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Le (( Bulletin russe de statistique » (juin 1900) donne les renseignements suivants sur l'histoire de la dette russe (2). La dette de la Eussie a une histoire relativement récente. Les prédécesseurs de Pierre Ier et le grand réformateur lui-même avaient pu, sans recourir au crédit public, pourvoir aux besoins extraordinaires de longues années de guerres et de troubles. Il est vrai que, par contre, on avait alors recours à des expédients peu recommandables et qui nous semblent, aujourd'hui, bien pires: émission de jetons de cuivre à cours forcé en 1856, prêts demandés avec instance à de riches particuliers et à des monastères, concessions de privilèges ou d'avantages moyennant finances, aggravation de la fiscalité déjà exees-
(1) L'Information du 17 octobre 1913.
(2) Voir « Pages libres » du 9 janvier 1909, page 38.
sive et altération périodique des monnaies, telles sont à peu près tontes les ressources extraordinaires dont usa l'Etat russe pendant un siècle et demi (1619-1768) pour venir à bout de la Suède, de la Turquie, de la Pologne, etc..
Ce fut il y a 132 ans seulement, au début du règne de Catherine II, que le gouvernement russe fit ses premiers appels au crédit public. Les moyens employés furent de ceux que comportait l'époque: émission d'assignats et placement à l'étranger d'emprunts d'un faible montant remboursables à brève échéance: quatre ans, huit ans au plus. Les emprunts extérieurs, presque tous réalisés par la banque Hope, d'Amsterdam, furent en général conclus à un taux plus bas que celui auquel la France empruntait en Hollande. Ils ne devaient toutefois atteindre de l'importance que dans la seconde moitié du xixe siècle ; à la mort de la grande Impératrice, le total n'en excédait pas 150 millions de francs.
Les assignats, au contraire, ne tardèrent pas à présenter un total considérable. Emis d'abord avec prudence, ils rendirent d'immenses services dans un pays où il n'existait d'autre médium circulant qu'un stock minime de monnaie de cuivre. Puis il y eut des abus.- On se laissa entraîner à user de plus en plus d'une ressource considérée d'abord comme exceptionnelle. Les ministres de Catherine II avaient, d'ailleurs, l'excuse de guerres heureuses, d'immenses accroissements de territoire et d'une augmentation manifeste de la puissance économique du pays. C'est ainsi que, dès 1803, les émissions d'assignats atteignirent le chiffre, formidable pour l'époque, de 250 millions de roubles. Après les guerres de Napoléon, elles étaient de 836 millions de roubles.
Les emprunts émis de 1817 à 1832 dans le but de retirer une partie de ces assignats donnèrent naissance à la dette libellée en roubles argent. Les retraits de la période 1818-
1823 ramenèrent le solde des assignats à près de 600 millions E.
Deux guerres, avec la Perse (1826) et la Turquie (1827-29), et l'insurrection de Pologne (1831) vinrent ajouter près d'un demi-milliard de francs à la dette de l'Empire, qui, en 1837, atteignait 2 milliards de francs.
Ensuite vinrent, en 1842, les emprunts de chemins: de fer, les emprunts de la guerre de Crimée, l'incorporation de la dette polonaise, la guerre russo-turque de 1877-79, la (( pacification » de l'Asie, qui mirent le Gouvernement dans l'obligation de contracter emprunts sur emprunts.
Le mémoire explicatif annexé au compte rendu du Contrôle de l'Empire sur le règlement définitif du budget de 1902 contient des renseignements détaillés sur la dette publique, sur les changements qu'elle a subis, aussi bien pendant l'exercice 1902 que pendant la période quinquennale 1898-1902(1).
Au 1er janvier 1902, la dette publique s'élevait à 6.392 millions de roubles, dont 3.382 millions d'emprunts contractés pojir les besoins généraux de l'Etat et. 3.010 millions de roubles d'emprunts de chemins de fer. Durant l'année 1902, la dette publique augmenta de 373.600.000 roubles, dont 120 millions pour les emprunts contractés pour les besoins généraux de l'Etat et 253.600.000 roubles pour les emprunts de chemins de fer. D'autre part, au cours de la même année, la dette publique diminua (par voie d'amortissement normal, par échange facultatif contre de la rente 4 Oi/O et par retrait de bons du Trésor de la circulation) de 122 millions de roubles, dont 57.400.000 pour les emprunts contractés pour les besoins généraux de l'Etat et 64.700.000 pour les emprunts de chemins de fer. Par conséquent, à la fin de 1902, la dette publique russe s'élevaient à 6.643.900.000 P., dont 3.444.700.000 portaient sur les emprunts contractés pour les besoins généraux de
(1) Le Marché financier de Raffalovich, année 1903-04, page 613.
l'Etat et 3.199.000.000 sur les emprunts de chemins de fer, savoir:
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