L.-P. d'Orléans
Le vaisseau America a mis en mer le 24 septembre »vec un vent le plus favorable qui continue encore.
Hambourg, le S7 septembre 1796.
J. E. F. WESTPaALKN\
Une dernière lettre enfin rassurait le ministre en loi donnant la certitude du départ pour TAmérique du jeune prince qui, proscrit, sans argent, sans amis, était encore un éponvantail pour le Directoire :
Citoyen Ministre,
Le citoyen L.-P. d'Orléans m'a chargé à son départ de vous remettre une lettre et une petite brochure et d'y joindre la prière de vouloir bien avoir la complaisance de faire parvenir Tun et l'autre à la citoyenne sa mère.
Je m'acquitte de cette commission, avec d'autant plus de plaisir, que tout en obligeant ce jeune homme si aima.ble et si intéressant je me vois à m6me. Citoyen Ministre, de pouvoir vous prier d'agréer les assurances d'estime et considération parfaite, qui vous est due, et d'oser manifester le désir que j'ai
* ArcMvei nationaUê T* 4 S89.
de me trouver dans le cas de pouvoir servir de quelque manière un républicain que j'honore.
C'est avec ces sentiments. Citoyen Ministre, que j'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
J.-E.-F. Westphalen.
Associé de M. RiLckert Westphalen, Hambourg, le 27 septembre 1796.
Au citoyen Ministre Cochon, Paris*.
C'est au prix de cet exil que le duc de Montpensier et le comte de Beaujolais obtinrent leur liberté : ils s'embarquèrent à Marseille, pour aller rejoindre leur frère : la traversée fut longue et pénible. Le vent contraire les retint vingt-trois jours dans la Méditerranée. Ils n'arrivèrent en Amérique qu'en février 1797 et se réunirent au duc d'Orléans; après avoir été séparés si longtemps, les trois frères sentaient le besoin de ne plus se quitter. Ils voyagèrent ensemble dans l'intérieur des Etats-Unis; après leur retour à Philadelphie, en juillet 1797, la fièvre jaune se déclara dans cette ville : les fils du plus riche prince de l'Europe ne purent, faute d'argent, quitter le foyer de l'épidémie; leur mère, au mois de septembre suivant, leur expédia quelques secours ; dès qu'ils apprirent qu'elle avait été déportée en Espagne, ils résolurent de l'y rejoindre ; mais les ressources manquaient pour un si long voyage, ce n'est qu'en février 1800 qu'ils purent atteindre Londres.
C'est là que le duc de Montpensier mourut, au mois de mai 1807^ : son frère Beaujolais, très affaibli, encore qu'il
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* U fut enterré à Westminster.
n'eût que vingt-sept ans^ s'embarqua pour Malte dont il croyait le climat favorable : il y mourut dans les premiers jours de 1808. Des trois fils de Philippe-Egalité, un seul survivait : une existence d'éclatantes aventures lui était réservée.,.