‹ Les finances de l'Égypte sous les LagidesChapitre 6 sur 227 · Saint Jérôme, Daniel, XI, 5, p. 1122, Bened · texte numérisé non relu

Saint Jérôme, Daniel, XI, 5, p. 1122, Bened

bien simple, qui est celui de toutes les monarchies orientales, mais qui, nulle part ailleurs que clans ce pays, n'avait amené de pareils résultats de concentration et de centralisation; le roi est le maître de tout et de tous. Les droits du Pharaon n'ont aucune espèce de limite ; tous ses sujets sont ses esclaves, et toute taxe qu'il établit, soit sur la terre, soit sur les personnes, est absolument légitime; la terre, l'industrie, tout est entre ses mains.

Propriété foncière sous les Lagides.

Aux temps pharaoniques, le roi et les dieux se partageaient la propriété du sol; en dehors des domaines divins, c'est-à-dire des biens attribués aux temples, domaines sans cesse accrus de règ'ue en règne par la générosité royale, le roi se considérait partout comme chez lui. En était-il de même à l'époque grecque? La question est assez controversée. Les Lagides, il est vrai, ont toujours tâché d'être de véritables Pharaons, et ils ont su en conserver et même en augmenter les droits. Mais on a parfois cru trouver dans l'histoire du droit égyptien à l'époque perse et sous les dernières dynasties nationales la preuve que ce régime de la propriété foncière avait déjà disparu avant leur arrivée. Pour nous, nous devons nous borner à chercher ce qui existait en Egypte de leur temps : quelles étaient les différentes formes de la propriété foncière, et y avait-il une propriété foncière privée ?

Avant tout, il faut constater que, dans aucun des papyrus qui nous restent, il n'est fait mention de propriétaires privés (j'entends par là des personnes possédant réellement et en toute propriété les terrains

qu'ils cultivent). On v voit bien des ^Sas'.X'.y.ol Ysiop^oi qui louent au roi certaines parcelles de son domaine, ou des v.Ar,por/o'., soldats ou fonctionnaires colons qui doivent à la munificence royale des lots de terre pour lesquels ils sont soumis à des redevances spéciales ; on V voit aussi que les possesseurs de terre sacrée, 0'. TY-jV ispàv Y^jv s/cvTsÇi jouissent de certains privilèges; mais nulle part dans les listes, pourtant assez longues, où sont énumérés les paysans avec les impôts qu'ils paient, on ne rencontre de personnes qui soient qualifiées de « propriétaires privés, » lhov.v'r,[t.ovzq. Cependant, il y a dans le recueil des Papyrus de Tebtynis deux ordonnances rovales qui pourraient, à première vue, faire supposer l'existence de propriétaires privés*. Les éditeurs paraissent accepter cette opinion, en constatant d'ailleurs le silence absolu de tous les autres documents. Ces deux passages ne me semblent pas suffisants pour fournir un appui ferme à cette hvpothèse; mais, avant de les discuter, il faut, pour bien les comprendre, connaître l'organisation des terres égyptiennes durant cette période.

Pour exprimer l'ensemble des terres égyptiennes en les différenciant d'après le mode de tenure, les scribes emploient la formule suivante : (twv y-wcvoùvtwv) r};v Pa<JiX'./.Y;v -/.T. -:y;v èv àoéssi T^jV-; les deux termes paraissent ainsi se compléter et h un autre point de vue s'opposer l'un h l'autre; ils désignent à eux deux tout l'ensemble des terres cultivées, réparties en deux catégories bien tranchées. Voyons quel est le sens exact de ces mots. Le terme de (SasiX'.v.r, ';•?( se com-

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