COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA CHINE DE 1883 A
Cours du
haiïkwan taël
exprimé
en francs. Importations. Exportations. Total.
IT. 1Cs Millions de taëls.
ASS Ne te 5205 1% 70 14% ASS AMAR 7,05 13 67 440 AS BD EEE as el, 6,70 88 65 153 ABS CREME 6,30 87 nil 16% ASSUME EU UE 6,10 102 86 188 TRS ar EN 5,90 125 92 217 ASS OMEERER T 0,0) 111 97 208 HOODÉRRER ES ER 6,55 127 87 21% TOO pre 6,10 134 101 235 BD ne 6,10 135 103 238 180 SEP 5,10 151 HU 268 TSO EEE Le 4,75 162 128 290 ASDSR EE en € 4,00 172 143 315 ABOCEE rRRenR 4,20 203 131 334 AS OT CN Le 3,175 203 164 367 LOU SMS 3,50 210 159 369 ADDRESS 3,00 265 196 461
D’autres facteurs que le cours du métal argent ont exercé leur
influence : l’abaissement des prix de revient en Europe et des
frets a permis aux importateurs de vendre à des cours sans cesse
décroissans.
Les changes se cotent à Shanghaï en exprimant la valeur du
taël en monnaies étrangères : ainsi les cours de Londres se tra-
duisent par l’inscription du nombre de shillings et de pence qui s'échangent contre un taël; le change sur France, Allemagne, New-York, par celle des francs et centimes, des marks et plennigs, des cents qui s’obtiennent contre l'unité chinoise. La cote de Shanghaï indique aussi le nombre de taëls de Shanghaï qui équivalént à 100 piastres mexicaines, et la quantité de sapèques qui se
donnent contre un taël. Le taux de l'intérêt s'exprime par la fraction quotidienne, qu'il faut done multiplier par 365, si nous voulons noter ce taux à l’européenne, c'est-à-dire en tant pour 100 lan : ainsi 4 pour 1000 signifie 365 pour 1000, soit 36 1/2 pour 100 à l'année. |
Nous ne nous rendrions pas bien compte de la façon dont s'effectuent les échanges en Chine, si nous ne considérions pas les banques du pays, qui ont atteint un développement remarquable et constituent un système beaucoup plus perfectionné que ne pourraient se l’imaginer ceux qui n'en connaissent pas l'importance et le mécanisme. Elles jouissent d’une liberté absolue, les plus importantes étant les banques d'escompte et de dépôts. Dans chaque province, il en est une à laquelle sont confiées la garde du trésor du gouvernement local et la perception des taxes, moyennant une commission de 2 pour 100. Les opérations sont l'escompte, les négociations de lettres de change, les avances sur propriétés, sur marchandises, le commerce des métaux précieux, les prêts à court:terme, les compensations, dont l'usage est très répandu, les prêts sur gage. Beaucoup de ces banques indigènes sont les cliens des banques européennes, qui louent leur honnêteté et leur habileté.
Le rapport de la mission lyonnaise nous montre comment fonctionnent ces établissemens. 11 y à par exemple 17 banques chinoises établies à Tchoung-King : presque toutes sont entre les mains de gens du Shansi; quelques-unes ont leur maison mère à Tchen-tou ; elles ont toutes des agences à Canton, Shanghaï, Hankéou, Nantchang, Kouiyang, Tchentou, Yunnanfou, Sanifou. Le capital varie d'un demi à plusieurs millions de taëls: il est - presque toujours conservé en espèces, de façon à être constamment disponible. Les agences ont des raisons sociales différentes de celles de la maison mère, n'étant ni l’une ni les autres solidairement responsables de leurs engagemens. Les employés sont en général associés; l'inventaire se fait tous Les trois ans. Les re-
connaissances des débiteurs indiquent à quelle balance l'argent a
été pesé. Beaucoup de ces banques émettent des billets, ce que font aussi certaines banques anglaises, comme la Chartered Bank 0f India and Australasia, et la Hongkong and Shanghaï Banking Corporation. Dans les villes où il y en a plusieurs, elles échangent chaque soir entre elles les nombreux chèques qu'elles ont reçus dans la journée et règlent les soldes au moyen de lingots d'ar-
gent (sycee) que des coolies transportent d’un établissement à l’autre et que chacun conserve dans ses caves.
A côté de ces banques existent un grand nombre de prêteurs sur gages : trois classes en étaient jadis reconnues et patentées par lé gouvernement. Elles se distinguaient d'après la longueur du délai accordé aux emprunteurs pour se libérer : trois ans, deux ans, ou un an: les prêteurs pouvaient exiger jusqu’à 3 pour 100 par mois et étaient responsables de la conservation du gage, sauf cas de force majeure.
Les banques chinoises de Shanghaï empruntent souvent une partie des capitaux dont elles se servent aux banquiers européens. Les taux d'intérêt atteignent des hauteurs inconnues en Europe, dont profitent Les établissemens étrangers qui travaillent en Chine et dont les principaux sont :
1° La Chartered Bank of India, Australia and China, qui, la première, a ouvert une agence en pays chinois : elle en a aujourd'hui trois, à Shanghaï, Tientsin, Hankéou. Son capital versé est de 800000 livres sterling, soit 20 millions de francs, et sa réserve de 12 millions et demi: son émission de billets oscille aux environs de 18 millions de francs;
20 La Deutsch-Asiatische Bank, fondée en 1890 à Berlin au capital de 5 millions de taëls et dont le développement rapide suit celui du commerce allemand dans ces régions ;
30 La Hongkong and Shanghaï Banking Corporation, la plus importante de ces banques, dont le siège est à Hongkong, ct l'influence considérable dans tout l'Extrème-Orient ; elle dispose d’un capital de 10 millions de piastres, divisé en 80 000 actions de 125 piastres, et d’un fonds de réserve de 12 millions : ses actions sont cotées aux environs de 1500 francs. Elle à émis pour 10 millions de piastres de billets gagés par des titres déposés entre les mains des agens de la Couronne anglaise. Elle à en outre été autorisée, en 1900, à faire une émission de 2500000 piastres de billets gagés par des espèces; 4° La Bank of China and Japan, dont le siège est à Londres et le capital versé d'environ 10 millions de francs;
5° La Yokohama specie Bank, fondée en 1880, au Japon, avec un capital versé de 18 millions de yen, une réserve de 8 millions de yen, et qui contribue à fortifier en Chine l'influence Japonaise; elle a son siège à Yokohama et des agences à Shanghaï, Hankéou, Tientsin, Newchwancg ;
6° La Banque russo- chinoise, société russe organisée par dé- vu cret du 10 décembre 1895, au capital de 7500000 roubles or, avec siège à Saint-Pétersbourg, succursales à Paris, Shanghaï, Hankéou, Newchwang, Port-Arthur, Tientsin et Pékin : elle assure le service financier des chemins de fer sibérien et mandchourien, de la ligne Hankéou-Pékin; elle a émis une parüe de l'emprunt russo-chinois de 1896 ;
70 La Mercantile Bank of India, de Londres, au capital de 4 500 000 livres sterling, soit 37 millions 1/2 de francs, dont un tiers environ est versé: 5
8 La Banque de l'Indo-Chine, établissement français au capital de 24 millions de francs, dont un quart versé, qui a son siège à Paris, à ouvert le 1°' juillet 1898 une agence à Shanghaï, et dont les billets circulent en Indo-Chine plutôt que dans l’empire chinois.
En dehors de cette dernière et de la Banque impériale de Chine, fondée en 1896 au capital de 5 millions de taëls, la Hongkong and Shanghaï Banking Corporation et la Chartered Bank of India, Australia and China émettent du papier pour les sommes modérées que nous avons indiquées. Mais les banques particulières chinoises créent des billets dont le total atteint parfois le vingtuple du capital social.
IT
Les budgets de la Chine n'existent guère au sens moderne du mot, et les chiffres qui en sont publiés s’éloignent à coup sûr de la réalité. Le gouvernement central essaie tous les ans de combler le déficit par des expédiens et des exactions. « Il donne des terres aux soldats, écrivait, il y a un tiers de siècle, M. de Courcy, et leur permet le pillage en temps de guerre pour se décharger du fardeau de leur paye ; il licencie ses troupes régulières en temps de paix et recrute, aux époques de trouble, des bandes indisciplinées, dont la turbulence est un péril pour le repos de l'État; il exige impérieusement des dons volontaires, il fabrique des Eds LR qui ouvrent la voie des fonctions publiques. Les autorités locales secondent de leur mieux ces funestes efforts. Impuissantes à faire face aux exigences multüiples de leur situation avec les ressources normales que leur fournit l'impôt, promptes à saisir toute occasion de remplir leur
cassette particulière aux dépens de leurs administrés, elles multiplient à leur gré les taxes extraordinaires et en exigent le re- couvrement avec une impitoyable rigueur. Il arrive parfois que, réduites au désespoir par les extorsions administratives, les po- pulations éperdues se soulèvent et demandent aux armes le re- dressement de leurs légitimes griefs. Quand l'émeute est redou- * table, Les autorités composent. » Si quelques traits de ce tableau ont cessé d’être ressemblans, il n'en est pas moins, dans son ensemble, de nature à nous donner une idée générale de l'imperfection du système qui est encore en vigueur. Nous invoquerons sur ce point le témoignage d'un homme d'État japonais, le marquis Îto, qui, après un voyage d'étude fait en Chine, déclarat que le désordre financier y atteint le maximum, et qu'il lui a été impossible d'obtenir un relevé des recettes et des dépenses. Il est piquant de voir le jugement des vainqueurs de 1894 se rencontrer avec celui de l'Europe.
Le gouvernement chinois ne se préoccupe pas d'établir une concordance entre les dépenses et les recettes probables : il inscrit, en regard du nom de chaque province, la somme qu'il attend d'elle, et se contente d'en recevoir environ les quatre cinquièmes ; au bout de quelques années, un décret impérial fait remise des montans qui ne sont pas rentrés. Inversement, si une province, telle que le Sechüen, fournit plus que sa quote-part dans l'impôt foncier, l'excédent en est dissimulé sous d’autres appellations, comme celle de don gracieux, pour éviter de porter atteinte au principe de l’immutabilité de la taxe immobilière. Le budget annuel est établi par le Comité des revenus de Pékin, qui a quelques-unes des attributions de notre ministère . des Finances, et auquel sont adressés les rapports périodiques des hautes autorités provinciales : ces documens sont publiés en totalité ou par extraits dans la Gazette de Pékin, organe officiel de l’Empire depuis une dizaine de siècles. Ces rapports des Souverneurs ou des vice-rois indiquent le montant des sommes remises au gouvernement impérial, qui ne perçoit directement aucun impôt, à l'exception des douanes maritimes et de quelques douanes intérieures. Les revenus sont encaissés par les agens des gouvernemens provinciaux, vis-à-vis de qui ils sont responsables. D’après le rapport que M. Jamieson, consul général d'Angleterre -à Shanghaï, écrivait en 1896 et auquel nous emprunterons un Certain nombre des renseignemens qui suivent, les produits de
l'impôt sont d'abord versés au Trésor provincial ou à ne des, trésoreries locales, puis répartis entre la caisse centrale à Pékin et celle de la province; dans certains cas, une contribution est.
fournie à des provinces moins fortunées; mais en principe chaque province doit subvenir à ses besoins et contribuer, dans la proportion de ses ressources, aux charges de l° État.
Le Comité des revenus à Pékin dresse, avant la fin de l’année, un état des sommes nécessaires à l'administration impériale et Les répartit parmi les diverses provinces, aux gouverneurs desquelles il est envoyé, après que l'Empereur l’a approuvé. Voici comment s’établissait le bilan moyen annuel des recettes et dépenses visibles de l'Empire et des provinces avant la guerre japonaise, c'est-à-dire à une époque où la dette publique était à peu près nulle :
RECETTES Millions de taëls (valant env. 3 fr. 75 l'un).
Impôt/foncier.payablelen argent NN EE — rie ON rIZe. 6, 06 OST î Revenu du'sel. 242200 AIN Likin (douanes intérieures) NP PES Douanes maritimes MUNIE NE Octrois ou douanes indigènes :
Droits sunlopiumandigèene MP NES 2 Droits divers... Ne SM EN ENENREESS 5 Total ER RS DÉPENSES
Administration centrale (garnison mandchoue et Mai-
son impériale). . . . JOUR). LENS) Amirauté (escadre de Reda ne ). SALE NEA NEURS 5 Escadre du Nord ROoe ANNE 5 Défense des côtes : solde den orne étrangèr FES 8 Défense dela Mandchourie ON 2 Défense'de l'Asieicentrale ON PO RORONENRE »
Subside au Yunnan . . AR 2 Service des emprunts extérieurs . 2 Constructions de chemins de fer . 1 Travaux publics. 2
Administration des donnee é
> Administration des 18 provinces a, mon des iTOUPeS provinciales NEA
Total ur seen
elui cn Kiangsu :