‹ Les finances de l'Égypte sous les LagidesChapitre 38 sur 227 · Chapitre I · texte numérisé non relu

Chapitre I

Revenus particuliers de la Couronne.

Dans l'Egypte ancienne, tout appartenait au roi, hommes et choses, tous ses sujets étaient ses esclaves, toute la terre sa propriété, tout commerce, toute industrie étaient siens. Ni le temps, ni les révolutions, ni les conquêtes n'avaient rien pu retrancher à ces droits ; les rois grecs les conservaient encore et en retenaient tout ce c[ui pouvait leur être utile et augmenter leur revenu : ils possédaient de la sorte deux grands monopoles, celui de la terre et celui de l'industrie. Près de la moitié du royaume était ainsi le domaine propre du souverain; le commerce et l'industrie lui appartenaient pres(jue exclusivement; l'huile, la bière , le sel , grands articles de consommation

locale, et surtout le blé, le vin, le miel, les vêtements fins, que le pays exportait en grande quantité, étaient monopolisés par lui. Ce sont les revenus de ces grands monopoles, monopoles de la terre, de l'industrie, etc., qui constituent ce qu'on peut appeler les revenus propres de la Couronne, tandis que les impôts formeraient les revenus du royaume. Mais il ne faudrait pas prendre trop à la lettre cette distinction : en fait, l'impôt appartient au roi aussi bien que le loyer payé par les fermiers du Domaine; il n'y a qu'un seul trésor, le Trésor royal, to Ba^tXixov, où s'entassent pèle-méle revenus du Domaine et revenus des impôts, et le roi a la libre disposition de toutes les sommes qui y sont déposées. On ignore en Egypte ce que c'est que l'État, on ne connaît que le roi ; tout ce qui se paie d'impôts en Egypte lui appartient et n'appartient qu'à lui. On ne peut même pas dire que les revenus du Domaine soient plus à lui que ceux des impôts ; tous sont sa propriété au même titre, et les impôts, comme les loyers de la terre, sont perçus en son nom. Seulement, et c'est là ce qui peut justifier cette distinction, dans le cas des monopoles ou du domaine, le roi agit comme un simple particulier qui afferme ses terres et exploite ses usines; dans tous les autres cas, il agit comme roi, lève des impôts et des taxes sur l'agriculture, le commerce, l'industrie, etc. La distinction des deux personnalités du roi est très nette sur le domaine, par exemple, où il perçoit le loyer de la

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terre, en tant que particulier, et, comme roi, lève des impôts.

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