'est de l'éclairer et de mesurer ses années, ses jours et ses mois...
J'en suis à me demander comment notre pauvre petit globe n'en éclate pas d'orgueil.
Et ce sont ces contes devant lesquels on a peine à tenir son sérieux, que l'on veut étayer des documents de la science... Et c'est à Dieu qu'on attribue de telles niaiseries !
Lorsque nous nous trouvons en face des premières pages de ce livre, prétendu sublime, nous ne pouvons nous empêcher de nous souvenir de ces admirables paroles du véda :
« 0 Zeus irrévélé, suprême intelligence, puissance infinie, c'est toi qui a créé «es lois immuables par qui les mondes gravitent dans l'espace, par qui la matière se transforme en s'éveillant au matin de la nuit divine.
« Chaque molécule s'unit à celle qu'elle doit féconder, le grand œuvre de la vie s'accomplit, et sous ton regard, ô Brahma, chaque type se développe et sort du chaos pour vivre et s'agiter encore pendant l'espace d'un jour divin. »
Après avoir créé la terre et les autres planètes, et les plantes et les animaux, Jéovah fait l'homme à son image, lui tire une côte pendant son sommeil et en forme la femme.
On connaît l'histoire de la pomme, ce qu'il advint de la désobéissance d'Adam et d'Eve, et c'est à cette plaisante aventure que l'humanité doit la maladie, la souffrance et la mort.
« Parce que tu as mangé du fruit que je t'avais ordonné de
ne pas manger, la terre est maudite à cause de toi, tu n'en tireras ta nourriture chaque jour qu'avec un grand labeur.
« Elle ne produira pour toi que des épines et des chardons et tu te nourriras de l'herbe de la terre.
« Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front jusqu'à ce que tu retournes dans la terre d'où tu as été tiré. »
Ainsi la terre est maudite à cause de l'homme, et ce dernier retournera dans la terre dont il a été formé. De l'immortalité de l'âme et de la vie future il n'est nullement question. Si Moïse a connu ces croyances, il n'a pas jugé à propos de les enseigner à son peuple, et je suis porté à croire qu'à l'imitation de tous les prêtres anciens, il les réserva pour les lévites dans l'intérieur du temple.
Il est remarquable que chez toutes les nations de l'antiquité il y eut deux religions, l'une pour les initiés et les prêtres, renfermant les croyances sur l'unité de Dieu et l'immortalité de lame, légués par l'Inde, et l'autre, pour la plèbe, composée des plus grossières superstitions. Moïse, qui fut un initié des temples de Memphis, suivit les habitudes de son temps, et ne dut dévoiler les mystères qu'il tenait des hiérophantes , qu'à la caste des lévites qu'il institua dans la famille et la descendance de son frère Aaron.
Là est le véritable motif, croyons-nous, du silence des législateurs d'Israël sur l'immortalité de l'âme.
Mais continuons cette revue rapide del'œuvre de Moïsepour rechercher l'idée de Dieu qui s'en dégage. Après avoir étudié la domination brahmanique qui s'installa dans l'Inde, à la suite de l'époque patriarcale sur les ruines de la religion naturelle, nous pourrons signaler plus facilement les emprunts faits par la Bible aux védas, aux anciens livres sacrés, à Manou et à la religion des Indous, et caractériser mieux l'esprit qui animait Moïse lorsqu'il écrivait son livre.
Après la faute, Jéovah chasse Adam et Eve du jardin de délices, car il craint qu'en mangeant du fruit de l'arbre de vie, ils ne deviennent aussi puissants que lui, et il place à la porte du paradis terrestre un chérubin, chargé, l'épée à la main, d'en défendre l'entrée.
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Nous ne savons si les lumières de la foi peuvent ouvrir l'intelligence à la compréhension de ces merveilles, pour nous, nous avouons humblement n'y rien entendre, et nous ne saurions voir dans tout cela que le produit de la plus grossière superstition.
Voyez-vous ce chérubin montant la garde, armé d'un sabre, autour de ce pommier dont la vertu était de rendre aussi puissant que Dieu, celui qui en mangeait.
Les Pères de l'Église et autres commentateurs de la Bible ont oublié de nous dire à quelle époque cette faction de l'ange a pris fin... peut-être dure-t-elle encore, et qu'en cherchant bien... Passons! Voilà donc l'origine de nos croyances, et cette Genèse sublime, pour lesquelles depuis des siècles les gagistes de Rome affectent la plus fanatique admiration. Voilà donc ce Dieu d'Israël et le rôle indigne de sa puissance, de sa bonté et de la prescience qu'on lui prête...
Que nous sommes loin des croyances des premiers âges de l'Inde, de ces invocations, de ces prières qui, au lieu de rabaisser l'image de la Divinité, en lui prêtant les actes les plus ridicules, nous donnent d'elle, au contraire, les notions les plus grandioses et les plus simples.
Cette légende du jardin de délices et du séraphin préposé à la garde du fruit défendu, ne vous rappelle-t-elle pas la fable grec du jardin des Hespérides dont les pommes d'or étaient gardées par un dragon?
Il est si vrai que ces contes mythologiques ont la même origine, que la pomme du jardin des Hespérides n'était autant prisée que par l'immortalité qu'elle donnait à celui qui parvenait à s'en emparer, immortalité que procurait également la pomme du jardin de délices dont Jéovah défendit l'entrée à Adam, par peur qu'il ne devînt immortel et aussi puissant que lui.
« Maintenant donc, craignons qu'il n'avance la main et ne prenne aussi des fruits de l'arbre de vie, ce qui le rendrait semblable à nous et le ferait vivre éternellement. »
{Genèse).-
Signalons, en passant, trois preuves que celte sublime Genèse n'est qu'une copie écourtée des ouvrages sacrés de l'Inde sur le même sujet.
« Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. « La terre était informe et mie, et les ténèbres couvraient la face de l'abîme, et V Esprit de Dieu reposait sur les eaux ! »
Etspiritus Dei ferebatur super aquas...
D'où a pu venir à Moïse l'idée de faire flotter l'Esprit de Dieu sur les eaux; est-ce une figure poétique sans importance? Non, car elle accuse une idée théologique, et détermine la situation du Créateur pendant le chaos.
Quelle est l'origine de cette croyance, quel sens symbolique se cache sous cette expression nuageuse? le législateur hébraïque ne saurait nous l'apprendre, il transcrit à grands traits les souvenirs qui lui sont restés de son sacerdoce dans les temples d'Egypte. Il consacre trois pages là où l'Inde a écrit des volumes, et l'on sent qu'il n'a ni la volonté, ni le temps d'expliquer les croyances qu'il impose...
Il venait de quitter l'Egypte avec la horde d'esclaves qu'il était parvenu à soulever, poursuivi par Pharaon; tout le monde s'était enfui pêle-mêle vers le désert, mais de toutes parts éclataient des murmures, surgissaient des révoltes... il fallait se hâter de donner un gouvernement à ces nomades, se créer une force par l'intervention de Dieu et le merveilleux, créer des chefs dont nul ne contesta l'autorité, établir un code de lois religieuses et civiles; les instants pressaient, Moïse, son frère Aaron, sa famille, commençaient à être attaqués dans le camp, on ne leur obéissait qu'avec répugnance, on regrettait les viandes et les oignons d'Egypte, un soulèvement pouvait faire nommer d'autres chefs. Jethro, le beau-père égyptien du législateur, et prêtre de Madian, lui disait : « Prends garde, tu ne peux mener le peuple ainsi; nomme des chefs, institue des lois...» C'est alors que Moïse joue la comédie du mont Sinaï... Dieu l'a appelé pour lui dicter sa volonté, qu'Israël attende en paix son retour.
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En quelques jours il compose son livre et se hâte de redescendre de la montagne où il écrivait sous la dictée de Jéovah, car les Hébreux se sont révoltés et adorent le veau d'or...
Dans cet abrégé rapide des anciennes ^'croyances religieuses de l'Orient, suivi de cette histoire apocryphe des patriarches, Moïse n'a eu qu'un but, celui de se rattacher à Dieu en quelques pages le plus rapidement possible, pour consacrer la plus grande partie du temps qu'il avait à rester sur la montagne à l'organisation du pouvoir sacerdotal dont il fit tout dépendre dans la nation, et qui devait, en consolidant sa puissance, asssurer pour longtemps la domination de sa famille. De Jà les minutieux détails, sur tout ce qui se rattache aux lévites, aux présents qu'il faut leur donner, aux sacrifices, aux vases d'or et d'argent dont chaque famille doit s'imposer pour le culte, aux cérémonies, et la pauvreté des développements accordés à la création et à l'époque patriarcale, copiés dans l'histoire religieuse et civile des Égyptiens et des Indous, leurs ancêtres.
Nous pensons aussi que Moïse élevé par les prêtres égyp* tiens, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même, ne fut qu'un initié aux cérémonies, un kapural ou officiant, et non un dwidja ou prêtre expliquant l'Écriture sainte et les mystères de la création.
Quoi qu'il en soit, rapidité de transcription ou ignorance de l'esprit des croyances qu'il notait à la hâte, non-seulement Moïse n'explique rien, mais encore prend-il soin de démontrer jusqu'à l'évidence qu'il n'est que le pâle reflet d'une civilisation religieuse plus ancienne.
Sur ce point les preuves abondent.
Figure poétique ou croyance, à quoi se rapporte, ainsi que nous venons de le dire, cette expression de la Genèse hébraïque.
Etspiritus Dei ferebatur super aquas.
Et l'esprit de Dieu était porté sur les eaux.
Puisque Moïse ne peut nous répondre, voyons si nous ne trouverons pas nous-même l'origine de ce souvenir inexpliqué!...
Manou dans sa Genèse, appliquant à Brahma créateur,
l'épithète de Narayana, donne sur ce nom l'explication suivante.
Sloca 10, Livre 1er.
« Les eaux ont été appelées naras, parce qu'elles étaient la production de nara, qui signifie V esprit divin. Ces eaux ayant été le premier lieu de mouvement— en samscrit, ayana — de Nara, l'esprit divin, il a en conséquence été nommé Narayana, l'esprit divin qui sèment sur les eaux. » (Manou.)
Nous lisons dans le Prâsada, livre 1er, recueil des poésies génésiques, ode à Narayana.
« O Narayana, toi dont l'esprit flottait sur les eaux et s'était réveillé pour mettre fin à la dissolution de tous les êtres, ayant résolu de faire émaner les mondes et les créatures de ta substance éternelle, est-il vrai qu'après avoir rassemblé les eaux, le premier acte de ta création fut de faire émerger de la plaine liquide, la fleur bleue du lotus parfumé... » (Prâsada.) &[*
Une des plus belles pièces de vers du poëte ermite Valmiki, intitulée Nalika ( lotus ), qui célèbre les vertus, le parfum et la divine origine de la fleur sacrée, exprime la même image dans sa première strophe.
« Nalika, belle fleur à la corolle délicate, dont le sein renferme les plus suaves parfums, ô toi, qui a supporté le bras du divin Narayana, lorsque flottant sur les eaux après la fin du pralaya ( chaos ), il présidait à la création, je vais chanter tes louanges... » (Valmiki.)
Enfin le Risch-Véda exposant aux croyants le réveil de Dieu dans la nature, s'exprime ainsi.
« Lorsque la nuit divine eut accompli sa dernière heure, l'esprit de Brahma tressaillit en lui, comme au printemps tressaille l'esprit de la nature ; il produisit d'abord les eaux,
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dans lesquels il déposa le germe de tous les animaux qui devaient y vivre, et de toutes les plantes qui devaient y pousser, et comme les eaux furent les premières créées, et le premier lieu du mouvement, l'esprit divin en reçut le nom de Narayana (celui qui se meut sur les eaux), et c'est Brahma lui-même que l'on honore, quand on invoque ce nom, qu'il a reçu comme créateur. » (Rich-Vèda.)
Ainsi les livres sacrés et la poésie se réunissent pour employer cette expression de Narayana, et lui donner le même sens. Ce nom du Zeus irrévélé quandil n'agit pas, qui devient Brahma à son réveil, vient de ce que les eaux créées les premières, ont été le premier lieu de mouvement de la puissance créatrice.
Qui pourrait douter, en présence de ces textes formels, que Moïse en écrivant cette parole au début de la Genèse :
Et spiritus Dei ferebatur super aquas.
Et l'esprit de Dieu était porté sur les eaux,
N'a fait qu'enregistrer soit sans la comprendre, soit sans vouloir l'expliquer, une croyance des anciens livres sacrés de l'Inde dont il avait eu connaissance en Egypte.
Nous lisons dans la Genèse également :
« Et Adam donna à sa femme le nom d'Eve, parce que c'est par elle que devait se perpétuer la vie. »
Quelle est la signification de ce nom de Eve qui n'est donné à la première femme que parce que le genre humain doit naître d'elle. On ne saurait soutenir que nous sommes en présence d'une appellation sans importance, et la phrase entière serait vide de sens, si nous ne trouvions point, en remontant constamment aux sources primitives, l'explication que la Bible nous refuse.
La encore la copie est de toute évidence, et Moïse ne fait qu'adopter le nom donné par les védas à la première femme, et ce nom fut tiré du rôle qui lui était attribué par Dieu dans la création. Le nom d'Hèva, la femme d'Adhima dans la Genèse indoue, siguifie en samcrit :
lôtt LES FILS DE DIEU.
Ce qui complète la vie !
Et voilà pourquoi Moise a pu écrire qu'Adam avait appelé sa femme Eve, parce que c'est par elle que devait se perpétuer la vie.
Même remarque pour le nom d'Adam, même explication tirée des traditions de l'Inde ancienne et de la linguistique.
Le premier homme d'après la Genèse indoue tut nommé par Brahma, Adhima I
Adhima en samscrit signifie le premier homme !
Quant à la légende tout entière de la création mosaïque, on a pu voir qu'elle n'est qu'une pâle copie de la légende indoue que nous avons donné dans la Bible dans l'Inde.
Un dernier exemple pour en finir avec ce qui a trait à la création proprement dite.
Après la faute originelle, qui attira sur Adam la colère de Jéovah, Moïse s'exprime ainsi :
« Et le seigneur chassa l'homme du jardin de délices, et il plaça à l'entrée de ce jardin un chérubin armé d'un glaive flamboyant, qu'il agitait constamment pour garder l'arbre de vie. »
Nous prions le lecteur de se rappeler, en relisant la Bible au besoin, que Jéovah n'a encore créé queleseaux, la lumière, le ciel, la terre et les astres, les plantes, les animaux et l'homme. Donc conséquence logique... où Moïse peut-il prendre le chérubin ou ange qu'il place à la garde de l'arbre de vie, dans le jardin de délices ?
Le législateur hébraïque n'a connu, ceci est d'une incontestable vérité, ni la création des anges, ou divinités inférieures, ni leur révolte contre Dieu, ou s'il a eu des notions de ces choses, il ne les a point racontées dans son livre.
En différents passages il fait apparaître un ange à Abraham, à Loth, à Jacob, et pas un mot, pas un verset pour nous expliquer l'origine et la nature de ces apparitions.
Quelle preuve plus frappante que Moïse, en écrivant son livre de la loi était sous l'empire d'une théologie toute faite, et de croyances religieuses qu'il empruntait à l'Egypte et à Tlnde, et qu'il abrégeait en les copiant.
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Demandons encore aux vèdas et à Manou de nous éclairer sur ce sujet.
« Brahma avant de créer le monde quand le pralaya eût pris fin, divisa les cieux en douze parties et dit :
« Je veux que les cieux se peuplent d'esprits inférieurs qui témoigneront ma gloire et m'obéiront.
« Et les dévas jaillissant de sa pensée vinrent se ranger autour de son trône.
« Mais bientôt de terribles querelles éclatèrent parmi eux, et un certain nombre, ayant mis à leur tète Vasouki, se révoltèrent.
« Mais Indra prit le commandement de ceux qui étaient restés fidèles, et il terrasse Vasouki dans un combat singulier.
« Après la lutte, Brahma chassa du ciel Vasouki et ses compagnons et les précipita dans les enfers, où ils devinrent les rakchasas ou esprits mauvais.
« Indra et ses compagnons reçurent la garde du séjour céleste. » (Rich-Véda.)
Sur le même sujet le législateur Manou s'exprime ainsi :
« Le souverain maître produisit de sa pensée une multitude d'eprits doués d'une àme supérieure, messagers toujours agissants de sa volonté, et il les nomma dévas. Il créa aussi une troupe invisible de musiciens célestes, préposés aux réjouissances des cieux et ils furent appelés les sàdhyas et les gandharbas. »
Soumati, auteur du Vriddha-Manava, ou ancien Manou, dont celui que nous venons de citer n'est que l'abrégé dit, dans un des rares fragments de son œuvre qu'il nous a été possible de consulter :
« Les dévas chassés du ciel pour s'être révoltés contre l'autorité de Brahma, n'eurent d'autres occupations que de troubler les pieux sacrifices des hommes, de les induire en tentations pour les pousser au mal, et de troubler leurs derniers
instants par l'aspect de fantômes terribles, et de visions étranges.
« Ils se nomment iakchas (ou gnomes), pisatchas (vampires), asouras (titans), nagas (dragons), sarpas (serpents), souparnas (oiseaux de cadavres), rakchasas (chefs des mauvais).
« Ainsi furent appelés ces esprits mauvais, suivant le rôle qu'ils jouaient d'habitude auprès des pieux ermites, et des saints personnages qu'ils cherchaient à tromper, ou la forme des animaux qu'ils prenaient pour venir plus facilement sur la terre accomplir leur funeste besogne. »
( Vriddha-Manava.)
Voilà sans doute ce que Moïse eût écrit, s'il eût eu le temps ou la volonté d'expliquer les coutumes et les croyances auxquelles il faisait allusion dans son livre.
A chaque pas que nous faisons, nous pouvons dire que la lumière se fait plus éclatante autour de cette opinion, qui ne voit dans le libérateur de la caste asservie des parias d'Egypte qu'un abréviateur des croyances de la haute Asie.
Quoi de plus naturel du reste, Moïse n'a agi que comme tous les chefs religieux, qui ne fondent qu'avec les débris de ce qu'ils renversent, et empruntent, en les transformant les doctrines de leurs prédécesseurs.
Voilà Adam chassé du paradis terrestre, sa descendance va peupler le monde.
La première chose dont Moïse s'inquiète, c'est de se mettre en communication avec Adam, en faisant arriver la tradition jusqu'à lui par quatre ou cinq générations d'hommes seulement, qu'il fait vivre chacune de huit à neuf cents ans; ainsi Noé né neuf cent six ans après la création du monde aurait vécu vingt-quatre ans avec Adam, puisque ce dernier ne mourut qu'à l'âge de neuf cent trente ans.
Mais ce qu'il y a de plus fort, c'est que Noé, pour les besoins de l'histoire mosaïque, ne connaît les douceurs de la paternité qu'à l'âge de cinq cents ans époque où il engendre Sem, Gham et Japhet.
Quel tissus d'insanités !... et dire qu'aux yeux de Rome ce
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n'est rien de croire en Dieu, si l'on ne consent à courber sa raison devant ces rêves insensés.
C'est ainsi que Moïse répondit d'avance aux objections de son peuple : Mais d'où peut-tu savoir les choses merveilleuses que tu nous enseignes? — Non content de faire parler Dieu, il rapprochait la tradition.
Cependant en détruisant un obstacle, il en dressait un autre. Un sceptique pouvait se lever; l'Israélite, par exemple, qui, menacé par lui, un jour lui dit : — « Crois-tu me tuer comme hier l'Égyptien? » Cet insoumis pouvait lui demander pourquoi l'homme ne vivait plus neuf cent soixante-neuf ans ainsi que Mathusalem !
Moïse s'en tire par un détour vraiment charmant, écoutez plutôt :
« Lorsque les hommes eurent commencés à se multiplier sur la terre, et qu'ils eurent engendré des filles,
« Les enfants de Dieu, voyant que les filles des hommes étaient belles prirent des femmes choisies entre toutes les autres.
« Et Dieu dit: Mon esprit ne demeurera plus à jamais dans l'homme, parce qu'il n'est que chair; et ses jours ne seront plus que de cent-vingt ans... »
Après cela, il n'y avait plus rien à répondre, et l'incrédule le plus endurci ne pouvait que se rendre à de pareilles raisons.
De plus, souvenons-nous que Moïse avait un dernier argument, décisif celui-là, c'était de massacrer ceux qui ne voulaient pas se laisser persuader.
Après avoir puisé la légende du déluge * dans les croyances brahmaniques, le chef des Hébreux laisse de côté la tradition de la haute Asie, et établit une généalogie imaginaire remontant à Noé, de tous les peuples qu'il pouvait connaître parmi ceux qui habitaient l'Egypte et l'Arabie; nous prou-
i. Bible dans VInde, page 248.
verons bientôt par d'indiscutables monuments chronologiques, l'impossibilité de ces récits fantaisistes.
Après avoir abrégé les livres sacrés de l'Inde dans tout ce qui touche à la Genèse, aux traditions primitives et au déluge, Moïse traite de la même manière les traditions historiques des Égyptiens. Dans son désir de donner un passé au peuple d'esclaves né d'hier qu'il gouverne, il ne s'applique pas plus à expliquer, à rendre logique la tradition historique, que la tradition religieuse.
Toute cette partie de son livre n'est qu'une course au clo-^ cher, pour arriver rapidement au mythe d'Abraham, et à l'histoire apocryphe des patriarches, pères prétendus du prétendu peuple de Dieu...
Et quels curieux épisodes. Nous défions nos aruspices modernes, de raconter sans rire la fable de la tour de Babel à d'autres qu'à des petits enfants.
Isaac, Jacob, Joseph, ne sont là que pour donner aux parias d'Egypte une origine moins méprisable, aux yeux des peuples voisins, mais rien n'y fit, et à cette époque où dans la constitution sociale, une nation ne perdait pas plus sa sa caste qu'un homme. Les peuples d'Egypte, d'Arabie, d'Asie-Mineure n'oublièrent jamais la naissance servile des Israélites, c'est avec peine qu'ils voyaient ces gens, sortis d'une classe impure suivant eux, vivre autrement que dans la servitude. Aussi Assyriens, Égyptiens et Babyloniens, ne se firent point faute de faire rentrer dans l'esclavage, à période fixe, ces parias qui avaient brisé leurs chaînes.
Il est impossible d'expliquer autrement cette ligue de tous les peuples leurs voisins, contre les Hébreux.
La Bible prétend que Dieu châtiait ainsi son peuple, chaque fois qu'il avait commis quelques fautes graves. Nous n'admettons pas la main de Dieu d'une manière immédiate et particulière dans l'événement historique au lieu de mêler constamment l'Être suprême à nos discordes, à nos tristes faiblesses, nous préférons croire l'homme indépendant et libre et ainsi sont également les actes qui émanent de sa volonté.
Ils font en vérité une belle besogne ceux qui ne peuvent
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écrire deux pages d'histoire, sans attribuer à la Providence les actes de folie de l'humanité.
Toutes les sociétés antiques ont eu leurs ilotes, leurs esclaves et leurs parias, et les Hébreux furent bien la caste servile de l'Egypte.
L'époque patriarcale terminée, Moïse aborde le récit de sa mission, des moyens employés par lui pour soustraire les Hébreux à Pharaon, et de sa fuite au désert.
Là le merveilleux s'accentue, les buissons s'enflamment et parlent, les verges se changent en serpent, les mains se couvrent de lèpre et se guérissent à volonté, du matin au soir Jéovah n'a plus d'autre occupation que de parler à Moïse : Fais ceci, et puis cela; va trouver mon peuple, va trouver Pharaon, et comme le roi d'Egypte ne veut point consentir à la délivrance de ses esclaves, Jéovah finit par se fâcher, il envoie des grenouilles, il envoie des sauterelles, les prêtres de Pharaon renouvellent les mêmes miracles, la lutte prend des proportions colossales : cette fois le Dieu de Moïse envoie une telle quantité de moucherons, que les sorciers égyptiens s'avouent vaincus et que le roi d'Egypte va céder.
On croit que c'est fini, non, il reste encore à Jéovah quelques miracles à placer; cela ne peut point se terminer comme cela.
« Et il dit à Moïse : Va vers Pharaon, car j'ai endurci son cœur, et le cœur de ses serviteurs, afin que j'opère mes prodiges sur lui. » (Éxode).
Et les ulcères, les pluies de feu, la grêle, de pleuvoir sur la tête des Égyptiens ; leurs troupeaux meurent, la famine les décime, Pharaon demande grâce encore,... mais Jéovah, ne veut pas céder, il nage au milieu de ce sang, il se complaît au milieu de ces tortures, de ces maladies...
« C'est pour que tu racontes à tes fils et à tes neveux, combien de fois j'ai brisé les Égyptiens, et les prodiges que j'ai fait sur eux, » — dit-il à Moïse ! (Éxode.)
Et comme bouquet, il fait périr en une seule nuit, tous les fils aînés des Égyptiens, à commencer par celui du roi... et, satisfait de ce dernier triomphe, il n'endurcit plus le cœur de Pharaon, et les Israélites peuvent enfin s'enfuir au désert, où les malheureux ne firent que changer de joug, car au moindre murmure à la moindre lassitude dans l'immense plaine de sable, Moïse au nom de Jéovah les fait massacrer par milliers par les prêtres.
Arrêtons-nous là, notre but étant dans; ce chapitre, moins d'ajouter de nouvelles preuves à celles que nous avons donnés dans notre précédent ouvrage, de l'origine brahmanique delà société hébraïque et de l'œuvre de Moïse, que de mettre en regard de l'idée de Dieu aux primitives époques des patriarches indous, l'idée de Dieu telle qu'elle se dégage de l'époque patriarcale d'après la Bible.
Lorsque nous aurons étudié dans tous ses détails, la révolution religieuse, qui en donnant le pouvoir aux prêtres dans l'Inde renversa les pures croyances delà religion naturelle, nous reviendrons logiquement alors, avec des arguments nouveaux à la domination sacerdotale établie par Moïse sur le modèle de celle des brahmes indous et des hiérophantes d'Egypte.
Cette première partie de l'œuvre du législateur hébraïque, ne nous donne sur la divinité que des notions absurdes superstitieuses et cruelles; ce n'est point là le Dieu de Manou et des védas, le Dieu que priaient les patriarches Soudama et Adgigarta, et que Valmiki chantait dans l'hymne sublime de l'Hyraniagharba.
Moïse en copiant les traditions anciennes sur l'unité de Dieu, la Genèse et les premiers hommes, laisse échapper à chaque pas, les signes évidents de l'iniïuence des idées de son époque, qu'il fut obligé de subir, et pour conduire un peuple abruti par la souffrance et un long servage, il dut recourir à tous les sortilèges, à tous les mensonges par lesquels régnaient les prêtres de son époque, et faire de Dieu un grossier épouvantail.
Et voilà ce qu'on nous donne comme étant la révélation.
Ah! si au lieu de ces contes étranges, de ces hommes vi-
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vant près d'un millier d'années, de ces récits immoraux de Loth, de Thamar, d'Abraham chassant de sa maison Agar et son fils qui était aussi le sien. Si au lieu de ces grossiers prodiges.de ces massacres ordonnés par Jéovah, devant lesquels proteste le plus vulgaire bon sens, la primitive société biblique, eût ressemblé à la société patriarcale de l'Inde, si le Dieu d'Israël n'eût été représenté qu'armé de mansuétude et de pardon; si inspiré par les hymnes, les prières, les préceptes de Manou que nous avons donnés plus haut, Moïse eût basé ses doctrines sur l'immortalité de l'âme et eût donné à son peuple, une ligne de conduite, morale, pure, rationnelle, conforme aux lumières de la conscience. Si au lieu du vol, du pillage à main armée, des massacres, du rapt des filles vierges, — autem reservate vobis pnellas, — Moïse leur eût enseigné la pratique des vertus privées et humanitaires, que connurent les anciens ermites dont Manou nous a tracé la règle...
Sans admettre ces apparitions de Dieu, indignes de sa puissance et de sa majesté, sans croire qu'il ait choisi des hommes pour leur faire connaître sa volonté, alors que sa sublime voix se fait entendre constamment à la conscience de tous, nous dirions cependant :
— Oui votre révélation est sainte et divine, elle date du premier pas de l'homme sur la terre, c'est cette lumière intérieure qui préside à tous nos actes, pour les nommer mauvais ou bons, qui entretient en nous les notions de Dieu, de l'infini, et de l'immortalité, et nous donne la foi en une éternelle justice, faite surtout d'amour et de pardon.
Votre révélation serait belle,... car elle serait la Raison et nul ne pourrait contester la filiation divine delà raison, à moins de nier Dieu.
Nier Dieu, c'est-à-dire le mouvement, la pensée, la vie; remplacer la suprême intelligence par le magnétisme, le fluide et l'attraction universelle!
L'athéisme est une folie I
Oui mais votre Dieu ne saurait être le nôtre, nous ne pouvons nous agenouiller devant Jéovah luttant avec les sorciers de la cour de Pharaon, massacrant les peuples, confon-
dant dans sa colère, les innocents, les enfants et les vieilles femmes, ordonnant de réserver les jeunes qu'il accordait à ses guerriers après la bataille, quand ils avaient suffisamment égorgé de Chananéens, d'Amorrhéens et d'Amalécites, pour satisfaire sa vengeance.
Vous étiez mieux avisés autrefois, quand tenant les peuples courbés sous le joug, vous défendiez la lecture de ces atrocités.
Gomment voulez-vous que l'esprit le plus simple, s'il n'a point façonné sa raison à la croyance servile, ne se demande pas avec étonnement, pourquoi Chanaan, n'était point fille de Jéovah au même titre qu'Israël, et comment il se pouvait faire que l'auteur de toutes choses lança les peuples les uns contre les autres pour les faire s'entre-dévorer comme des fauves.
Et alors celui qui pense, s'aperçoit en sondant le passé , qu'il en a été partout ainsi depuis la chute de la religion naturelle qui fut la véritable, la seule loi de Dieu; que partout les brahmes, les bonzes, les prophètes, les lévites, les fils de Dieu, ont caché l'image de l'Être suprême derrière les mystères de la superstition, souillé son culte par les massacres, les hécatombes et les bûchers...
Et songeant au Zeus irrévélé, dont les premiers âges du monde, ont célébré la sagesse, la puissance et surtout la bonté, il se prend à redire avec le poëte indou :
« Je ne te connais pas, mais je sais que tout n'est que par toi, et rien en dehors de toi, que tu existes par ta propre puissance, que l'infini, l'immensité, l'espace, ne sont rien pour toi. Je ne te connais pas, ô Narayana, mais je sais que tu es et as toujours été, et cela me suffit pour attendre la fin, qui sera ma naissance en toi, »
Jéovah nrest que le Dieu des prêtres l
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