‹ Les finances de l'Égypte sous les LagidesChapitre 169 sur 227 · Chapitre II · texte numérisé non relu

Chapitre II

Origine de V organisation financière des Lagides.

L'administration financière des Lagides provient directement de celle des anciens Pharaons ; il est tout naturel qu'arrivant dans un pays très particulier, peuplé par une race bien individualisée, les Grecs n'aient songé qu'à donner aux habitants une organisation qu'ils puissent comprendre. Ils n'auraient su mieux trouver que de suivre la tradition égyptienne : elle leur offrait un système homogène, avec une administration centralisée dans les mains d'un grand personnage, chef de toute la hiérarchie, réunissant tous les pouvoirs financiers, et une administration locale de scribes, percevant, enregistrant, comptant.

Mais si les principes fondamentaux sont les mêmes sous les Lagides que sous les Pharaons, une foule de détails a été transformée par l'introduction de la monnaie. Dans la perception en nature, par suite de la difficulté et de la cherté des transports, il faut (jue tout soit organisé pour que, dans chaque circonscription, ce qui est nécessaire aux besoins locaux soit prélevé sur place avant de transporter le reste aux greniers de la province, puis aux greniers centraux. Avec les impôts en monnaie, le système contraire prévaut, les revenus bruts sont dirigés sur la capitale, qui renvoie dans les provinces ce qui leur

sous LES LAGIDE5. JTS

est nécessaire : le contrôle est ainsi bien plus facile. Sous les Lagides, nous trouvons un système intermédiaire; presque toute la perception se l'ait en argent, mais il y a encore une partie des impôts qui se perçoit en nature. De là la nécessité d'une double organisation et d'un double contrôle, de là la multiplication du nombre d'employés qui s'occupent des impôts en nature; le contrôle d'impôts en nature doit se faire sur place tandis que celui des impôts en monnaie peut se faire à la métropole du nome, et même à Alexandrie.

Les employés des finances forment un groupe distinct dans la hiérarchie des fonctionnaires égyptiens. A grade égal, au m'' siècle, ils sont inférieurs aux officiers militaires et supérieurs aux officiers de justice et de police; il faut faire exception peut-être pour le diécète et l'éclogiste, qui n'ont d'équivalent dans aucune des autres administrations et comptent parmi les plus hauts personnages de la cour. L'ensemble de fonctionnaires des finances, oco'. "à ^a^iXixà ctot/o'jc'.vi, porte une série de noms généraux dans les ordonnances et les décrets royaux du ii'' siècle. On les appelle ordinairement ol j^ia^iXixà zpaYaaTc'jo-

Page 1