‹ Les finances de guerre au XXme siècleChapitre 103 sur 133 · TAUX · texte numérisé non relu

TAUX

1.10.03 1.08.76 1.08.10 1.03.00 0.99.86 (minimum) 0.99.25 1.00.00 0.99.97

A l'ouverture des hostilités balkaniques, six fonds d'Etat helléniques étaient cotés à la Bourse de Paris. C'étaient les 5 0/0 1881, 1884 et 1887, le 2 1/2 0/0 1898, et les 4 0/0 1902 et 1910 (1).

De 650 millions de drachmes environ avant la guerre gréco-turque, la dette publique de la Grèce était donc passée à près d'un milliard de drachmes en 1912. Cette importante progression était due aux déficits, parfois considérables, par lesquels se soldaient normalement les budgets helléniques.

Comme le budget bulgare, le budget grée s'était rapidement accru depuis une quinzaine d'années, c'est-à-dire depuis la restauration financière de 1898 (2). Le budget cle 1899 ne dépassait guère 100 millions de drachmes; celui de 1912 était prévu pour 142 millions et demi de drachmes environ.

(1 ) Le Rentier du 27 juillet 1913.

(2) L'Information du 8 mai 1913.

L'augmentation s'explique surtout par l'accroissement des dépenses pour l'armée et la marine, dont le montant était évalué à plus de 30 millions de drachmes dans le budget de 1912. Encore faut-il remarquer qu'il s'agit là du seul budget ordinaire. Or en Grèce comme en Bulgarie, il existe des budgets extraordinaires et des comptes spéciaux dans lesquels figurent des dépenses1 parfois très importantes; c'est ainsi que, outre les chiffres que nous venons de mentionner, il avait été prévu, pour l'exercice 1912, des crédits extraordinaires s 'élevant à 30.270.000 drachmes pour l'armée et 19.260.000 drachmes pour la marine, ce qui portait à 80 millions de drachmes environ l'ensemble des dépenses affectées' au développement de la puissance militaire du pays. On voit que la Grèce, comme ses alliées d'ailleurs, s'était préparée sérieusement à la lutte contre l'adversaire héréditaire.

La comptabilité de la Grèce est fort compliquée en raison de l'enchevêtrement des exercices budgétaires, enchevêtrement qui retarde considérablement la liquidation définitive, de chaque budget. Aussi est-il assez difficile de se rendre compte des résultats de cette liquidation. Voici, néanmoins, d'après des informations qui paraissent dignes de foi, comment se seraient soldés les budgets helléniques depuis l'établissement de la loi de contrôle de 1898 (1) :

EXERCICES

RECETTES

DÉFENSES

EXCÉDENTS

DÉFICITS

(en milliers de drachmes)

1908 (résultats provisoires)

1910 (prévisions budgétaires).. .-. .

(1) L'Information du 8 mai 1913.

Ce relevé s'arrête malheureusement à l'année 1908. Cependant, d'après les explications fournies en 1912 au Parlement hellénique par le ministre desi Finances, les budgets des exercices 1910 et 1911 se seraient soldés par des excédents de recettes évalués, d'une manière provisoire, à 1 millions et demi et à 5 millions de drachmes respectivement. D'autre part, d'après le discours prononcé en avril 1913 par le ministre des Finances actuel, 11. Diomidis, devant la Chambre, l'excédent des dernières années ( ?) se serait élevé à 20 millions de drachmes.

A ne considérer que ces résultats, on pourrait supposer qu'à de rares exceptions près, les budgets helléniques se soldaient, avant la guerre, par des excédents de recettes. Mais les chiffres ci-dessus sont seulement ceux <du budget ordinaire, à côté duquel il existe, nous l'avons dit, un budget extraordinaire où figurent des dépenses parfois très importantes. Si l'on fait état de cette dualité budgétaire, il n'est pas douteux que le budget hellénique doit être considéré comme se soldant normalement par des déficits. Il y aurait lieu de tenir compte, il est vrai, du fait que certaines dépenses de ce budget doivent être considérées comme productives: tel est le cas, notamment, des dépenses de construction cle chemins de fer.

Toutefois, presque tous les emprunts helléniaues, comme nous l'avons vu, comportant des gages spéciaux, la question budgétaire proprement dite ne présente pas, pour la Grèce, un intérêt absolument capital au point de vue de son crédit public. B n'en est pas de même de la question économique; les revenus de la Commission financière internationale sont, en effet, des impôts indirects, dont le rendement est en fonction directe du développement économique du pays; or, la progression de ce rendement se traduit par une amélioration immédiate du revenu de certains emprunts helléniques, qui trouve sa répercussion dans la cote des cours et l'appréciation du crédit de l'Etat.

Nous avons constaté, dans des pages antérieures, qu'il

y avait eu, avant la guerre, un accroissement sensible des recettes de la Commission internationale. Il est hors de cloute, en effet, que la Grèce avait réalisé, depuis quelques années, des progrès économiques remarquables, grâce au retour du calme politique. Ces progrès, qui s'étaient traduits par une augmentation importante de si ressources publiques, avaient été surtout caractérisés- par un remarquable développement de la marine marchande. Par ailleurs^ le commerce de la 'Grèce avait augmenté dans dès proportions très notables, comme l'on peut s'en rendre compte par les chiffres suivants, relatifs- aux dernières années (1) :

ANNÉES

IMPORTATIONS

EXPORTATIONS

(en milliers de francs)

De 1905 à 1911, l'ensemble du commerce extérieur hellénique s 'était accru de 88 millions de francsi ou de 40 0/0 environ. L'accroissement avait été particulièrement remarquable pour les exportations, qui avaient augmenté, pendant cette période, de près de 70 0/0. Ainsi s'explique vraisemblablement, dans une large mesure tout au moins, l'amélioration qui s'était produite dans les cours du change en Grèce: depuis plusieurs années, la prime sur l'or avait presque complètement disparu.

En somme, si la situation financière du royaume de Grèce s'était incontestablement améliorée dans les dernières années, surtout sous l'impulsion heureuse du roi Georges Ier et de son habile premier ministre, M. Vénizélos, elle était encore loin d'être parfaite au moment où

(1) L'Information du 1er novembre 1913.

éclata la guerre dos Balkans. Fort heureusement, l'état de la trésorerie dri Gouvernement hellénique était satisfaisant. Grâce aux excédents de recettes du budget ordinaire et, surtout, à la réalisation de d'emprunt 4 0/0 1910, le Gouvernement d'Athènes disposait, à ce moment, d'une réserve liquide de 92.100.000 drachmes. Aussi, le ministre des Finances pouvait-il, déclarer devant la Chambre, en mars 1913, que la Grèce s'était trouvée, au point de vue financier, dans une situation plus satisfaisante -que celle des autres belligérants.

Voici, d'après le Messager d'Athènes, comment s'établissaient les recettes et les dépenses du budget de 1912 (1) :

Budget Grec pour l'exercice 1912

Recettes

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