Tcbt. Pap., 5, 178-187, etc
230 LES FINANCES DE L EGYrTE
même si tant de fraudes étaient possibles, c'était la faute des hommes. En Egypte, sous les Pharaons indigènes, les dominations grecque, romaine, byzantine, arabe, turque, les employés subalternes ont toujours, plus ou moins ouvertement, volé leurs administrés.
Que pouvait payer, abstraction faite de toute taxe illégale, un Égyptien de l'époque ptolémaïque? Pour les habitants des villes, nous n'en avons aucune idée ; quant aux paysans, si nous avons des renseignements assez précis, nous ne pouvons cependant en tirer aucune conclusion. Au uf siècle, un catèque paie 275 dr. d'argent en monnaie de cuivre^. Malheureusement, nous ne savons pas trop bien ce dont il s'agit là; beaucoup d'impôts importants manquent dans la liste, par exemple l'impôt foncier; de plus, tout est payé en monnaie; et j'inclinerais plutôt à y voir une liste d'arriérés qu'une liste d'impôts. Du reste, si nous savons la classe du clérouque, nous ne savons ni l'étendue de ses terres, ni, encore moins, leur revenu. Pour le if siècle, nous ne sommes guère mieux renseignés. Nous avons, il est vrai, nombre de listes de paysans avec le chiffre des impôts qu'ils payaient; mais, là encore, il faudrait connaître le rapport moyen de l'aroure à cette époque, et c'est ce que nous ne savons pas du tout. Pline dit bien que le blé en
1. Petr. Pap., II, 39, 3-4. Il a payé 144 dr. et il doit encore 131 dr.
sous LES LAiilDES. 231
Éj^ypte rendait cent cinquante fois la semence', mais c'est de façon tout accessoire, et, d'ailleurs, ces chiffres sont ridiculement élevés. Aujourd'hui, dans les parties les plus riches de l'Egypte, il rend de neuf à quinze fois la semence; mais tout cela ne permet pas d'arriver à une conclusion précise.
Si nous cherchons maintenant ce que pouvaient rapporter les impôts, nous nous heurtons aux mêmes difficultés. Les rares chiffres que nous en avons conservés ne nous apportent aucune lumière. Nous savons que le monopole de la pêche en Thébaïde se vendait 25 talents- et qu'au temps de Diodore la pêche du lac Mœris rapportait 240 talents^. Mais il est impossible de rien tirer de données aussi vagues. Si le Papyrus des Revenus était complet, nous y trouverions les éléments d'un calcul de rapport de la ferme de l'huile, malheureusement, il s'en faut bien qu'il en soit ainsi. En somme, nulle part nous ne pouvons trouver matière à contrôler le dire des auteurs anciens sur les revenus généraux de l'Egypte aux temps des Ptolémées ; nous sommes donc forcés de les accepter tels quels, en constatant d'ailleurs qu'ils offrent entre eux de grands rapports ^