ALÉA
Et lorsqu’elle eut écrit cette lettre, dans ce boudoir lamé d'argent, de son hôlel des Champs-Elysées, où nous l’avons vue pour la première fois, la Fille-Destin murmura :
— Il est temps !
En même temps elle dévissa le chaton d’une bague qu’elle portait à l’annulaire de la main gauche. Le chaton contenait deux grains d une poudre noirâtre, poison foudroyant.
Mais comme elle allait porter le poison à ses lèvres, une porte s’ouvrit et un homme entra.
Aléa se leva frémissante.
— Vousl dit-elle.
— Moi, dit le vieillard, qui depuis long-
temps avait disparu, qu’Aléa appelait autrefois « mon oncle » et à qui on donnait le titre de major.
Moi, répéta-t-il froidement.
Et il s’assit.
— Ma chère enfant, dit-il, on ne meurt pas à voire âge.
Et, d’ailleurs, vous n’avez pas le droit de mourir. Supposez que votre rêve était une réalité et que vous êtes bien réellement la Parque.
Les Parques ne meurent pas.
D’ailleurs, qui sait?* Raymond aura peutêtre encore besoin de vous.
Adieu...
Et cet homme étrange disparut dans un brouillard qui enveloppa subitement le boudoir d’Aléa.
Aléa ne mourut pas.
Que devint-elle?
Peut-être vous le diroi.s-nous un jour.
Pmis* typ. E. Panckoucke et O, quai Yo ta re '*
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