Chapitre IV. — État civil
Le chapitre IV des receltes est de minime importance ; il prévoit les recettes pour droits sur rexpédition des actes de rétat civil et celles provenant de vente d'objets mobiliers hors de service. Le total est de 291,000 fr.
L'article i*' concerne les droits d'expédition des actes de l'état civil délivrés par les mairies, par le greffe du tribunal civil et par le dépôt des actes détruits en 1871 et reconstitués en vertu des lois du 22 juillet 187 1 et 12 février 1872. Il est prévu pour 236,ooo fr. au projet de budget de 1900. Ce n'est, en partie, qu'une recette d'ordre compensée par divers débours, inscrits en dépense au chapitre VI, article 3, pour la somme de 1 92,000 fr.
L'article 2 enregistre une prévision de recettes, pour 1900, de 3o,ooo fr., pour droits de secondes et ultérieures expéditions d'actes administratifs et pour le remboursement des frais de copies de pièces relatives aux adjudications. Ce n'est qu'une inscription d'ordre correspondant à une dépense d'égale somme portée à l'article 4^ du chapitre IV.
L'article 3 concerne les recettes dues à la vente des objets mobiUers: tables et bancs d'écoles, meubles de bureaux, etc., hors de service, recette évaluée à 26,000 fr. en moyenne par an et portée pour ce chiffre au budget de 1900.
CiiAPiTHE V. — Recettes tirées de V approvisionnement. Halles et marchés.
Nous arrivons à l'examen de l'une des sources de revenus les plus intéressantes au double point de vue de la caisse municipale et de l'intérêt du consommateur parisien. Nous entrerons dans quelques détails sur ce chapitre.
Au service de l'approvisionnement de la Préfecture de la Seine, nous avons recueilli des renseignements qui nous ont
permis de suivre la marche de ces revenus communaux de 1808 à 1900; mais nous ne saurions entrer ici dans un tel détail*.
La recette se divise actuellement en droits perçus d après les quantités mises en vente dans les marchés et halles d'approvisionnement^, en droits perçus à raison des emplacements occupés, en redevances payées par des compagnies concessionnaires de l'exploitation de marchés de quartiers et, enfin, en droits de stationnement et redevances diverses.
Sous l'ancien régime et dans la période agitée qui suivit la Révolution et l'Empire, le Gouvernement attachait, avec raison, une importance particulière à tout ce qui touchait à l'approvisionnement de Paris, les émeutes naissant très souvent des difBcultés d'approvisionnement'; pendant longtemps, la gestion des marchés de gros et de détail resta entre les mains de la police. Napoléon I"" consacra cette tradition par le décret du 2\ septembre 1807 et, jusqu'en 1869, ce fut la Préfecture de police qui conserva la gestion de l'approvisionnement de Paris.
Des fraudes scandaleuses commises avec la connivence d'agents de la police par quelques facteurs^ sortes de commissionnaires monopolisant les ventes en gros, firent réorganiser le service par un décret du 10 octobre 1869; mais le ministre de l'intérieur, contrairement au vote de la commission tenant lieu de Conseil municipal, maintint le service presque entièrement à la Préfecture de police *.
En 1860, Haussmann transmettait au ministre de l'intérieur un vœu de la commission municipale en faveur de la translation du service des halles et marchés à la Préfecture de la
X. Ces docaments sont mainlenant à la biblioUièque du Conseil municipal.
a. C'est ce qu'on nomme le droit d'abri.
3. Voir, aux annexes, la note sur la caisse de la boulangerie.
• 4* Voir, pour l'organisation du service d'approvisionnement : la collection des Rapports sur les consommations de Paris et la gestion des halles, marchés et abattoirs ; V Administration de la Ville de Paris, de MM. Maurice Block et de Po^tich. — Note à consulter de M. Léoo BiOLLAT et les Consommations de Paris (Hachette, 1876), de Husson.
Seine et il exposait qu'au temps de liberté commerciale actuelle et avec les facultés de communication dont dispose Tapprovisionnement, Tadministration des halles et marchés doit se borner, d'une part, à y appliquer le tarif, l'assiette et la perception des droits municipaux, soin qui concerne la Préfecture de la Seine, autorité municipale parisienne, et, d'autre part, à surveiller la fidélité du débit et la salubrité des denrées, surveillance qui relève de la vigilance de la police.
C'est la thèse Ubérale que fit sienne le Conseil municipal. Mais aucune concession ne fut admise par la Préfecture de police, de sorte que la Préfecture de la Seine ayant organisé un service de perception sans que la Préfecture de police ait rien voulu modifier aux attributions de ses agents, deux services concurrents fonctionnent depuis 1860 aux Halles, exerçant l'un et l'autre des attributions similaires et se gênant mutuellement.
Un décret du 28 janvier 1878 maintint le factorat, mais en rendant cette profession libre; ce régime libéral dura jusqu'en
Malheureusement, un certain nombre de facteurs et de commissionnaires provoquèrent des plaintes de la part des producteurs. La fraude typique consistait, pour le facteur ou le commissionnaire opérant des ventes à la criée, à s'adjuger les marchandises à lui-même quand les cours étaient bas pour les revendre à son profit quand les cours avaient remonté.
Des pétitions furent envoyées au Parlement et la Chambre des dépulés fut saisie, le 27 mars 1890, d'une proposition de M. Cluseret, laquelle donna naissance à la loi du i3 juin 1896 qui, sous une forme atténuée, ressuscita le monopole des facteurs dénommés mandataires.
Par cette loi, le marché de gros de la Ville de Paris, les Halles centrales, a été soustrait en partie à la municipalité. Le Conseil municipal a énergiquement mais vainement protesté contre cette intrusion de l'État dans une question purement^
LES REVENUS OHDLNAIRES. 44?
Les recettes totales des halles et marchés ont été : •
En 1876, d'après le compte, de ii,2i2,844'49
En 1878, — de 11, 884,645 62
En 1888, — de 8,194,701 34
En 1898, d'après le budget voté, de ... . 9,216,704 » En 1900, elles sont prévues pour 9,365,728 fr. au projet de budget.
On remarquera l'abaissement du produit à partir de 1888 par rapport à 1878; mais ce n'est qu'une apparence. A dater de 1870, le droit ad valorem perçu sur les ventes en gros du poisson, des beurres, œufs, fromages, légumes, fruits, grains et farines dans les halles d'approvisionnement a été remplacé par un droit d'octroi à l'entrée, et il n'a plus élé perçu aux Halles, sur ces objets, qu'un droit d'abri. Mais l'octroi a encaissé la différence et la somme est néanmoins entrée dans l'ensemble des recettes de la Ville.
Les droits d'abri concernant les Halles centrales sont ainsi prévus au projet de budget de 1900 :
Droit d'abri sur les viandes de boucherie et de charcuterie '. i ,285, 000 fr.
— volailles et gibiers 470,000
— . légumes et fruits 45,ooo
Oroit d'abri du marché à la triperie 126,000
Droit d'abri sur les poissons de toute espèce 807,000
— moules et coquillages 8,900
— beurres, œufs et fromages 4o5,ooo
— huîtres 20,000
Viande de boucherie. — Autrefois, les bouchers forains, ^^est-à-dire ceux de la banlieue de Paris, étaient les seuls qui <ï encourussent à l'approvisionnement de Paris, occupaient des (>laces à la Halle et sur d'autres marchés pour y faire la vente ^u détail.
En 1849, l'ouverture de la vente à la criée sur le marché des Prouvaires a eu pour effet d'étendre rapidement le rayon
1. G^s droits se perçoivent non seulement aux Halles centrales, mais encore au marché ^e ribattoir de La Villette et au marché de l'abattoir de Vaugirard.
des apports de viande abattue. Les bouchers des départemen. ^.s limitrophes, qui ne trouvent pas toujours à débiter les (2 îverses parties d'un bœuf ou d'un veau, ont envoyé aux Hall^ ^a, pour être vendus à la criée, certains morceaux de choix ^^^, peu à peu, ont étendu leur commerce par des envois pl-^L::» s considérables de viande découpée. De leur côté, les fermi^^ ar^ ont expédié directement sur le marché à la criée des veam^m x entiers, des moutons et des porcs.
C'est ainsi que l'approvisionnement de Paris s'est accru pi — <zk gressivement, grâce à l'appoint de tous les départements c?t même des pays étrangers.
La démonstration en est fournie par le relevé ci-dessous cM €?s quantités de viande abattue (boucherie et charcuterie) intr^oduites aux Halles de i85o à 1898:
Année i85o i,63o,4o5 kilogr.
— i85rj 11,224,^^22 —
Comparée à l'année précédente, l'augmentation des appo*^^ a été :
En 189C, (le 3,869,906 kilogr.
C'est toujours la province qui approvisionne le marché dai la plus forte proportion, soit 87.6 p. 100.
Le montant des ventes de viandes de toute espèce s'est éle aux Halles :
En 1869, k 21,712,013 kilogr., vendus pour 27, 766, 420*20 1874 22,164,276 — 3o,i38,86i »
Les viandes vendues aux Halles sont soumises à un dro d'abri de 2 fr. 10 c. [)ar 100 kilogr.
lie prix maximum et le prix minimum cotés aux Halles pour sique espèce de viande ont été, en 1897 el en 1898, les suints:
ti** catégorie : aloyaux et filets .... le Idlogr. de . . . |fa6àaf63 de if i5 à aC44 a« — quart de derrière. ... — ...104178 o88i53
3« — — * de devant ....* — ...068107 o5ao85
i i** catégorie : pans et caissots .... leldlogr.de . . . if43àaf9Q de 1^16 à af 21
ES . . • a* — entier, f* qualité. ... — ... 1 61 1 84 i 49 i 63
1 3« — - — a* qualité .... — ...134159 129141
iir« catégorie : gigots et carrés .... le kilogr. de . . • 1^41 & 2^97 de 1^41 & a^8i a* — entier, ir* qualité ... — ... 1 63 i 84 1 56 1 74
3« — — a» — ... — ...ia3i58 i36i59
iir* catégorie : reins et filets lekiIogr.de . . . i''i6ài''53 deif3aàif63
a* — entier — . . . 1 o3 i 19 i a3 1 3i
3* — salaisons — . . . o 90 1 aa 1 18 1 5i
Volaille et gibier. — La vente en gros de la volaille et gibier se fait à la Vallée, dans le pavillon n** 4 des Halles ntrales depuis 1867. Le marché de la Vallée, qui a donné :i nom à ce pavillon, se tenait autrefois sur le quai des ands-Augustins ; transféré en 18 12 en face, dans un bâtitut élevé sur l'emplacement de l'ancien couvent, il y resta »qu'à la (îp de 1866.
Le droit d'abri pour la volaille et le gibier est de 2 fr. par i> kilogr. •
Les apports ont été les suivants :
INTRODUCTIOlf UrTRODUCTIOlf
dans Paris. atix Halles,
kilogr. kiloar.
En 1879 2i,9i2,i36 19,366,171
L'écart entre les introductions dans Paris et les introducïis aux Halles centrales représente les envois directs à do- C!jile destinés soit à des particuliers, soit à des marchands.
1899, les apports directs ont été de 2,545,465 kilogr. ;
1898, ils ont été de 4)935,245 kilogr.
Au point de vue de la provenance, en 1897, Paris a reçu de ance 21,297,536 kilogr. de volaille et 649,716 kilogr. de
gibier, contre 649,716 kilogr. de volaille et i,i64,ooo kilogr. de gibier de provenance étrangère.
En 1898, Paris a reçu de France 19,748,768 kilogr. de volaille et 1,167,196 kilogr. de gibier contre 1,167,196 kilogr. de volaille et 854,5 3o kilogr. de gibier venus de Tétranger.
Les importations sont comparées ci-après avec les expéditions de France:
PROVCMAIfCES. '^' • I09B.
"" kilogr. kilogr.
France 21, 947,262 20,915,954
Allemagne et Autriche-Hongrie. . 989,000 71 9*070
Angleterre 67,000 28,600
Egypte 2,000 »
Espagne i4,ooo ia,45o
Hollande et Belgique 119,000 79»73o
Italie 565,000 i^2i^j26o
Russie et Norvège 3 1,000 36,5oo
Australie 7,000 »
Turquie » 620
Totaux 28,681,262 22,216,984
L'Allemagne et l'Autriche-Hongrie envoient surtout d^^^s lièvres et des perdreaux, des lapins de garenne, des poule ^^ de Hambourg, des grives et des* merles, des cerfs, chevreuL— *^* et daims.
L'Angleterre nous envoie des faisans, des alouettes, d bécasses et bécassines, et des coqs de bruyère.
L'Egypte n'expédie que des cailles.
La Hollande et la Belgique vendent aux Halles des canai sauvages, des sarcelles, des vanneaux et des pluviers, d^ grives, des merles, des bécasses et bécassines, des alouett.^ ^^ et des lapins de garenne.
L'Italie envoie des quantités formidables de pigeons, c^-^ pintades, des cailles,. des grives et des merles.
Les pays du Nord (Russie, Norvège, Suède) envoient à fc"^**" ris des gelinottes, de grands coqs de bruyère, des lagopèd^^^ de grands lièvres blancs, des rennes, des ours, des perdriji^ ^^ des poulets.
j'AusIralie avait envoyé 7,000 kilogr. de lièvres en 1897; 1898, elle n'a fait aucune expédition.
je produit des ventes accuse, pour 1898, une somme de 974,398 fr. 67 c. pour 22,4^6,984 kilogr. Dans ce chiffre, ]ibier entre pour 5,496,901 fr. 65 c.
Légumes et fruits. — La vente en gros des fruits et lé-
Ties se tient dans le pavillon n^ 6 depuis 1874'; avant, elle
lit lieu dans le pavillon n® 8, où elle avait été transférée du
rché des Innocents le 18 avril i858.
Depuis une dizaine d'années, d'importantes maisons de com-
$sion établies dans les rues avoisinant les Halles ont étendu
rs affaires d'une manière considérable; elles font au mar-
h de gros une concurrence très sensible.
Les fruits et légumes sont répartis actuellement en catégo-
8 servant de base à la perception du droit d'abri suivant :
Classe exceptionnelle 5^ 't les 100 kilogr.
i" catégorie i » —
2« catégorie o 5o —
3« catégorie o 3o —
4* catégorie o 26 —
^es tarifs des droits d'abri précédents étaient trop élevés ir permettre aux mandataires de résister à la concurrence * boutiquiers établis autour des Halles, au nombre de 60 o.
Jn nouveau tarif a été établi par arrêté du 8 juin 1898 ; l'ap- ^ation en a eu lieu le 1'' juillet suivant. D'autre part, les mandataires ont obtenu la réduction du if des forts relativement à la sortie des marchandises. l!e* droit a été fixé uniformément à o fr. 10 c. par vente, îlle qu'en soit l'importance.
•wiC placement sur le carreau des fruits du Midi et du centre la France, ainsi que des raisins de Thomery, a lieu rue
l{7)2 LES BUDGETS DE PARIS.
Jîenjer, rue Baltard (partie) et sur la voie couverte des Prouvaires, aux abords du pavillon n* 6.
L^application de ces mesures a rendu, en 1898 et en 1899, une certaine activité à ce marché.
En dehors des apports journaliers des maraîchers de la banlieue, les Halles centrales sont approvisionnées par des expéditeurs qui adressent leurs denrées soit aux c mandataires » vendant à Tamiable ou à la criée sous le pavillon n** 6, soit aux négociants étabUs aux environs des Halles.
En 1897, sur un total de i2,o5i,6i5 kilogr. de denrées envoyées aux Halles, il y en a eu 1 1,104,870 kilogr. d^apports de provenance francjaise et 946,740 kilogr. de provenances^ étrangère.
En 1898, sur une introduction totale de ii,ii3,020 kilogr.-.
la France a envoyé io,644>2i6 kilogr. et l'étranger 468,8o^I^= kilogr.
Le carreau forain est le marché quotidien des jardinier maraîchers et cultivateurs; il est réservé aux producteurs qu. y amènent leurs produits pour les vendre eux-mêmes et au^"^ marchands vendant les produits achetés hors Paris. C'est 1« mardi et le vendredi où les apports sont les plus considé-= râbles.
Le droit est divisé en droit de place de o fr. 3o c. par plac ^^
de 2 mètres carrés non abrités, et en droit cTabri de o fr. 4o <r" .^^cpar place de 2 mètres carrés abrités. Ces droits ont produ -^"lil 508,343 fr. 80 c. en 1897 et 5i2,223 fr. 60 c. en 1898.
Triperie. — La vente en gros de la triperie est égalemen=^^K^t installée dans le pavillon n"* 6, où elle occupe 766 mètres carr^m^^^s de la partie nord. La vente se fait exclusivement à l'amiabl-^^^ ®«
L'approvisionnement vient des départements, des aba» ^"
toirs, des bouchers de Paris et de la banlieue et même de '^
Hollande, qui envoie des rognons de bœuf salés, en saumur"^ *•
Les tripiers ont un traité passé avec les marchands bouche de Paris. Par ce traité, valable pendant un an, à partir de F
ques, le tripier est acquéreur, à un prix délerminé d'avance, de tous les abats d'animaux tués et dépecés dans l'échaudoir du marchand bouclier. 11 vend en gros aux Halles les abats des animaux tués par la boucherie.
Le tripier reçoit également des abats provenant des abattoirs de province et des tueries particulières.
C'est surtout dans les classes peu aisées ([ue l'usage de la triperie est répandu.
Le droit d'abri varie de o fr. o5 c. à o fr. 20 c. pour chaque place occupée par un abat de mouton, de bœuf ou de veau. Il a produit, en 1898, une recette de 121,367 fr.
Poissons, moules et coquillages. — Bien que Paris ne puisse pas être comparé à Londres sous le rapport de la oonsonunation du poisson, la vente de la marée y a pris, depuis une vingtsûne d'années, un développement très remarqmxahle. En 1872, il arrivait par an moins de 20 millions de kilogrammes de poissons aux Halles; en 1888, le total était de 3 M millions de kilogrammes; en 1897, il était de 35 millions d^ kilogrammes.
Depuis la construction des Halles, le marché de gros se te- *^^it dans le pavillon n® 9 et débordait sur les trottoirs qui l'en- *^^^^rent. Actuellement, depuis la fin de i8g8, il occupe deux l^^villons, le pavillon n® 1 1 et lepavillon n** g; les surfaces destinées ^ la vente en gros dans ces deux pavillons atteignent ensemble '^^ > ^00 mètres carrés.
Les ventes se font à la criée et amiablement.
En 1898, les introductions de poissons de toute espèce ont ^^ teint 3o,663,7o3 kilogr. ; les apports de moules et de coquil- ^^es, 8,362,400 kilogr., soit, au total, 39,026,103 kilogr.
Sur ce total, la marée d'origine française a été de 26,869,489 kilogrammes et celle expédiée de Belgique, d'Angleterre, de ^^^Uande, d'Italie et d'Espagne, de 1,227,600 kilogr.
Les poissons d'eau douce de provenance française ont produit un total de 867,233 kilogr. contre 1,709,382 kilogr.
454 LKS RIJDGETS DK PARIS.
expédiés d'Angleterre, de Hollande, de Suisse, d'Italie, de Belgique, d'Allemagne, de Suéde et de Norvège. L'Angleterre envoie des saumons et des truites, la Hollande aussi et expédie en sus des éperlans et des brochets, l'Italie envoie des anguilles et des carpes, l'Allemagne envoie des saumons, des truites et des écrevisses; la Suisse, des truites et des saumons, comme la Belgique, qui envoie également des écrevisses.
On voit, par ces détails, que la question de repeuplement. des rivières et des étangs français mérite d'attirer l'attention ^==: car en admettant un prix moyen de i fr. 5o c. par kilogramme,^.;—,
chiffre inférieur au prix réel, c'est, rien que pour Paris, un tri
but annuel de 2,565,000 fr. payé inutilement à l'étranger.
Le droit d'abri payé par tous les poissons, sans distinction^ est de I fr. par loo kilogrammes. Les moules et coquillages^ paient o fr. lo c. par loo kilogrammes. Ces droits ont pr duit, en 1897, 283,680 fr. 3o c. et, en 1898, 820,326 fr. 60 c=
Beurres, œufs et fromages. — L'ancienne halle auir beurres et aux œufs, construite par l'administration des ho pices et ouverte en 1823, était située entre la rue de 1 Tonnellerie et la rue du Marché-aux-Poirées. Elle a été démoli en i854. Après une installation provisoire, la vente en gros d beurres et œufs a été transférée, le 26 janvier i858, dans pavillon n° 10 des Halles, qui mesure 2,916 mètres carrés.
Le marché aux beurres a lieu tous les jours, le dimanct :^Bi
excepté. Les ventes se font à la criée et à l'amiable.
Les approvisionneurs français ont introduit en 1897 ^^ *^
Halles 12,089,976 kilogr. et 12,019,668 en 1898. Il est vei d'Alsace et de l'étranger, en 1897, une quantité de 896,2 < kilogr. et, en 1898, de 399,900 kilogr. expédiés surtout Danemark, de Suisse, de Belgique et d'Allemagne.
Le prix moyen a varié, en 1898, pour les beurres surf^- ^"s d'Isigny, de 2 fr. 38 c. à 6 fr. 34 c. le kilogramme; pour M ^s beurres fins de Gournay, de 2 fr. 16 c. à 3 fr. 76 c; pour i ^s
beurres de provenances diverses, de 2 fr. 06 c. à 3 fr. 67 c.; et pour les petits beurres, de 2 fr. o4 c. à 2 fr. 54 c. le kilogramme.
Le droit d'abri ^esj dej fr. par 100 kilogr.»et a produit :
En 1897, une recette de 126,750^70
En i8g8, une recette de 126,20g 90
Les œufs se vendent érjalenient soit à la criée, soit à Tainiable. Les introductions se sont élevées, en 1897, ^ i6,45o,326 kilogr. et à 16,013,576 kilogr. en 1898. Les apports français ont été, en 1897, de 15,172,843 kilogr. contre 1,277,483 kilogr. envoyés de l'étranger; en 1898, de 14,058,199 kilogr. contre I ,955,376 kilogr. envoyés de l'extérieur.
C'est la Russie qui envoie la plus grande quantité d'œufs de l'extérieur (i,534j25o kilogr. en 1898), ensuite vient l'Auf, riche-Hongrie, l'Allemagne, l'Egypte, la Turquie et l'Italie.
Le prix moyen du mille d'œuts a été : en 1897, de 87 fr. X 2 c. et, en 1898, de 89 fr. 59 c.
Le droit d'abri, de i fr. par 100 kilogr., a produit :
En 1897 1 65, 960*50
En 1898 .' • • 161,673 5o
Les fromages ont leur marché de gros dans la partie sud- Ouest du pavillon n* 12. Les ventes se font à la criée et à l^amiable tous les jours de semaine; mais plus particulièrement 1« mardi et le vendredi.
Il a été introduit :
^n 1897, en fromages frais 9,760,824''^ et en fromages secs 619,825^^ ^lni898, — g, 080,622 — — 56i,8io
La provenance étrangère se limite au gruyère de Suisse et ^ux € têtes de Mores 1» de Hollande. Elle a atteint 39,780 kilogr. ^n 1897 et 89,910 kilogr. en 1898.
Le droit d'abri, de i fr. par 100 kilogr., a produit :
En i8g7 iq4,865' »
En i8g8 . g8,o52 4o
Huîtres. — Jusqu'en i8i i, la vente en gros des huîtres a eu lieu dans les barques arrimées au port Saint-Nicolas. Depuis cette date jusqu'en i845, elle s'est tenue dans la rue Montopgueil, près de la rue Mandar.
En 1845, on construisit dans la même rue une halle où ce manche est resté jusqu'au i5 octobre 1866, époque de so transfert au pavillon n* 12 des Halles. La vente a lieu sur unt partie des trottoirs est et sud du pavillon n* 12, dans les ruei Pierre-Lescot et Berger; elle se fait uniquement à l'amiable à partir d'un demi-cent.
Les introductions se sont élevées :
En 1897, k 338, aSo centaines.
En 1898, k 3i2,4o3 —
Ce marché est l'objet d'une très grande concurrence de h part de marchands établis autour des Halles.
Le droit d'abri, de o fr. o5 c. par centaine d'huîtres, produit :
En 1897, une recette (le 16,914' »
En 1898, une recette de 10,622 75
Résumé des droits 'd'abri perçus aux Halles. —
Voici le résumé, pour 1897 et 1898, des droits d'abri perçus aux Halles :
• AKNisS.
Viande (abri). 1,000,244^70 i,o56,o3o'3i
Triperie id. 118,375 80 121,367 ^^
Volaille et gibier id. 486,927 4o 458,o63 ^^
Fruits et légumes. — Cresson,
champignons et grains . . . . id. 64, 088 78 42,95i 7^^
Poissons, moules et coquillages . id. 288,680 80 320,826 6c^
Huîtres id. 16,914 » 16,622 -jS^
Beurres id. 126,760 70 126,209 gc^
Œufs id. 165,960 5o 161,678 bu^
Fromages . . ^ id. io4,865 » 98,062 4c^
Carreau forain (place). 608,848 80 612,228 6^::^
Totaux 2,871,161^48 2,912,620^8-7
LES REVENUS ORDINAIRES. f{D']
Marché aux bestiaux de La Villette. — Le marché
aux bestiaux, situé à côté des abattoirs de La Villette, occupe
une superficie de 218,209 mètres. Il a été créé en 1867 et
comprend trois marchés couverts qui peuvent abriter : le
xnarché du centre, 5,ooo têtes de gros bétail; celui de l'ouest,
^7,2 16 moutons; celui de l'est, 2,000 veaux et 5, 800 porcs.
autour de ces « carreaux de vente » sont des bouveries, por-
crheries, bergeries et greniers à fourrages; un peu plus loin,
jprès de la gare spéciale dite Gare-Paris-Bestiaux, sont les
iDarrières et parcs de comptage.
Cet établissement, qui est le grand régulateur et le point <;entral du commerce de bétail de la France, est très prosjpère et les vastes proportions dans lesquelles il a été établi lui permettent d'acquérir tous les ans un nouveau développement. Ce serait, à notre avis, une faute de lui créer une con- <;urrence en établissant un second marché aux bestiaux à Paris.
Les ventes sont quotidiennes ; mais les bouchers et les charcutiers ont adopté les lundis et jeudis pour leurs transactions; les mardis et vendredis sont consacrés spécialement à la vente des veaux.
Voici la récapitulation des recettes municipales effectuées en 1897 ^^ ^" '^9^ ^^ marché aux bestiaux :