‹ Les Fils de Philippe-Égalité pendant la TerreurChapitre 16 sur 19 · L.-P. d'Orléans · texte numérisé non relu

L.-P. d'Orléans

Il s*embarqua presque aussitôt^ mais les vents le retinrent quelque peu :

Archives nationales W 43B9.

hk DÉPORTATION 303

A bord du yaisseau America dans le port d'Hambourg, le 15 septembre 1796.

II y a déjà longtemps, ma chère maman, que vos ordres seraient exécutés et que je serais parti pour Philadelphie, si un vent d'Ouest permanent ne nous empêchait pas de sortir de TElbe. Gomme il me sera impossible d'écrire au moment oti nous mettrons à la voile, je laisserai cette lettre à un négociant d'Hambourg (M. Je. Er. Fr. Westphalen dont je ne peux pas asâez vous vanter Textrême obligeance à mon égard), et il voudra bien se charger d'y ajouter l'époque du départ d' America. Je suis sur un très bon vaisseau américain doublé en cuivre et fort bien arrangé intérieurement. Le capitaine est un fort bon homme et nous sommes bien nourris. Soyez sans aucune inquiétude pour ma route, ma chère maman, le Ministre de France m'a délivré le passeport que j'avais demandé pour moi; il a même eu l'attention d'y joindre une lettre pour le Ministre de la République près les États-Unis. Ainsi vous pouvez être parfaitement tranquille sous tous les rapports, il me tarde beaucoup d'avoir des nouvelles de mes frères dont je suis privé depuis si longtemps, les gazettes ne nous ayant pas annoncé leur départ, je crains qu'il ne soit pas encore effectué. J'en attends la nouvelle avec une impatience bien vive.

J'ai aussi prié M. Westphalen de joindre à cette lettre un exemplaire du petit écrit dont je vous ai parlé.

Adieu, ma chère maman, votre fils vous chérit et

VOUS embrasse de toute son âme. G^est aussi de toute son âme qu'il souhaite que le voyage qu'il entreprend puisse avoir Teffet que vous en attendez et améliorer enfin la cruelle position des siens qui pèse sur son cœur depuis si longtemps.

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