DRACHMES
Revenus des biens domaniaux, etc
Vente de biens domaniaux, etc ....
Recettes diverses
Arriérés d'exercice clos
Revenus de legs ei. de la Caisse agricole
Ihessalienne.
Recette extraordinaire
TOTAL
Dépenses
Finances :
Affaires étrangères
Justice
Intérieur
Instruction publique et cultes
Economie nationale
Guerre .
Marine
TOTAL
(1) Le Marché financier en 19J2, par Raffalovich, page 739.
La charge budgétaire ressortait, pour une population de 2.700.000 habitants, à plus de 50 francs par tête ; elle était donc notablement plus élevée qu'en Bulgarie, et même, comme nous le verrons, qu'en Serbie. Cela s'explique par le fait que la Grèce s'est organisée sous sa forme moderne depuis plus longtemps que ses deux alliées.
Parmi les recettes comprises sous le terme générique d'impôts, les impôts directs figuraient pour une somme ronde de 24 millions de drachmes, les impôts indirects pour 56 millions et les monopoles d'Etat pour 13 millions. La proportion des impôts directs clans l'ensemble des ressources était, par conséquent, modérée, puisqu'elle ne représentait que 16 0/0 du total.
En ce qui concerne les dépenses, la Dette formait. plus du quart du chiffre global, la Guerre et la Marine plus du cinquième. En dehors du budget ordinaire, d'ailleurs, il en existait un extraordinaire, comme nous l'avons dit : 30 millions de drachmes y étaient inscrits pour la Guerre et 20 millions pour la Marine.
Ainsi, le projet de budget pour 1912 faisait apparaître un excédent de 800.000 drachmes en chiffres ronds, dû à une meilleure perception de l'impôt et à une économie dans l'administration. D'autre part, les exercices 1910 et
1911 avaient laissé un excédent global évalué à 12 millions 150.000 drachmes. .
(( Ayant réuni, dit M. Bafralovich dans le Marché financier en 1912, les excédents de recettes de 1910 et de 1911 avec le reliquat de l'emprunt de 110 millions, M. Coromilas, ministre des Finances, se trouvait disposer d'un boni de 85.871.000 drachmes. Il se proposait d'en consacrer, en
1912 et 1913, 47 millions à la réorganisation de l'armée: avec 72 millions déjà employés, il aura été dépensé 120 millions pour réorganiser une armée de 130.000 hommes sur le pied de guerre. La marine, dont on augmente les unités de combat, devait absorber 21 millions en deux années ; 15 millions de drachmes devaient aller aux travaux
publics, dont 9 aux chemins de fer, au port du Pirée et à des travaux hydrauliques en Tliessalie, 3 aux routes et 3 pour le dessèchement de marais. 1. 200.000 drachmes étaient réservés aux douanes afin d'acheter des automobiles pour la poursuite des contrebandiers. De sorte qu'on prévoyait 18 millions de drachmes de reste sur le boni ci-dessus à la fin de l'exercice 1912. »
La situation de trésorerie était donc bonne au moment de l'ouverture des hostilités, le Gouvernement disposant immédiatement de disponibilités importantes. Malheureusement, il ne pouvait compter dans une très large mesure sur le concours de la Banque nationale qui, depuis longtemps déjà, avait mis une bonne partie de ses ressources à la disposition du ministre des Finances, et qui, dès lors, ne pouvait augmenter son émission de billets sans détériorer le change et aggraver, par suite, le fardeau du service de la dette extérieure. En effet, au 31 décembre 1911, la moitié environ de la circulation, soit 66 millions de drachmes, représentait une avance consentie à l'Etat par la Banque, qui avait alors une encaisse-or de 10 millions et 69 millions de crédits à l'étranger, pouvant être assimilés à l'encaisse métallique. Les prêts hypothécaires s'élevaient à cette époque à 70 millions de drachmes environ. Ayant des "branches d'activité multiples et, par suite, un bilan assez compliqué, la Banque nationale de Grèce ne pouvait, avec la même facilité que d'autres instituts, augmenter considérablement le chiffre de son émission.
D'autre part, la bonne tenue des fonds nationaux sur les marchés de l'étranger avait fait naître chez les hommes d'Etat du Royaume hellène l'idée et le désir de l'unification de la dette publique. Déjà, une loi votée dans ce sens par le Parlement, en avril 1910, avait autorisé l'émission d'un emprunt de conversion au taux de 4 0/0 et au prix minimum de 84 francs. Peu avant la guerre, les journaux grecs annonçaient même que le ministre des Finances, M. Coromilas, devait incessamment prendre un congé
de deux mois pour aller négocier l'unification à Paris et à Londres (1).
La déclaration de guerre des alliés à la Turquie et l'observation par les grandes puissances d'une stricte neutralité financière à l'égard de chacun des belligérants eurent naturellement pour résultat de faire ajourner après le rétablissement de la paix l'unification de la Dette hellénique.
Le décret de mobilisation fut publié en Grèce le 17/30 septembre 1912, et, le 5/18 octobre, l'armée grecque passait la frontière.
En présence des événements nouveaux, d'une importance capitale au point de vue de l'avenir même du pays, le premier acte du Gouvernement d'Athènes fut de faire décréter par le Parlement, le 19 octobre, l'établissement d'un moratorium pour la durée de la mobilisation et de la guerre.
Cette loi donnait aux banques le droit, sur une déclaration formelle, de suspendre le paiement des dépôts pendant toute la durée de la campagne.
Toutes les banques, néanmoins, notamment la Banque nationale, la Banque d'Orient et la Banque commerciale, déclarèrent officiellement qu'elles n'useraient pas du droit qui leur était donné par la nouvelle loi sur le moratorium, qu'elles rempliraient strictement tous leurs engagements, en particulier qu'elles répondraient immédiatement à toutes les demandes de remboursement des dépôts qui leur seraient faites. Parmi ces banques, la Banque nationale devait, à titre de dépôts, 199,5 millions de drachmes à la clientèle privée et 27 millions à l'Etat; la Banque d'Orient, 30,8 millions de drachmes à la clientèle privée et la Banque commerciale 15 millions. A une réunion extraordinaire du Conseil d'administration de la Banque nationale, le gouverneur, M. Valaoritis, déclara même que la Banque ne continuerait pas seulement à remplir ses engagements et
(1) Le Rentier des 17 et 27 septembre 1912.
à soigner ses affaires comme en temps de paix, mais qu'elle était encore en état de soutenir la banque et le commerce grecs. Il ajouta que, pour le moment, il n'y avait pas à craindre une tension exagérée du change (1).
Seule, la Banque d'Athènes lit exception, malgré sa solide position, donnant à ce sujet les explications suivantes m :
a La Banque d'Athènes déclare à ses déposants qu'en vertu de la loi votée hier, elle reporte le remboursement de ses dépôts à une date ultérieure. On comprendra facilement que la Banque d'Athènes soit plus atteinte que toute autre banque grecque par les difficultés créées' par le passage inattendu et subit du pied de paix au pied de guerre. La Banque d'Athènes possède, en effet, en dehors de son siège social, 38 succursales, dont 15 sont en Turquie, où la situation a été à tous les points de vue défavorable. Se trouvant dans une situation extraordinaire, la Banque est persuadée qu'en reportant le remboursement de ses dépôts à une date plus éloignée, elle sert le mieux possible les intérêts qui lui ont été confiés, car, de cette façon, elle aura le temps de faire face aux circonstances exceptionnelles qu'engendrent les événements actuels et d'éviter toute anomalie préjudiciable. Finalement, la Banque déclare qu'elle a pris toutes les mesures appropriées pour protéger contre tout danger les propriétés qu'elle a en Turquie. Elle assure que ses affaires ne sont nullement compromises et que le report du remboursement des dépôts à une date ultérieure est, en quelque sorte, une nécessité de service. »
D'après le dernier bilan de la Banque d'Athènes, arrêté au 31 août 1912, les dépôts atteignaient à cette époque le chiffre de 150.C00.0O0 de drachmes, dont 48,5 millions à vue, 52,5 à courte échéance et 31 millions à longue échéance, en partie même à plusieurs années. Les dépôts des caisses
(1) Le Temps du 28 octobre 1912.
(2) Le Rentier du 7 novembre 1912.
d'épargne se chiffraient par 17,5 millions de drachmes. A la fin du même mois, la Banque possédait en caisse ou en dépôt dans des banques grecques ou étrangères 31,5 millions de drachmes.
En dépit de la déclaration précitée du gouverneur de la Banque nationale de Grèce, la prononciation du moratorium eut donc une influence indiscutable sur la situation des banques, sur leur politique, et, par là même, sur le commerce en général. La mobilisation, à elle seule, avait d'ailleurs déjà été pour le pays une cause de désorganisation économique, comme le prouve la lettre suivante adressée au journal le Temps par la Chambre de commerce française d'Athènes, à la date du 25 septembre/8 octobre 1912 (1) :
a Nous croyons devoir porter à votre connaissance la situation critique faite au monde des affaires hellène par suite de la mobilisation des armées de terre et de mer. La plupart des négociants d 'Athènes et de la province ont été atteints par l'appel sous les armes soit individuellement, soit dans leur personnel.
» L'état de mobilisation a arrêté les affaires et, partant, les paiements. Toute action judiciaire en matière commerciale est actuellement suspendue. Les négociants, dont les effets restent pour la plupart impayés, peuvent encore les faire protester, procéder à une saisie, etc.. ; mais ces mesures, purement conservatoires, ne peuvent être mises à exécution et restent sans sanction. Dans le cas d'un conflit, la situation pourrait se compliquer par la proclamation d'un moratorium. »
En vue de faire face aux premières dépenses de la mobilisation/ le Gouvernement commença par demander au Parlement l'ouverture d'un crédit extraordinaire de 31 millions de drachmes, ainsi que l'autorisation d'affecter aux dépenses de guerre les crédits prévus pour les travaux publics (2).
(1) Le Temps du 23 octobre 1912.
(2) Le Rentier du 27 octobre 1912.
Les disponibilités du Trésor hellénique étaient importantes, comme nous l'avons vu. Ajoutons qu'à l'ouverture des hostilités, en septembre 1912, l'Etat avait en dépôt dans des banques grecques ou étrangères une somme d'environ 58 millions de drachmes. Le Gouvernement pût donc solder ses premiers trais militaires sans avoir besoin pour cela de recourir au crédit (1).
Mais bientôt s'ouvrit la série des avances et des emprunts. Dès le mois de décembre 1912, le gouverneur de la Banque nationale se rendit à Paris pour négocier avec le groupe du Comptoir d'Escompte une avance sur la portion non encore émise de l'emprunt conclu en 1911 (2). L'opération eut lieu en janvier. L'avance, qui s'élevait à 50 millions de francs, fut couverte au moyen de l'émission de bons dû Trésor 6 1/2 0/0, remboursables fin juin, mais dont l'échéance pouvait être prolongée jusqu'à fin décembre 1913. Les obligations non encore émises des derniers emprunts de 1910 et 1911 devaient servir de garantie.
Cette opération était à peine conclue que l'on apprenait que le Gouvernement hellénique cherchait à nouveau à placer à Paris, toujours par l'intermédiaire de la Banque nationale de Grèce, une tranche de 25 millions de bons du Trésor. L'emprunt fut effectué, en mars, auprès de grands établissements parisiens, mais garanti par des traites escomptées au taux de 6 0/0 et, en outre, par un dépôt de rente grecque. Le Comptoir National d'Escompte, la Banque de Paris et des Pays-Bas et la Société Générale prirent pour leur part 20 millions, la Banque de l'Union parisienne 5 millions (3).
Entre temps, le moratorium avait été prolongé de trois
(1) Un groupe de députés avaient proposé que les familles des enrôlés fussent soutenues au moyen d'un impôt extraordinaire, d'un caractère très progressif ; le gouvernement y était, en principe, favorable, mais devant les difficultés d'application et la situation florisante du Trésor, le projet fut retiré.
(2) Le Rentier des 11 décembre 1912 et 15 janvier 1913.
(3) L'Information du 16 mars 1913 et le Rentier du 27 mars 1913.
mois en décembre 1912 et l'année financière avait pris fin. Les recettes de l'administration de la Dette étaient en diminution de 1.628.000 drachmes par rapport à celles de 1911 et en plus-value de 3.992.000 drachmes comparativement aux prévisions. De leur côté, les recettes du Pirée accusaient une augmentation de 13.623.000 drachmes par rapport aux prévisions et une diminution de 2.920.000 drachmes sur 1911. Toutefois, le Comité de la Dette extérieure grecque fit savoir que le solde, après prélèvement des. sommes imposées au service de la Dette en 1912, permettait d'augmenter la répartition aux obligations à revenu variable et de consacrer des sommes importantes à la Caisse d'amortissement des emprunts des trois premiers groupes. Avec cette augmentation, l'intérêt total payable en 1913 sur les revenus de 1912 était le suivant (1) :
2,44 0/0 à l'emprunt 4 0/0 des monopoles, contre 2,06 l 'année précédente ;
2,50 0/0 à l'emprunt -5 0/0 de consolidation, contre 2,12 précédemment ;
2,40 0/0 aux emprunts de 1881, 1884 et 1890, contre 2,07 ; 1,92 0/0 aux rentes 4 0/Q, contre 1,65 en 1912 (2). Au commencement de mai, le moratorium fut prolongé en Grèce jusqu'à là fin du mois. Au même moment, le Journal officiel de ce pays publiait un décret sanctionnant, conformément à une loi récemment votée, la convention passée entre le Gouvernement et la Banque nationale représentant un groupe de capitalistes, au sujet d'un emprunt provisoire de 50 millions de drachmes à 6 0/0 (3).
En juin, nouvel emprunt provisoire, d'un montant de 20^millions de drachmes et au taux de 5 0/0, conclu par le
(1) L'Information des 24 février et 22 mars 1913.
(2) D'après le Rentier du 17 mai 1913, au 1er janvier 1913, la Dette hellénique s'élevait à 674.120.000 drachmes-or et 149 800.000 drachmes papier, contre 683 580.000 et 149.800.000 un an auparavant Le nombre des coupons payés à l'étranger avait diminué, ce qui indiquait un rapatriement des fonds d'Etat grecs.
(3) L'Information du 1er mai 1913.
Gouvernement hellénique avec la Banque nationale. Ajoutons qu'à raison des incidents soulevés par la Bulgarie, le moratormm avait été prorogé jusqu'au 5/17 juillet de l'année courante (1).
Enfin, en juillet 1913, nouvel emprunt du Gouvernement à la Banque nationale: celui-ci, d'un montant de 40 millions de drachmes, était au taux de 6 0/0. L'émission de cet emprunt devait se faire au pair, avec une commission de 2 0/0 au profit de la Banque (2).
A la même époque, d'ailleurs, le ministre des Finances de Grèce concluait un emprunt extérieur de même somme remboursable en cinq ans. Cet emprunt, à 6 0/0 d'intérêt, fut souscrit par la Banque nationale et placé par elle avec une commission de 1/2 0/0 (3).
Le moratorium, qui prenait fin le 5/17 juillet, fut à nouveau prolongé pour un mois.
La Banque nationale consentit encore, en août, au Gouvernement une avance de 10 millions, devant servir à dédommager les propriétaires d'objets réquisitionnés et à payer des fournitures de guerre (4).
Les menaces de guerre une fois dissipées, on recommença à parler de l'unification de la Dette hellénique et la Banque nationale de Grèce renoua avec un groupe financier français les pourparlers que les hostilités balkaniques avaient interrompus. Les journaux financiérs annonçaient même, au moment où le roi Constantin prononçait à Berlin son malheureux discours, dans lequel il semblait oublier les services que la France a rendus à son pays depuis déjà^e bien longues années, qu'un emprunt de conversion de 800 millions de drachmes était en voie de conclusion sur le marché de Paris. La nouvelle était d'ailleurs prématurée, ce marché, pas plus que ceux de Berlin ou de Londres,
(1) Le Rentier du 27 juin 1913.
(2) L'information du 13 juillet 1913.
3) Le Rentier du 27 juillet 1913 (4) Le Journal du 16 avril 1913.
ne se trouvant encore en mesure, après les terribles bourrasques qu'il venait d'essuyer, d'affronter immédiatement une opération de cette importance.
En somme, malgré un total d'environ 400 millions de dépenses militaires, la Grèce n'a pas eu trop à souffrir, financièrement parlant, des hostilités balkaniques. Elle a pu faire face, en effet, grâce à ses seules ressources, à la majeure partie de ses besoins. Baus sa tâche, le Gouvernement d'Athènes, il faut le dire, a été très efficacement secondé par la Banque nationale, qui a constitué un intermédiaire toujours dévoué pour les emprunts et avances auprès des sociétés étrangères de crédit.
Voici, d'après le Gouverneur même de la Banque nationale de Grèce ,M. Valaoritis, quelle était la situation financière du Royaume après la guerre (1) :
(( Cette guerre a été exceptionnellement coûteuse pour le Eoyaume hellénique à cause de ses opérations navales, qui ont nécessité des. dépenses considérables. Le Gouvernement grec a été obligé d'acheter sur-le-champ quatre unités navales nouvelles au prix de 15 millions de francs, payable immédiatement. Tout l'équipement et toutes les marchandises pour l'armée et pour la marine ont été payées en espèces. Il a été pourvu très généreusement aux besoins de dizaines de milliers de prisonniers de guerre et à ceux des grandes masses de réfugiés qui, depuis qu'a éclaté la guerre, ont cherché un asile dans le royaume. Tout cela a été défrayé au moyen des fonds disponibles et sans recourir à l'aide de la Banque nationale. Ce n'est que dans les dernières semaines qu'un concours financier devint nécessaire.
» La Banque nationale pouvait facilement fournir cette assistance, grâce à ses fonds de réserve qui, malgré la guerre, ont toujours été en augmentant et, de 197 millions 385.000 francs au 30 septembre dernier, se sont élevés à 213.233.700 francs au 30 novembre. Mais le Gouvernement
(1) Le Marché financier en 1912, par Raffalovich, page 740.
grec, songeant à des éventualités toujours possibles, a sagement préféré ne pas user de la réserve de la Banque.
» Malgré les perturbations inévitables en état de guerre, la situation monétaire du pays n'a pas été troublée. Le change a continué de se tenir au-dessus du pair, c'est-àdire que les traites des banques font prime, phénomène qui a semblé extraordinaire et a attiré l'attention des économistes. Il s 'explique par le merveilleux développement économique de la Grèce en ces dernières années. Les recettes des chemins de fer ont presque doublé; le commerce en général, importations et exportations, a passé de 234 millions de francs en 1900 à 306 à la fin de 1911, et l'accroissement des exportations est supérieur à celui des importations. Les dépôts dans les banques, qui étaient de 98 millions en 1900, ont dépassé 436 millions en septembre 1912 ; les valeurs cotées à la Bourse d'Athènes, non compris les fonds d'Etat, représentaient au total 520.700.000 francs en 1912, contre 365.400.000 en 1904. Enfin, fait encore plus remarquable, la flotte marchande hellénique s 'est élevée de 58.522 tonnes en 1892 à 384.000 en 1911.
» Cet accroissement rapide de la prospérité du pays me permet d'affirmer avec une confiance absolue que les ressources financières ne lui manqueront pas dans la grande extreprise qu'il a assumée. »
On pouvait craindre que le déséquilibre économique causé par la guerre ne se traduisît par une réapparition de la prime sur l'or. Comme, d'autre part, l'amélioration du change, qui s 'était produite durant les sept ou huit dernières années, avait surtout eu pour facteur les remises . considérables faites en Grèce par les nombreux Hellènes établis en dehors de la mère patrie, il y avait lieu de redouter qu'une diminution importante de ces remises, à raison de la mobilisation de presque tous les hommes valides de nationalité grecque, n'eût une répercussion fâcheuse sur les cours du change hellénique. Or, comme le dit M. Valaoritis, il n'en a rien été,
On peut, d'ailleurs, s'en rendre compte en comparant les
cours du change pendant la guerre et durant la période correspondante de Tannée antérieure, comme le fait le tableau ci-dessous :
Tableau du change grec sur Paris, d'août 1911 à juillet 1913
Août
Septembre . . .
Octobre
Novembre. . . .
Décembre. . . .
Février
Mars.
Avril
Mai
Juin
Juillet
Comme le relevait le Messager d'Athènes dans le courant de 1913, pendant les deux guerres balkaniques, aucun paiement d'argent n'a subi, en Grèce, le moindre retard (1) : (( Les appointements, les pensions de retraite, tous les frais de l 'administration, sans exception, ont été payés intégralement dans les délais normaux. Le pays sort sans secousses d'une période qui a été marquée en d'autres Etats des Balkans par une redoutable crise économique.
» Une sage gestion des revenus de l'Etat pendant les trois dernières années a permis à la Grèce de commencer sa mobilisation avec un trésor de guerre de 70 millions. En même temps, le Gouvernement a trouvé dans la Banque nationale un concours d'inappréciable valeur. Les ressources matérielles et morales de la Banque furent un des principaux facteurs sur lesquels il put s'appuyer.
» En prévision des événements, la Banque avait pris toutes les mesures nécessaires pour parer aux besoins éventuels. Aussi se trouva-t-elle en situation de procurer à l'Etat, sous forme d'emprunts provisoires, 140 millions de francs et d'escompter les bons de réquisition formant an total de 50 millions de francs. Et cela sans cesser ou restreindre ses opérations ordinaires, prêts, escomptes,
(1) Le Rentier du 27 septembre 1913.
etc., permettant au pays de traverser sans la moindre gêne, cette période d'épreuves.
» A l'heure actuelle, après onze mois de guerre, les disponibilités de la Banque à l'intérieur atteignent 83 millions 500.000 francs, ses disponibilités à l 'étranger 189 millions de francs; au total 272.500.000 francs, l'ensemble de son actif s 'élevant à 716 millions de francs. »